Cargill : ingérence de l’Etat... contre les travailleurs !

Alors que Macron et son gouvernement prétendent que l’État est au service des salarié-e-s et de la population touchés par la crise sanitaire, rappelons que ce même État et ce même gouvernement se sont ingérés, début mars, dans l’affaire de l’usine Cargill, pour permettre la suppression de 183 emplois, alors qu’une procédure judiciaire est engagée contre ce « plan social ».

Rappelons les faits  : Fin novembre 2019, la direction de l’usine d’amidonnerie Cargill Haubourdin (dans le Nord) annonce que 183 des 328 postes de travail sont visés par un plan social, et qu’un projet de "restructuration" l’accompagne. Cette annonce déclenche la colère des salariés, dont la plupart ont plus de 10 ans d’ancienneté ; en effet, selon la CGT, « ce projet n’est pas viable et il préfigure sans doute la volonté de la direction de fermer le site dans un futur proche […]. Et nous contestons l’affirmation selon laquelle nous perdrions de l’argent. Notre site est bénéficiaire. La preuve : une participation aux bénéfices est prévue cette année.  » Le groupe Cargill, géant américain de l’agroalimentaire, a fait plus de 2 milliards de dollars de bénéfice en 2018...

La lutte contre ce plan social est immédiatement enclenchée, avec un mouvement de grève illimitée, mais aussi des opérations coup de poing, mouvement qui recueille le soutien des riverains, des commerçants et de plusieurs élus.

Le comité social et économique (CSE) de l’usine engage alors une procédure judiciaire contre Cargill, en demandant en référé la suspension du plan social en cours, estimant que la direction ne respectait pas son obligation de prévention des risques psychosociaux.
Mais l’audience, qui devait se tenir le 10 mars au tribunal de Lille, a été renvoyée au 17 mars pour des raisons de procédure, l’État ayant demandé au juge de se déclarer incompétent et le parquet ne s’étant pas encore positionné !

Ingérence inadmissible de l’État, comme le dénonce Maître Rilov, l’avocat du CSE, exprimant la colère des travailleurs en lutte : « La ministre du Travail, peut-être même Emmanuel Macron, demande à la justice de ne pas appliquer la loi sociale française pour permettre à une multinationale qui fait des millions de bénéfices de dérouler son plan de destruction industrielle. C’est absolument scandaleux. […] Au lieu d’accompagner les salariés, le gouvernement a décidé d’accompagner Cargill et ses actionnaires pour qu’ils puissent supprimer des emplois  ».

On le voit, il n’y a pas que le coronavirus, qui met gravement en danger le devenir social des travailleurs ; cet acte du gouvernement est scandaleusement criminel, car il porte atteinte aux droits des salarié-e-s et de leurs familles, à l’emploi pérenne, à l’outil industriel viable et rentable, et à un territoire déjà sinistré par des fermetures de sites.

Cette grave ingérence du gouvernement dans cette affaire judiciaire s’inscrit dans la continuité de la politique d’Emmanuel Macron et du gouvernement Philippe en faveur des monopoles et du capital. Politique qui se traduit par la casse des conquêtes sociales et démocratiques du peuple travailleur, la destruction progressive des services publics, le flicage des chômeurs et des précaires et la casse des salaires et des conditions de vie : il faut montrer aux entreprises qu’employer des travailleurs en France coûte de moins en moins cher, c’est-à-dire qu’elles sont libres de précariser, de casser les conditions de travail et de vie et de délocaliser la production autant qu’elles le veulent. Cette politique s’inscrit dans celle menée depuis 40 ans maintenant par les différents gouvernements conservateurs, libéraux et sociaux-démocrates qui se sont succédé jusqu’à présent : le CICE (Crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi), la loi Travail (El Khomri) et le pacte de compétitivité notamment ont été mis en place sous un gouvernement PS (donc social-démocrate), le passage de l’âge légal du départ à la retraite de 60 à 62 ans, la loi portant sur la « modernisation du marché du travail » et la loi sur la représentativité syndicale notamment ont été mises en place sous un gouvernement LR anciennement UMP (donc conservateur). Les travailleurs n’ont rien à attendre du système politique actuel, des personnes qui la représentent ainsi que des organisations politiques existantes.

Si la question d’une politique alternative se pose, celle-ci n’est pas possible sous le capitalisme. En effet, le capitalisme aujourd’hui traverse une crise de plus en plus intense, accentuant ses contradictions et le parasitisme social en résultant, plongeant une partie toujours plus importante de travailleurs et travailleuses dans la précarité et le chômage, accentuant les dangers de guerre et menaçant l’avenir de la planète et de l’environnement au profit de la petite minorité qui possède les moyens de production et d’échange, la bourgeoisie monopoliste. Pour construire cette alternative politique à l’impasse vers lequel le capitalisme fait tendre l’avenir du monde, les travailleurs devront renverser révolutionnairement ce dernier et construire une société dans laquelle le prolétariat, allié aux autres couches laborieuses de la société, aura construit sa dictature sur les exploiteurs, socialisé (c’est-à-dire faire devenir propriété collective de tous les travailleurs) les moyens de production et d’échange, et planifiera la production de manière centralisée et démocratique. Cette société se nomme le socialisme-communisme et elle est la condition indispensable à un vrai changement politique.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) exprime son soutien fraternel à la lutte des salarié-e-s de l’usine Cargill Haubourdin ; il appelle tous les travailleurs et leurs organisations à constituer une large et solide convergence révolutionnaire de classe contre le capitalisme et pour le socialisme-communisme.

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