Un gouvernement de bandits et de patrons !

Comme Macron l’avait annoncé, un nouveau 1er ministre a été nommé et un nouveau gouvernement a été formé. Les commentateurs et médias s’en sont émerveillés. Certes les médias sont les propriétés soit des monopoles soit de l’État bourgeois et cela n’a rien d’étonnant, mais les louanges furent particulièrement fortes, sans doute à la mesure de la crise politique qui s’ancre en profondeur.

Les journalistes ont qualifié Castex de très consensuel, très chaleureux, "des gens parfois pas connus endossent bien l’habit, regardez la réussite d’E. Philippe" (BFM), "un élu local", "incroyable renouvellement", "une révolution", "des gens qui connaissent bien la vie économique du pays", "casting de personnalités hors normes" ; des journaux qui rivalisent d’imagination et vont jusqu’à titrer "il a survolé son CP" ;

Qui est donc ce Jean Castex ? C’est l’ancien secrétaire adjoint de Élysée de Sarkozy, nommé aussi secrétaire à Matignon par l’ancien secrétaire adjoint de Élysée de Hollande ; c’est celui qui a mis en place la franchise de 15 euros sur les actes de l’hôpital. Il a touché plus de 200 000 euros l’année dernière grâce à ses différents mandats "proches des territoires" ; mais sa rémunération va baisser, "il y consent pour être à Matignon" explique France Info (sic !).

Macron a fait de l’égalité hommes-femmes une grande cause du quinquennat et ... nous avons donc droit à la promotion de Darmanin au poste de plus jeune ministre de l’Intérieur (à 37 ans), lui-même en cours d’accusation de 2 viols, même la presse étrangère s’en est fait l’écho. "Vraiment j’assume totalement", dit Castex et il y aurait eu une "discussion d’homme à homme"...

Le virage social annoncé par Macron et son nouveau 1er ministre se traduit dans les nominations par celle d’Elisabeth Moreno au ministère de l’égalité hommes/femmes. Ancienne présidente directrice générale de Le Novo France, c’est actuellement la directrice générale du groupe monopole états-unien Hewlett Packard (260 000 salariés) pour l’Afrique. Klinker est nommée ministre déléguée de l’insertion, présidente du Haut-Rhin, elle n’en est pas à son premier mandat, fille du maire de Colmar, son 1er mandat date de 1983 ; il y a quelques années, elle voulait conditionner le RSA à du bénévolat... Dussopt devient délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargé des Comptes publics. Pourtant Mediapart a révélé l’affaire des œuvres d’art (lithographies) offertes par un dirigeant de la SAUR en affaire avec l’ancienne municipalité qu’il dirigeait (filiale eau de Vivendi, monopole français avec 45 000 salariés dans le monde), et une enquête préliminaire pour "corruption" et "prise illégale d’intérêts" a été ouverte.

Deux ministres se distingueraient, d’après les journalistes, comme des références  : Bachelot, celle qui disait d’un remaniement ministériel : "c’est la dernière arme des gens qui voient leur pouvoir leur échapper" et aussi "Jamais je ne reviendrai en politique, je respecte en général mes engagements" ... sans commentaires .... Elle a notamment été ministre sous Chirac, puis ministre de la Santé sous Sarkozy et négociatrice du recul de départ à la retraite des infirmières et a entériné la tarification à l’acte dans les hôpitaux .... Elle a toujours placé son fils Pierre comme conseiller dès qu’elle fut députée ou ministre. Elle était chroniqueuse sur LCI au moment de sa nouvelle nomination ; c’est en effet une référence ; l’autre référence désignée est Dupont-Moretti à la Justice, "personnalité incroyable" qui ment dès sa première intervention à l’Assemblée Nationale sur des faits le concernant ; celui qui a aussi dit "à mon époque quand une femme refusait vos avances, on appelait ça un râteau, de nos jours on appelle ça un délit ". Nous avons donc ce que l’on peut appeler un gouvernement de bandits et de patrons, sans oublier Macron, ancien dirigeant de la banque Rothschild.

