Un budget sans écran de fumée…

La rentrée est synonyme de projet de Loi de finances et de budget de l’État pour l’année à venir. C’est le 27 septembre 2017 que le 1er Ministre E. Philippe a annoncé les mesures fiscales et la répartition du budget de l’État.

Concernant les mesures fiscales, rappelons la suppression de l’ISF, la baisse de l’impôt sur les sociétés, la taxe à 20% sur les salaires dépassant 150.000 euros qui sera supprimée. L’extension de la taxe sur les transactions financières aux opérations dénouées dans la même journée, qui devait entrer en vigueur au 1er janvier, est abrogée. Emmanuel Macron s’assoit sur une taxe qui rapporterait chaque année 2 à 4 milliards d’euros en France. Le gouvernement prévoit d’autres dispositions "d’attractivité" qui ne relèvent pas directement de la fiscalité, en particulier l’exclusion des bonus différés dans le calcul des indemnités de licenciement.

Sur le budget 2018, les objectifs d’économies sont de 16 milliards  : 7 milliards d’euros pour l’État, 3 milliards pour les collectivités territoriales, 6 milliards pour la Sécurité sociale. Fixer l’Objectif National de Dépenses d’Assurances Maladie (ONDAM) à 2,3 % va nécessiter des coupes budgétaires drastiques pour respecter cet objectif, alors que la croissance naturelle des dépenses de santé est déjà de 4,5 % par an !

Plusieurs ministères voient ainsi leurs portefeuilles gouvernementaux grossir, tandis que d’autres payent au prix fort des économies promises par l’exécutif.

La ministre des Armées Florence Parly obtient la plus belle rallonge avec 1,7 milliard d’euros supplémentaires et 500 emplois. L’arsenal nucléaire profite du contexte haussier avec + 4,5 % et le lancement d’un sous-marin Barracuda. 650 millions seront consacrés aux surcoûts des opérations extérieures. Le budget militaire atteindra 1,82% du PIB (contre 1,77% en 2017). Le ministère de la Justice augmente de 4% son enveloppe budgétaire. Près de 1.000 emplois supplémentaires devraient ainsi être créés dans l’appareil judiciaire surtout pour les prisons (mais il est vrai que dans tous les domaines de ce secteur, la situation est scandaleuse...). Le ministère de l’Intérieur, avec la Police, gagne 490 millions et la création de 1500 postes. Les coups de rabot touchent les couches populaires avec moins 1,5 milliards pour le ministère du Travail et des baisses d’effectifs à Pôle Emploi, 1,7 milliards en moins pour le ministère du Logement (avec notamment la baisse des APL), 1650 emplois de moins au ministère des Finances, moins 160 à la Culture, moins 500 aux solidarités, moins 1300 à la transition écologique, moins 200 à l’agriculture et alimentation, etc. Les suppressions nettes de postes de fonctionnaires d’État atteignent donc le chiffre de 300… ! En effet, un journaliste du 20h s’empresse de demander à Darmanin (ministre) si le gouvernement allait tenir ses annonces de 50.000 suppressions de fonctionnaires d’État (et 120 000 fonctionnaires au total) alors que seulement 300 suppressions nettes ressortent de ce premier budget. Darmanin rassure le journaliste pour dire que la promesse serait tenue, mais qu’il était compliqué de se débarrasser de 10.000 fonctionnaires sans avoir eu un « débat » sur les missions de l’État et des services publics, comprenons sans avoir discuté quelles missions abandonner ou transférer à la sphère privée du profit capitaliste. C’est justement ce que prévoient les « États généraux de la fonction publique » de octobre à janvier 2018.
Le 1er ministre ajoute une lettre du 26 septembre 2017 qui s’adresse à ses ministres pour un plan de transformation d’ici 2022. Extraits : « Les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés en matière de réduction de la dépense publique impliquent de revoir profondément et durablement les missions de l’ensemble des acteurs publics que sont 1’État, les opérateurs, les collectivités territoriales, les organismes de sécurité sociale. Afin d’appuyer vos réflexions dans cet exercice indispensable d’examen des politiques publiques, j’ai décidé de mettre en place un comité de revue des missions et des dépenses publiques. C’est l’objet du Comité Action publique 2022 (CAP 22). Composé de personnalités qualifiées françaises ou étrangères, de chefs d’entreprises, de parlementaires, d’élus locaux et de hauts fonctionnaires, ce comité sera chargé de produire un rapport d’ici la fin du 1er trimestre 2018 identifiant des réformes structurelles et des économies significatives et durables, sur l’ensemble du champ des administrations publiques.
À cette fin, ce Comité s’interrogera sur l’opportunité du maintien et le niveau de portage le plus pertinent de chaque politique publique. Cela pourra notamment le conduire à proposer des transferts entre les différents niveaux de collectivités publiques, des transferts au secteur privé, voire des abandons de missions. 
 »

Ce budget renforce bien l’arsenal répressif de l’État bourgeois  : armée, police, gendarmerie. Il est le point de départ d’une vaste réorganisation de l’appareil d’État du capitalisme français, considéré en retard face à ses concurrents, car la lutte des classes ne lui a pas permis de remettre en cause les compromis concédés par la bourgeoisie française après la Seconde guerre mondiale.

Le premier budget de Macron est donc sans aucun doute possible marqué par la nature bourgeoise de l’État, sa subordination (masquée dans une certaine mesure) à l’oligarchie financière dans un mécanisme unique. Engels est plus vivant que jamais quand il démontre que « l’État surgit là où les contradictions de classes ne peuvent être conciliées et inversement, l’État prouve que les antagonismes de classes sont inconciliables ».
Le capitalisme français a misé sur Macron qui a la caractéristique d’avancer à visage découvert, lui le banquier de Rothschild. Mais progresser à visage découvert, avancer ses pions même pour sauver l’essentiel, est aussi une preuve de faiblesse du Capital à résoudre la crise économique et politique qui mine le système. Macron et son gouvernement de managers ne résoudront de toute façon pas la crise du capitalisme !
Vous aurez sans doute entendu les chaînes d’information en continu discuter des prochaines séances parlementaires, qui selon elles « amélioreront » le projet de loi de finances et venant ainsi nourrir l’illusion démocratique d’un Parlement où tout se déciderait ...
Macron a sans aucun doute possible élaboré un budget pour les conseils d’administration des monopoles. Seules des luttes de classes unies mettront ce budget en échec.

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