Une bataille historique !

La bataille pour la défense du droit à la retraite connait une mobilisation sans précédent et sur des bases claires, tout au moins au niveau des travailleurs et travailleuses qui s’y sont engagés.
Les cheminots et les agents de la RATP ont connu leur plus fort mouvement par sa longueur et son ampleur, malgré les attaques, depuis 50 ans, accumulées contre le droit de grève (attaques dont on peut noter qu’elles ne sont pas dénoncées par le mouvement syndical...).
Mais derrière ces travailleurs du secteur des transports publics, participaient massivement, lors des journées d’action, les enseignants et la Fonction publique, l’électricité, l’industrie chimique, et partout on a pu voir le retour du secteur privé. Notons aussi, dans un mouvement convergent, la participation massive du secteur hospitalier, à son propre combat pour l’hôpital et aux journées d’action pour défendre les retraites ; et des secteurs inédits qui n’ont pas désarmé, eux non plus, au fil des semaines de lutte, comme dans la culture (Opéra, Comédie française, Louvre...) ou les avocats. Et on ne peut sous-estimer, tout en restant prudents, le fait qu’à plusieurs reprises, des organisations de policiers aient fait connaître leur mécontentement (finalement, le gouvernement les a rangés dans la catégorie pour laquelle ils conservent l’ancien système). Donc, pas de « système universel » pour les forces répressives !
Cette bataille était, pour ceux qui étaient en grève reconductible, particulièrement dure, au moment des fêtes de fin d’année. Mais ils ont tenu, refusant la manœuvre de la trêve des confiseurs. Ils ont droit à notre admiration. Les mobilisations de janvier et de février ont montré que la bataille continue contre un exécutif gouvernemental qui est prêt à aller jusqu’au bout pour mettre le monde du travail à la merci de l’oligarchie financière.
Depuis l’automne, le mensonge est devenu l’axe du discours gouvernemental. Car il n’y a eu aucune négociation : sur le fond, tout était défini d’avance. C’est au point que le gouvernement a finalement décidé de faire passer l’âge pivot sous une forme ou sous une autre ; le courrier d’ Edouard Philippe, envoyé le 11 janvier aux organisations syndicales, est explicite : il y annonce non seulement le maintien d’un « âge d’équilibre » (recul de l’âge de départ jusqu’à 65 ans, comme indiqué dans l’étude d’impact publiée par le gouvernement) pour les nouvelles générations, mais aussi le rétablissement de l’âge pivot par ordonnance si la « conférence sur le financement » est selon lui un échec (ce qu’elle sera forcément...).
Dans ce domaine comme dans les autres, les scandales ont montré le sens de classe de la réforme : Delevoye « oublie » qu’il touchait, deux ans après qu’il a été promu Haut fonctionnaire et ministre, ses indemnités pour sa participation à deux Think Tank. Un rien : 11 000 € ! Et à quoi pense-t-on pour ce prix-là ? Aux retraites par capitalisation, bien sûr, dont on vous assure qu’elles n’ont rien à voir avec la réforme de retraites par points ! Ce ne doit pas être tout à fait vrai, puisque Delevoye avait aussi oublié de démissionner de deux postes, non rémunérés certes, concernant… les retraites par capitalisation. À peine avait-il démissionné qu’éclatait le scandale du BlackRock, dont le patron français se voyait attribuer le grade d’officier de la légion d’honneur. Un simple hasard a voulu que la société en question et ses patrons aient soutenu Macron depuis le début de sa campagne et que son activité soit essentiellement consacrée aux… retraites par capitalisation.
Il est cependant nécessaire de discuter sur la stratégie de la direction de la CGT. La stratégie des blocages ne saurait se suffire à elle-même. Il faut avoir comme objectif la participation massive des travailleurs aux grèves et en même temps avoir le souci de ménager ses forces pour aller plus loin. Ce qui n’empêche pas la nécessité de se démarquer de la CFDT et de l’UNSA. D’ailleurs, cela relance la question des alliances internationales : la CGT peut-elle rester membre de la Confédération Européenne des Syndicats (CES), présidée par un certain... Laurent Berger ? La FSM, elle et ses organisations, ont exprimé leur solidarité avec notre lutte.
Enfin, il apparaît plus que jamais important que, dans cette discussion, soit posée la question de la nécessité du Parti communiste en tant que représentant des intérêts de la classe ouvrière. De ce point de vue, il ne reste que des ruines : le PCF se préoccupe plus du maintien de ses municipalités en utilisant le mécontentement social, et sur les retraites, il va nous jouer, dans les Assemblées, l’air des « solutions qui existent pour la pérennité des versements » ; alors que la question fondamentale, c’est le droit, après avoir travaillé toute une vie, de se reposer, en bonne santé : 37 ans ½, pension établie sur la base des 10 meilleures années, 60 ans pour le départ, intégration des années d’études ; et évidemment, pas de retraites par points, mais par répartition. Le droit à la retraite n’est qu’une forme de salaire différé dû aux travailleurs, et il faut le maintenir dans la perspective du combat de l’humanité pour le communisme !

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