Trump Président des États-Unis : c’est toujours l’impérialisme yankee !

Déclaration du Parti Communiste Révolutionnaire de France

Les élections qui viennent d’avoir lieu aux États-Unis soulignent la crise politique de domination de l’oligarchie financière sans ce pays.

Pendant les primaires, tant chez les Démocrates que chez les Républicains, on a assisté à un phénomène inédit :
- Chez les premiers, un candidat sans soutiens financiers, Bernie Sanders, employant des mots tabous dans la vie politique US, comme socialisme ou révolution, défendant l’idée de services publics, dénonçant Wall-Street et l’industrie d’armement, s’adressant à la classe ouvrière, a mis en difficulté jusqu’au dernier moment la candidate des monopoles et de l’oligarchie financière Hillary Clinton, dont les liens avec l’industrie d’armement sont patents. Sanders est un réformiste prêt à gérer le système (son ralliement à Clinton le montre). Mais son discours, quoique démagogique, a reçu un écho inattendu. Les régions prolétariennes se sont mobilisées, sa campagne a été financée par de petits versements, les meetings ont été massifs, militants, et ont attiré la jeunesse. Pour la première fois, un candidat a parlé des salaires, de la question de l’endettement des étudiants, bref des problèmes concrets rencontrés par les masses populaires
- Hillary Clinton étant la candidate de l’oligarchie financière, le Parti Républicain devait logiquement avoir un candidat « pour la symétrie ». Or contre l’appareil républicain (et donc contre la volonté des monopoles), s’est imposé Donald Trump, un réactionnaire, xénophobe, (mais tout autant que les autres y compris Hillary Clinton), sur la base d’un discours dénonçant la corruption du monde politique, ses liens avec le monde de l’argent (lui, le milliardaire !), la mondialisation capitaliste (le libre-échange), et parlant lui aussi salaire et emploi. Son discours scandaleux sur l’immigration, ses réflexions sur les femmes, sa vulgarité, ont pu séduire les habitants des campagnes, les couches moyennes ruinées par la crise de 2008, les laissés pour compte, parce qu’il s’opposait aux discours convenus des politiciens traditionnels démocrates comme républicains et qu’il apparaissait comme s’opposant à « l’establishment », au système.

Mais après ces primaires déjà surprenantes, l’oligarchie, le monde politique de la bourgeoisie, pensaient que Clinton serait élue, par rejet de Trump qui devait lui servir de faire-valoir.
Tout l’appareil de direction idéologique du pays a été mis au service de Clinton et une partie des dirigeants républicains ont soutenu cette rivale.
En France, la social-démocratie, les Républicains et la grande presse, confondant les élections américaines avec les élections en France, ont fait campagne pour Clinton. Partout a été mis en avant le fait que Trump n’avait pas d’expérience politique. Or justement, c’est aussi une des raisons de sa victoire : face à une Hillary Clinton et sa corruption, face aux scandales qui lui sont attachés, l’absence d’expérience et le côté « self-made man – rêve américain » a rassemblé les mécontents plus que ne l’avaient fait les Tea-Party ! De plus, son discours sur les affaires étrangères était moins belliqueux que sa rivale (dont le discours anti-russe était une véritable préparation à la guerre). Il l’a donc emporté, pulvérisant la crédibilité des instituts de sondages d’opinion.

Rappelons cependant que Trump donne toutes les garanties à l’oligarchie financière US.
Son discours anti-système ne trompe personne. C’est un partisan du capitalisme impérialiste du courant protectionniste.
Rappelons également que l’abstention a été massive (1 électeur sur 2) ; que le résultat est conforme à celui des élections au Sénat et à la chambre des représentants ; et surtout qu’une partie de l’électorat populaire et prolétarien a conservé son indépendance et s’est refusé à choisir entre deux maux : l’électorat de Sanders, notamment ouvrier, n’a pas suivi les appels au moindre mal et s’est abstenu, tout comme l’électorat afro-américain populaire.

Nous souhaitons aux communistes des États-Unis restés fidèles au marxisme-léninisme, d’élargir leurs rangs et leur influence, en organisant le prolétariat pour construire le mouvement révolutionnaire nécessaire pour en finir avec le capitalisme.
Car au-delà des apparences, tout indique que les conditions mûrissent, même si cela risque de prendre du temps !

Paris, le 9 novembre 2016

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