Une victoire symbolique des salariés de G.E Belfort

Bien loin d’un hypothétique « monde d’après », les luttes des travailleurs se multiplient. Le site de General Electric, spécialisé dans les activités sur le nucléaire, aussi appelé Thermal Manufacturing Belfort (TMB), était touché par un mouvement de grève mené par une centaine de salariés depuis le 24 juin 2022. La raison de cette lutte : le versement d’une prime aux cadres mais pas aux ouvriers ni aux techniciens du site. « On bosse comme des malades et on n’a que dalle !  », commentait l’un des salariés. La direction ne proposait qu’une revalorisation de 150 € de la prime de 1200 € obtenue en janvier, au cours d’une lutte précédente, pour tous les salariés, avec les cadres dotés quant à eux d’un « bonus ».
La CGT, à l’origine de cette lutte, posait comme revendications une prime de 5000 € pour tout le monde, une autre à chaque sortie de turbine et l’embauche des intérimaires qui la souhaitent en octobre. Misant sur un pourrissement du mouvement, la direction avait indiqué vouloir « engager un dialogue […] une fois le blocage levé » ; elle avait assigné en justice la CGT « pour entrave à la circulation des salariés » malgré la mise « en place [de] barrages filtrants » et restait campée sur ses propositions. Décidément, la direction de General Electric, monopole équipementier de l’énergie, peut tout se permettre.
L’entreprise a bénéficié d’un accroissement de ses profits sans effet sur les salaires des salariés, tout en continuant à casser les emplois, à détruire l’outil industriel et à recourir à la fraude fiscale, le tout sans être inquiétée. Déjà depuis le rachat d’Alstom en 2015, et jusqu’en 2020, General Electric a bénéficié de plus de 30 millions d’euros par an de subventions publiques par l’État français sous forme de CIR et de CICE. Ensuite, le monopole américain de l’équipement énergétique aurait fait évader fiscalement entre 800 millions et 1 milliard d’euros des profits réalisés par le site belfortain du groupe, avec la complicité de Bercy. En même temps, dans le cadre d’un vaste plan de restructuration à l’échelle européenne, rendu public en 2019, General Electric avait annoncé, pour la France, une suppression de 618 emplois pour une de ses filiales, Grid Solutions, et de 135 emplois pour sa division d’équipements pour barrages.
Le cas de General Electric démontre encore une fois le caractère toujours plus rapace et destructeur du capitalisme-impérialisme. Ce système fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange entre les mains d’une minorité d’exploiteurs, et sur la loi du profit maximum au bénéfice de ces derniers, est responsable notamment de l’augmentation du coût de la vie, des biens de première nécessité, ainsi que de la baisse des salaires, de l’aggravation des conditions de travail et de vie, de la casse des emplois ainsi que de l’outil industriel. Le capitalisme-impérialisme n’est donc pas la solution, mais bien LE problème.
Les salariés de General Electric, au cœur même de l’exploitation capitaliste, entrent en lutte régulièrement. Ainsi, le Comité Social Economique (CSE) et l’Intersyndicale du site General Electric de Belfort ont déposé, fin mai 2022, une plainte contre General Electric suite aux révélations d’évasions fiscales de la part du monopole. De plus, la mobilisation des salariés de ce même site, en 2019, a poussé General Electric à « améliorer très significativement » son plan, prévoyant 1050 suppressions d’emplois, malgré la division syndicale qui a résulté de la nouvelle mouture. C’est aussi suite à la forte mobilisation des salariés du site de Villeurbanne de Grid Solutions, fin 2020, que la direction a renoncé à son plan de transfert de la production vers l’étranger. Pour finir, c’est lors d’une lutte précédente que les salariés du site belfortain de Thermal Manufacturing Belfort (TBM) ont obtenu le versement de la prime de 1200 euros net. Les salariés de General Electric démontrent que seule la lutte paye, permet la satisfaction des revendications des travailleurs, ainsi que d’arracher des conquêtes face au patronat, aux exploiteurs et à leur État.
Encore une fois les salariés sont vainqueurs lors de cette énième lutte contre leur direction, la direction ayant non seulement stoppé l’action en justice contre les syndicalistes, mais aussi obtenu la revalorisation de la prime gagnée en janvier de 1200 à 1700€ échelonnée (septembre et décembre) ; ils obtiennent une prime ’’tutorat’’, ceux qui transfèrent leur savoir-faire recevront une prime équivalente à un mois de salaire, intégrant la prime d’ancienneté ; 70% des salariés sont concernés. Un plan prévisionnel d’embauches de cinquante emplois.
Les travailleurs de GE ont prouvé que seule la lutte résolue, en s’attaquant directement aux profits capitalistes, est le chemin, certes difficile, vers la victoire. Le capitaliste ne cède jamais rien de lui-même !
Cependant, les travailleurs doivent aussi organiser la lutte pour le renversement révolutionnaire capitalisme-impérialisme et pour l’édification du Socialisme-Communisme, condition fondamentale pour la mise en place d’une politique alternative. La production sera fondée sur la propriété collective des moyens de production et d’échange, entre les mains de tous les travailleurs, sur l’exercice du pouvoir par ces derniers via l’appareil d’État socialiste prolétarien construit après le bris de celui de la bourgeoisie, et la planification démocratique et centralisée de la production répondant aux besoins des populations. Chaque lutte des travailleurs plaide donc pour un radical changement de société.
C’est pour tout cela qu’à travers ses campagnes intitulées « Accusons le capitalisme », le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) œuvre à la conscientisation des travailleurs sur la responsabilité complète du capitalisme-impérialisme concernant notamment la casse des emplois et des outils industriels, ainsi que celle des libertés démocratiques. Ces campagnes visent aussi à œuvrer à leur mobilisation, sur des bases de classe très claires, en organisant des collectifs réunissant les travailleurs avec leurs organisations (syndicats, collectifs de défenses d’une entreprise ou des services publics…) ainsi que la population locale
Le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) salut la victoire, gagnée de haute lutte, des travailleurs de General Electric pour le pouvoir d’achat et des embauches supplémentaires sur le site de Belfort. Il appelle le peuple-travailleur à faire de même, à s’organiser sur des bases de classe, à multiplier et à intensifier les luttes pour la défense du pouvoir d’achat, des emplois, la préservation des outils de production et la sauvegarde des libertés démocratiques, dans la perspective du renversement révolutionnaire du capitalisme et le bris de son État, pour bâtir la société sans classe, le socialisme-communisme, où chacun contribue selon ses capacités et reçoit selon ses besoins.