Venezuela : Elections présidentielles le 20 mai 2018...

... Tous derrière le Parti Communiste du Venezuela !

Ce dimanche auront lieu les élections présidentielles au Venezuela, ainsi que les élections aux conseils municipaux et régionaux dans tout le pays. Elles se célébreront dans un contexte extrêmement tendu, à un moment où les acquis du mouvement révolutionnaire entamé en 1999 se trouvent menacés sur tous les fronts.

Le pays se trouve dans une situation de harcèlement externe de la part de l’impérialisme européen et états-unien. Tant l’Union Européenne, institution politique des monopoles européens tous pays confondus, que le gouvernement fédéral des États-Unis, ont promulgué des sanctions interdisant les institutions et entreprises domiciliées dans leur territoire de passer des accords commerciaux ou de porter une assistance quelconque aux institutions de l’État vénézuélien, y compris le géant pétrolier PDVSA. Le Venezuela s’est également vu interdire l’accès au marché militaire européen et une trentaine de hauts fonctionnaires ont interdite l’entrée au territoire de l’UE. Les menaces d’invasion militaire du pays de la part de l’impérialisme américain se sont multipliées et concrétisées dans les exercices militaires réalisés en novembre 2017 dans la région brésilienne de l’Amazonie, près de la frontière vénézuélienne. Dans ces exercices, les armées brésilienne, péruvienne et colombienne ont rejoint les militaires états-uniens avec le but de faire une répétition d’une potentielle invasion impérialiste du Venezuela. La présence militaire états-unienne dans la région se renforce sous le prétexte de la lutte contre le trafic de drogues en Équateur, au Brésil et bien entendu en Colombie, allié historique et fer de lance de l’impérialisme en Amérique du Sud.

La droite vénézuélienne, ennemi intérieur mené par la grande bourgeoisie importatrice alliée du capital impérialiste, a opté pour une stratégie putschiste et illégale avec le soutien de l’impérialisme après l’échec de sa stratégie de boycott et reprise des institutions par la voie électorale depuis 1999. Aujourd’hui son objectif est de provoquer, à travers le boycott économique, une instabilité suffisante dans le pays qui amène à un soulèvement fasciste justifiant une intervention militaire étrangère. La misère et la pénurie se sont installées parmi le peuple travailleur du pays depuis des années à cause du misérable et flagrant boycott que la bourgeoisie impérialiste réalise à l’économie vénézuélienne. Cette stratégie est mise en place à l’intérieur et à l’extérieur du pays en coordination avec les puissances impérialistes et leurs alliés dans la région : les gouvernements bourgeois et anti-populaires de la Colombie, le Brésil, le Pérou, l’Argentine et l’Équateur. L’impérialisme encourage toutes les institutions sous son emprise à dénoncer le « manque de garanties » des élections du dimanche et à exiger leur recul.

De sa part, la direction du processus de la part du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) s’affaiblit avec le temps et montre ses limitations, dues à sa propre composition de classe dominée par des cadres de l’aristocratie ouvrière, des militaires, des éléments petit-bourgeois et des fonctionnaires dont l’objectif n’a jamais été la construction du socialisme mais la gestion de la rente pétrolière. Des secteurs du PSUV ont commencé depuis des mois à hésiter sur la continuité du mouvement et ont pris de plus en plus d’ampleur. Ainsi, le PSUV n’a pas utilisé son hégémonie totale dans les institutions (avec une Assemblée Nationale Constituante depuis près d’un an composée totalement de députés du PSUV) pour donner le coup de grâce à une droite impérialiste en déroute après l’échec de la tentative de coup d’État du printemps 2017. Il n’a pas profité non plus de cette hégémonie pour donner une solution même provisoire à la misère quotidienne de la classe ouvrière et des secteurs populaires qui doivent payer des sommes astronomiques pour de la nourriture ou les médicaments. Au contraire, à son immobilisme s’ajoutent des concessions à l’opposition impérialiste notamment dans la « loi des prix justes » qui régulait les prix des produits basiques pour les rendre accessibles au peuple travailleur.

Le Parti Communiste du Venezuela (PCV) est très conscient de ces profonds enjeux du contexte interne et externe du pays. Il en a pris acte lors de son 15ème Congrès en juin 2017 et après lors de sa 14ème Conférence en février dernier. Sa stratégie est claire : réaliser l’unité des secteurs appauvris de la paysannerie et la petite bourgeoisie avec la classe ouvrière à leur tête dans tous les domaines. Le Front Élargi National-Patriotique (FANP), alliance entre ces secteurs avec la direction de la classe ouvrière organisée en syndicats et comités populaires, doit créer les conditions politiques pour la prise du pouvoir et l’industrialisation sous contrôle ouvrier du pays. La position du PCV dans ces élections est déterminée par l’accord programmatique signé avec le PSUV, dans lequel ces revendications sont l’exigence de la proclamation de Nicolás Maduro comme candidat du PCV. Ce qui veut dire que le PCV ne se limite pas à soutenir la candidature du PSUV. Le peuple vénézuélien aura la possibilité de voter pour le PCV dans les présidentielles avec un bulletin différent à celui du PSUV qui servira à donner de la visibilité aux positions du premier contre les conspirations à l’intérieur du second pour vendre le processus révolutionnaire à l’impérialisme. La position du PCV est claire : contre les éléments petit-bourgeois, cadres et militaires hésitants qui se disent alliés du mouvement révolutionnaire, prise du pouvoir par la classe ouvrière pour avancer et ne jamais reculer ! Le tout en soutenant la candidature de Nicolás Maduro pour préserver la nécessaire unité immédiate des forces anti-impérialistes contre les attaques que subit le pays. Ce qui implique une adhésion du PSUV aux positions du PCV ou le conflit ouvert entre ces deux partis ; reflet du conflit révolutionnaire entre les hésitants défaitistes et les militants ouvriers déterminés, seuls en mesure d’amener jusqu’au bout le processus révolutionnaire.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France exprime son plus ferme soutien anti-impérialiste et internationaliste à la stratégie de prise de pouvoir du Parti Communiste du Venezuela, à sa candidature aux élections présidentielles et à l’ensemble du mouvement véritablement révolutionnaire dans le pays.
Contre l’impérialisme et les hésitants, pas un pas en arrière !
Vive la classe ouvrière vénézuélienne et son parti, le PCV !

Ci-dessous un texte du Parti Communiste du Venezuela exposant les raisons de voter pour le PCV :

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