Mais est-ce là l’essentiel ? Non. Pour les communistes révolutionnaires, la question n’est pas de savoir si un ministre sera bon ou mauvais, un gouvernement ou un président "bon ou mauvais". L’essentiel, au delà des hommes dits "providentiels", est le contenu de classe du pouvoir.

Le pouvoir est entre les mains de ceux qui ont le pouvoir économique : en France, le capitalisme des monopoles et la fraction dirigeante de la bourgeoisie, l’oligarchie financière, c’est-à-dire les membres des conseils d’administration des banques et des grandes entreprises. Ce sont eux qui donnent la feuille de route et sponsorisent les champions des différents partis politiques bourgeois. Ce sont eux qui se subordonnent l’État capitaliste dans un mécanisme unique dont les échanges permanents entre hauts-bureaucrates de l’État et les membres des conseils d’administration des monopoles sont la forme la plus évidente. Macron, en arrivant, a eu pour feuille de route de prendre le tournant de l’adaptation définitive du capitalisme français considéré en retard (à causes notamment des luttes du mouvement ouvrier français) face à ses concurrents. Cette feuille de route continue, mais elle est mise à mal par la crise politique qui s’approfondit (voir notre communiqué sur les élections municipales) et le nouveau rebond de la crise économique.

Castex dans son discours à l’Assemblée Nationale a assuré que les "retraites sont une réforme de fond à laquelle nous ne renoncerons pas". Macron le 14 juillet, tente d’unifier la Nation autour des infirmières et de l’Armée et dit que "le cap est maintenu même si la forme peut changer". Dans son interview, il prévient que les salariés doivent travailler plus : « ... Nous ne pouvons pas être un pays qui veut son indépendance, la reconquête sociale, économique et environnementale et être un des pays où on travaille le moins tout au long de la vie en Europe ». Castex parle alors de "territoires" mais pour mieux associer à la politique de division du travail régionale des monopoles par leur mise en concurrence. Castex parle de "planification", vieux vecteur du capitalisme français dont Jean Monet fut l’instigateur, mais pour planifier quoi ? La politique d’aide aux monopoles et le paiement de la crise que devront payer le peuple-travailleur mais pas la réponse aux besoins matériels sociaux et culturels de la population. Bayrou est par ailleurs pressenti comme Haut commissaire au Plan...

Castex parle d’un Plan de relance et de ré-industrialisation et fait donc à nouveau cadeau aux entreprises de 18 milliards de cotisation sur la valeur ajoutée (ancienne taxe professionnelle) payée d’abord par les grandes entreprises ; rien n’est annoncé pour le peuple-travailleur si ce n’est, à grand renfort médiatique, l’augmentation de la prime de rentrée scolaire et le report d’une partie de la réforme de l’assurance chômage, mais qui était une réforme empirant encore les conditions d’indemnisation des privés d’emplois !! Enfin Macron et son 1er ministre ont beaucoup parlé d’un renouveau du "dialogue social" avec les organisations syndicales dans le but de mieux les associer aux réformes contre la classe ouvrière et les couches populaires. Le 1er ministre s’est également rendu en Guyane, mais ne parle pas de la construction d’hôpitaux dans cette colonie française dont des habitants sont obligés de se déplacer comme s’ils allaient de Prades (ville dont Castex est maire) à la Rochelle... Un dernier exemple de la politique de ce nouveau gouvernement "incroyable" (propos de journalistes), car les exemples sont trop nombreux : le Plan Segur représente 8 embauches par hôpital en France...

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France appelle donc à l’amplification des luttes et des grèves dès la rentrée.

Notre Parti appelle également à un front uni du travail, un Front d’Action sociale regroupant toutes les victimes du capitalisme, leurs associations de masse, syndicats, partis, contre la politique des monopoles et leurs gouvernements.

Le PCRF s’appuiera sur l’aile anticapitaliste de ce front jusqu’à la compréhension par ceux qui luttent de la nécessité révolutionnaire d’en finir avec le capitalisme pour construire une autre société du socialisme-communisme. C’est notre longue marche.

Il ne faut plus attendre, il faut renforcer le Parti Communiste Révolutionnaire de France.

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