Venezuela : comprendre l’opération de déstabilisation...

Le vendredi 24 janvier Juan Guaido fut reçu par Emmanuel Macron à l’Élysée. Le président autoproclamé du Venezuela a entamé une grande tournée diplomatique en Europe pour chercher des soutiens à Londres, à Bruxelles, en passant par Madrid et au Forum économique mondial de Davos. Reçu également par Jacques Attali, ce dernier a salué « son courage et ses idéaux » qui « forcent l’admiration » en concluant que « ce serait l’intérêt et l’honneur de l’Europe de le soutenir. » Il a de plus été chaleureusement accueilli par Donald Trump qui lui a accordé son soutien lors de son troisième discours annuel sur l’État de l’Union, qualifiant Guaido d’ « homme très courageux qui porte avec lui les espoirs, les rêves et les aspirations de tous les Vénézuéliens » et réaffirmant que « tous les Américains sont solidaires du peuple vénézuélien dans sa juste lutte pour la liberté ».

Dans une interview donnée à l’hebdomadaire Le Point, il n’a pas mâché ses mots contre la république bolivarienne du Venezuela qualifiée de « dictature » dans laquelle il n’y a « pas d’eau tous les jours, pas d’électricité, pas d’État de droit » dirigée par des « criminels » qui exercent le pouvoir « de manière sadique » et responsable d’un « écocide en cours en Amazonie, le plus grand de la planète ». Ses propos emboitent le pas à l’ensemble des médias bourgeois qui qualifient le Venezuela de « terrible dictature » (Médiapart), de « régime [qui] affame le peuple » (LCI), de « pays déstabilisé » (le Figaro) ou encore de « pays qui laisse mourir de faim ses enfants » (Paris Match).

Que se passe-t-il réellement au Venezuela ?

Pour répondre à cette question, il est d’abord important de rappeler que le Venezuela est un pays doté des plus grandes réserves d’hydrocarbures dans le monde, ainsi que d’un grand nombre de ressources naturelles en abondance (gaz, or, argent, bauxite, diamants…). Cette abondance de ressources a aiguisé depuis longtemps l’appétit de l’impérialisme américain.

Suite à la mort d’Hugo Chavez en 2013, Nicolas Maduro lui succédant à la Présidence de la République affirme vouloir poursuivre le processus bolivarien. Cependant, alors que son prédécesseur ne craignait pas de surmonter une grande difficulté politique par l’adoption d’une réforme ambitieuse (adoption de la nouvelle constitution en 1999 avec le référendum révocatoire notamment), Nicolas Maduro ne témoigne pas de la même volonté que son prédécesseur et semble maintenir un statut quo à l’heure où les attaques de la bourgeoisie vénézuélienne, aidée de l’impérialisme, n’ont jamais été aussi intenses et violentes. En effet, la bourgeoisie organise le sabotage du pays par la pénurie de produits de première nécessité, l’hyperinflation due au manège spéculatif du grand capital, des coupures d’eau et de courant électrique, la corruption généralisée, les activités mafieuses et les attaques fascistes et contre-révolutionnaires. Cette situation pousse des millions de vénézuéliens à l’expatriation et certain(e)s à tomber dans le piège tendu par l’opposition.

En fait, le Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) de Nicolas Maduro et d’Hugo Chavez est un parti réformiste depuis ses origines, c’est-à-dire un parti qui n’a eu que la perspective d’aménager le capitalisme par des réformes progressistes et démocratiques. Le Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) et le gouvernement vénézuélien étaient animés par une ligne radicale sous le leadership d’Hugo Chavez. Aujourd’hui, des secteurs défaitistes et conciliateurs ont pris les rênes du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) et du gouvernement, recherchant le compromis avec les agents fascistes et déstabilisateurs de la bourgeoisie vénézuélienne et de l’impérialisme. Ce qui a abouti à des reculs de la part du gouvernement comme l’abandon de sa célèbre loi des prix justes (qui interdit les marges de profit supérieures à 30% avec des peines d’emprisonnement allant jusqu’à 10 ans en cas de non-respect) ou encore la loi sur l’investissement productif étranger, qui donne des privilèges au capital transnational. Il faut noter également l’absence de politique ambitieuse pour lancer un solide développement productif de l’agriculture et de l’industrie nationales dans un pays exportant exclusivement du pétrole et important presque tout ce dont il a besoin. C’est une composante politique nécessaire pour réduire drastiquement la dépendance du pays au capital international, donc à l’impérialisme et pour s’attaquer aux privilèges de classe de la bourgeoisie.

