« Ségur de la santé » : la mascarade continue... sous le pilotage de Nicole Notat !

Une fois de plus, comme avec le « Grand débat » censé répondre au mouvement des Gilet jaunes, le gouvernement n’a rien d’autre à proposer, en direction des salarié-e-s de la santé, que des annonces en trompe-l’œil et de l’enfumage pour tenter d’éteindre l’incendie de colère qui pourrait repartir de plus belle après la crise sanitaire.
« Le Ségur de la santé », vaste « consultation » ouverte par visioconférence le 25 mai, est présentée par le gouvernement comme le préambule d’un «  plan massif d’investissement et de revalorisation » promis par E. Macron.
Les revendications des travailleurs de la santé sont simples : augmentation des salaires, embauches et titularisation de personnels, ouvertures de lits, amélioration des conditions de travail, notamment par l’octroi des crédits nécessaires au renouvellement et à la modernisation des bâtiments et du matériel.
Mais que découvre-t-on, en fait de «  changements radicaux  », avec les 5 axes énoncés par E. Philippe ? De vagues promesses non chiffrées concernant les rémunérations et les moyens, assorties d’une remise en cause des 35h (le « travailler-plus-pour-gagner-plus » est de sortie...), la télémédecine et le numérique encouragés, « gouvernance » et « management » inchangés... Bref, aucune réponse concrète aux revendications énumérées ci-dessus ; a contrario, une politique de casse du service public de santé qui pourra être poursuivie.
En attendant, dans la pure tradition des opérations de division entre travailleurs, la prime de 1500 euros n’est donnée qu’à certain-e-s (en zone rouge, avec 30 jours de travail, pas en Ehpad...), selon la libre interprétation des directions d’établissements, les autres travailleurs pouvant ne rien toucher ou seulement 500 euros...

Rien de surprenant, cependant, à voir se jouer cette nouvelle mascarade, quand on sait que son pilotage a été confié par le gouvernement à Nicole Notat, dont il est bon de rappeler quelques marques de son pedigree  : Secrétaire générale de la CFDT de 1992 à 2002, elle agit ouvertement, en 1995, en faveur du « Plan Juppé » (sur les retraites et la Sécurité sociale), et aux côtés du MEDEF pour une « refondation sociale » (comprendre : la casse des acquis sociaux et du Code du travail...). En 2002, elle crée Vigeo, société européenne d’évaluation des «  performances sociales et environnementales » des entreprises. Elle est soutenue par de nombreux chefs d’entreprise, en particulier les ex-patrons du MEDEF. Selon le témoignage d’un chef d’entreprise, «  Vigeo, c’est pas compliqué, il suffit de payer : tu files 200 000 ou 300 000 balles, on certifie que ta boîte est écolo et sociale, et te voilà peinard ». Porte-parole affichée des intérêts du MEDEF, elle cumule de multiples responsabilités dans un think tank, au Conseil européen, à la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface), au conseil de surveillance du journal Le Monde. On la retrouve également « médiatrice » entre la SNCF et RFF. Elle est membre du club « Le Siècle », dont elle a assuré la présidence du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2016. L’objectif de ce club est de faire « se rencontrer les “élites” pour mieux se connaître au-delà du clivage gauche droite  ». En janvier 2013, elle devient la chef de file du groupe de travail « Promouvoir et valoriser l’entrepreneuriat responsable », chargé de préparer de futures assises de l’entrepreneuriat, sous l’égide de la ministre Fleur Pellerin. L’objectif affiché est de transformer le salarié en un micro-entrepreneur sans droits et sans contrat de travail avec son employeur. D’ailleurs, dans la continuité, le 9 mars 2018, avec le patron de Michelin Jean-Dominique Senard, elle remet à Bruno Le Maire un rapport sur le rôle de l’entreprise dans la société française. Notat soutient Macron à la Présidentielle de 2017.
Est-il besoin de souligner qu’un tel parcours ne peut pas être compatible avec la défense des travailleurs de la santé et de l’hôpital public ?

Dès lors, on comprend que les soignants et les défenseurs du service public de santé se voient contraints de reprendre le chemin de la lutte, en annonçant une première mobilisation nationale le 16 juin (et comme par hasard, E. Philippe vient d’annoncer, lui, que les rassemblements restent interdits jusqu’au 22 juin...).
Le PCRF exprime son soutien et sa solidarité avec les travailleurs de la santé dont les justes revendications se heurtent encore et toujours à l’insoutenable loi de la rentabilité, qui ne cessera qu’avec la fin du système capitaliste.

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