Renault, AccordInvest : Le capital se paye sur le dos des travailleurs !

Alors que la pandémie mondiale de Covid-19 fait encore rage en saturant l’hôpital public et en plongeant un nombre croissant de travailleurs dans la précarité et la peur du lendemain, les monopoles capitalistes, eux, continuent comme avant leurs opérations d’économies, de rachat, de fusion et de cession.

Les exemples ne manquent pas : la fusion des groupes automobiles Fiat Chrysler et PSA pour former le groupe Stellantis, le plan d’économies et de suppressions d’emplois chez Danone, la fermeture de l’usine Bridgestone de Béthune ou encore la fermeture de l’usine Michelin de la Roche-sur-Yon. La Covid-19 sert de prétexte pour casser les emplois et les outils industriels avec les salaires, les conditions de travail, les conditions de vie et les libertés démocratiques des travailleurs. Ces opérations ont même gagné en intensité. Les secteurs de l’hôtellerie et de l’automobile sont particulièrement touchés et les groupes Accord pour l’hôtellerie et Renault pour l’automobile illustrent cette tendance catastrophique.

Renault, le monopole français de l’automobile, a dévoilé sa feuille de route jusqu’en 2025, marquée par l’ambition d’affronter la « révolution de l’automobile », avec la vague des véhicules électriques (lancement de 24 véhicules dans les cinq prochaines années dont au moins 10 véhicules électriques...), en réduisant l’éventail des gammes de ses marques économiques Dacia et Lada, et en visant à «  générer 20% des revenus du groupe d’ici à 2030 via des partenariats et de nouvelles solutions de financement comme l’abonnement ». Mais ce plan d’apparence ambitieux sera payé inévitablement par le sort qui est réservé aux travailleurs de Renault, du point de vue de leurs conditions de travail et de leurs salaires. Ainsi, après avoir annoncé fin mai un plan d’économies de plus de 2 milliards d’euros sur trois ans, et prévu quelque 15 000 suppressions de postes dans le monde, le monopole de l’automobile a annoncé une nouvelle coupe budgétaire notamment dans la recherche. L’objectif est désormais de parvenir à un total de 2,5 milliards d’euros d’économies d’ici 2023, et 3 milliards d’ici à 2025. La CGT dénonce une « opération de communication » et une accélération de la « stratégie financière », stratégie dont on connaît les conséquences délétères sur les emplois, à moyen et long terme.

Concernant le secteur hôtelier, l’entreprise AccorInvest a annoncé qu’elle envisageait la suppression de 1900 emplois en Europe dont environ 770 en France. Forte de 887 hôtels répartis dans 28 pays principalement européens, exploitant principalement des marques du géant français de l’hôtellerie (Ibis, Novotel, Mercure...) et employant environ 26 000 salariés, l’ancienne filiale du groupe Accord prétend que cette décision est une conséquence de la crise sanitaire. Mais cette « saignée sociale » relève de la seule vision à court terme, et condamne des centaines de travailleurs à la privation d’emploi et à la paupérisation, sans tenir compte du fait que les salariés qui resteront se retrouveront en sous-effectif lorsque les touristes reviendront, mettant alors en difficulté une entreprise qui, sollicitant par ailleurs l’aide de l’État capitaliste, a une « forte capacité de rebond » ( selon Nabil Azzouz, secrétaire fédéral FO).

Ces deux illustrations démontrent le caractère destructeur et sclérosé du capitalisme-impérialisme. Le grand capital a recours à la casse des emplois, des services publics, des salaires, de l’outil industriel, des potentiels d’innovation et des conditions de travail et de vie pour l’accroissement continu des profits. Ce mode de production permet le développement du parasitisme social et la réduction des travailleurs au rang de variables d’ajustement. Ces cas illustrent également le fait que le capitalisme-impérialisme creuse lui-même sa propre tombe, car il fait preuve de son incapacité à faire face et à résoudre cette pandémie. Cette dernière ayant accentué la baisse des profits et les contradictions de ce mode de production, c’est donc avec une intensité inédite que la casse des emplois, des services publics, des salaires, de l’outil industriel et des conditions de travail et de vie pour limiter voire contrecarrer ces effets néfastes et donc maintenir voir accroitre encore plus les profits de la minorité de parasites.
Parce que le capitalisme-impérialisme n’est pas la solution mais le problème, son renversement révolutionnaire et la construction du socialisme-communisme sont clairement d’actualité.
Le peuple travailleur doit maintenant revendiquer 
- l’interdiction des licenciements,
- la réindustrialisation centralisée et démocratique des territoires,
- la construction de grands pôles de services publics.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) exprime son soutien fraternel auprès des travailleurs de Renault et d’AccorInvest. Dans le cadre de sa campagne « Accusons le capitalisme !  », il appelle toutes les victimes du capitalisme-impérialisme à la constitution d’un front uni de lutte pour la défense des emplois, permettant de poser la question de la propriété privée des moyens de production et d’échanges ; c’est par leur socialisation et le renversement de l’État bourgeois, que pourront enfin être satisfaits les besoins des travailleurs et de leurs familles.

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