Les événements en cours au Venezuela montrent très clairement que le capitalisme n’est pas aménageable et qu’aucun choix politique alternatif n’est possible sans son renversement révolutionnaire, car la bourgeoisie et l’impérialisme ne lésineront pas sur les moyens pour empêcher la mise en œuvre d’un choix politique profondément progressiste et démocratique, de plus ils ne reculeront devant rien pour reconquérir les positions perdues. L’avant-garde du processus bolivarien commence à se tourner vers le Front populaire anti-impérialiste et anti-fasciste (FPAA) dirigé par le Parti Communiste du Venezuela (PCV), notre parti frère qui milite et agit aujourd’hui pour inciter le peuple travailleur du Venezuela à poursuivre dans la voie de la révolution bolivarienne par le renversement révolutionnaire du capitalisme et la construction du socialisme-communisme, c’est-à-dire d’une société dans laquelle le prolétariat allié aux couches laborieuses de la société et ayant arraché le pouvoir aux exploiteurs et organisé sa dictature de classe sur ces derniers, aura socialisé les moyens de production et d’échange et gérera la production selon une planification centralisée et démocratique pour répondre aux besoins des populations et des territoires.

Guaido assure selon ses propres dires avoir « obtenu le soutien d’Emmanuel Macron », l’impérialisme français regarde donc ce pays pour rappel doté des plus grandes réserves d’hydrocarbures (299 953 000 000 barils de pétrole) ainsi que d’importantes réserves de gaz, d’or, d’argent, de bauxite et de diamant, avec grand intérêt. Total, grand monopole français de l’énergie, est présent sur le territoire vénézuélien « dans l’exploration et la production de brut extra-lourd et de gaz naturel » (Total au Venezuela). De plus au mois de décembre 2019, Ricardo Cusanno président de la Fedecamaras (Fédération de chambres et associations de commerce et de production du Venezuela - la principale organisation patronale du Venezuela) est venu à la rencontre du Medef lors d’un voyage à Paris, ce dernier a exprimé son intérêt pour le Venezuela. Quasiment tous les grands monopoles français ont conservé des bureaux à Caracas, mais leur activité est aujourd’hui en sommeil. L’impérialisme français a des intérêts à défendre et à consolider au Venezuela, d’où son rôle de premier plan dans la déstabilisation de ce pays. Son objectif est de renverser le gouvernement démocratiquement élu de Nicolas Maduro et d’instaurer d’un gouvernement réactionnaire et fasciste comme ce fut le cas très récemment en Bolivie. Emmanuel Macron et le gouvernement d’Edouard Philippe trouvent toujours un « pognon de dingue » pour financer des opérations impérialistes comme la guerre au Mali ou la déstabilisation du Venezuela, par contre il n’y a pas 1 centime pour financer les services publics, la sécurité sociale, l’assurance chômage ou encore le système de retraites par répartition.

Le combat quotidien des travailleur(e)s du Venezuela et de son avant-garde (le Parti Communiste du Venezuela (PCV)) ainsi que l’abnégation et le courage dont ils font preuve, inspirent une grande partie des travailleurs et montrent la voix à suivre pour en finir avec le capitalisme et construire une société débarrassée de la misère, de l’aliénation et des inégalités : le socialisme-communisme.

Fidèle au marxisme-léninisme ainsi qu’à l’internationalisme prolétarien et tout en appelant à la convergence révolutionnaire de classe contre la politique de la bourgeoisie monopoliste en France, le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) appelle le peuple travailleur à manifester son soutien fraternel au peuple laborieux du Venezuela et à son avant-garde, le Parti Communiste du Venezuela (PCV), dans sa lutte contre la bourgeoisie et pour le socialisme-communisme.

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