Travailleuses des toilettes parisiennes en lutte : solidarité !

À la veille des grands départs en vacances, les salariées des toilettes de trois gares parisiennes (gares du Nord, d’Austerlitz et de Lyon) sont en grève depuis lundi pour obtenir le maintien de leurs droits après la rupture du contrat de sous-traitance les concernant.

En effet, en 2015, la société néerlandaise 2theloo avait acquis ce marché de sous-traitance de la SNCF, ce qui avait déjà provoqué une grève de neuf jours des "dames pipi" qui voulaient continuer à dépendre de la convention collective du nettoyage.
2theloo avait alors divisé l’activité des toilettes des gares en deux, d’un côté le nettoyage et de l’autre l’encaissement ou la vente de produits périphériques. En mai 2016, elle avait sous-traité le nettoyage à Derichebourg, avec transfert des contrats de travail, pour 3 ans.
Mais la société néerlandaise continue à se réclamer de la convention collective du commerce. Quant à Derichebourg, qui n’opère plus dans les gares, elle propose aux salariés de les garder, mais de les affecter sur d’autres lieux. Ce que ces travailleuses refusent, et à juste raison.

Cette lutte permet d’observer ce qu’est vraiment la sous-traitance : la mise à disposition du travail d’un(e) salarié(e) par une entreprise (qui appartient à un ou plusieurs exploiteurs) pour le compte d’une autre entreprise (qui appartient généralement aussi à un ou plusieurs exploiteurs).
L’exemple de la SNCF est remarquable : ces travailleuses sont employées par 2thelo, mais travaillent pour le compte de la SNCF, et lui rendent des comptes.

Il est du devoir de la SNCF, en tant que service public, d’assurer la propreté, le confort, et la sécurité des usagers durant leurs trajets et dans les gares. Et les toilettes font aussi partie du lot : avec l’alerte canicule, les grands départs, pensons à l’état déplorable dans lequel elles se trouvent.

Seule la création d’un grand pôle de service public des transports démocratiquement géré par le peuple-travailleur, et lui appartenant, peut garantir cette exigence « minimum propreté » dans les toilettes des gares et les trains.

La première chose, pour cela, c’est de garantir la sécurité de l’emploi et de bonnes et dignes conditions de travail pour tous (cheminots, travailleurs du nettoyage, agents d’accueil, contrôleurs…).
Mais cette garantie n’est durablement possible que dans un système débarrassé de la loi du profit, fondée sur l’exploitation des travailleuses et des travailleuses.

C’est pourquoi le Parti communiste révolutionnaire de France (PCRF), dans le cadre de sa lutte intransigeante contre le système d’exploitation qu’est le capitalisme, apporte son soutien le plus fraternel au combat des travailleuses du nettoyage en lutte, et invite tous les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs organisations à faire de même.