Renault, sans-papiers, antiracisme, hôpital... : les luttes se déconfinent !

Après le déconfinement, les travailleurs sont repartis immédiatement à la lutte. En France comme partout ailleurs, le confinement décidé par Emmanuel Macron le 17 mars 2020 a exacerbé les contradictions du capitalisme : les inégalités sociales se sont intensifiées entre ceux bien lotis et ceux victimes du mal-logement, le système hospitalier a fonctionné sous une pression continue selon le célèbre principe réactionnaire consistant à « faire mieux avec moins », et des centaines de milliers de travailleurs se sont retrouvés sans emploi.

Ce confinement a laissé la place à partir du 11 mai à un déconfinement sur fond d’ « état d’urgence » aux mesures liberticides : interdiction des manifestations de plus de 10 personnes, adoption de la loi Avia et bientôt traçage continu via une application mobile soi-disante conçue pour lutter contre la propagation de la covid19 notamment.

Cependant les travailleurs bravent toutes ces mesures liberticides pour exprimer leur refus de ce « monde d’après » encore plus destructeur que celui d’avant.

Le 30 mai 2020 à Paris, s’est tenue une manifestation pour la régularisation des sans-papiers à l’appel de 195 organisations et ayant rassemblé 5500 personnes selon la préfecture de police de Paris. Ayant d’abord usé de gaz lacrymogènes pour tenter d’empêcher le départ de cette action non autorisée par la préfecture qui brandissait le fameux argument des « risques sanitaires », les « forces de l’ordre » se sont retrouvées en difficultés face aux manifestants qui reformaient le cortège à chaque fois que celui-ci était dissous. Face à la détermination de ces derniers et par crainte d’un l’affrontement, la manifestation est devenue tolérée. Cette manifestation a été organisée «  pour rendre visibles les invisibles, les sans-papiers qui sont ceux qui souffrent le plus de cette crise sanitaire car ils vivent dans des foyers surpeuplés dans lesquels la distanciation sociale, l’hygiène ne sont pas compatibles avec les règles sanitaires […] » explique Benoit Clément, de Solidaires Paris. «  Pour ces populations, la crise sanitaire actuelle est en train de devenir une véritable bombe sanitaire. Elles sont sans droits, sans revenus et sans espoir d’accès aux allocations proposées par l’Etat. Pour elles et pour eux, il n’y a pas d’accès gratuit aux soins et pas d’autre possibilité pour survivre que de chercher des moyens de subsistance », dénoncent dans un communiqué commun les organisations à l’origine de cette manifestation, et qui appellent à une nouvelle mobilisation le 20 juin. Cette « manifestation clandestine de clandestins » selon les mots de Serge Faubert, est incontestablement une grande victoire du peuple travailleur de l’après-confinement.

Les travailleurs ont également remporté deux autres grandes victoires (même si leur caractère provisoire reste de mise...) dans la lutte pour la préservation des emplois et de l’outil industriel, l’une à l’usine Renault de Maubeuge (Nord) et l’autre à la Fonderie de Bretagne à Caudan (Morbihan) appartenant toujours au groupe Renault  : l’activité et l’emploi seraient maintenus au-delà de 2023 sur le site de Maubeuge et la Fonderie de Bretagne « ne fermera pas » (Laurent Galmard, directeur général de Fonderie de Bretagne) et restera sous l’égide du groupe.
Suite aux difficultés rencontrées par le secteur automobile français et plus particulièrement par Renault, cette dernière a annoncé un plan d’économies sur 3 ans impliquant la suppression de 15000 postes dans le monde dont 4600 postes et la fermeture de 4 sites en France. Selon Le Canard enchainé, « quatre usines seraient fermées en France : Choisy-le-Roi, Dieppe et les Fonderies de Bretagne, pour commencer. Le gros morceau - Flins [….] - viendra plus tard. » D’ailleurs dès février, la direction avait évoqué la possibilité de fermer des sites en France et à l’étranger lors de la présentation des résultats annuels, preuve que la pandémie de covid 19 a été le catalyseur d’un nouvel épisode de crise qui se profilait depuis longtemps pour l’année 2020. Premier actionnaire de Renault avec 15 % du capital, l’Etat français s’était engagé à porter secours au groupe avec un prêt de 5 milliards d’euros, mais sans contreparties sur le maintien des emplois.
Ces 2 victoires importantes appellent à une plus grande victoire à l’échelle du groupe en France avec la poursuite de la grève à l’usine Renault de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), et dans le combat pour la préservation et le développement du tissu industriel en France.

Il faut également parler des différentes manifestations contre le racisme et les violences policières en écho à celles organisées aux Etats-Unis d’Amérique en réaction à la mort de George Floyd le 25 mai 2020 à Minneapolis, dans le Minnesota. À Paris, malgré son interdiction par la préfecture pour cause d’ « état d’urgence sanitaire », la manifestation anti-raciste a rassemblé quelques centaines de personnes devant l’ambassade américaine. Des rassemblements ont lieux également dans toute la France comme à Albi (près de 200 manifestants), Béziers (près de 200 manifestants également) ou encore Rennes (entre 700 et 1000 manifestants). Et ce samedi 6 juin, ils étaient plusieurs dizaines de milliers à descendre dans la rue contre les violences policières et le racisme.

Donc en parallèle du déconfinement débuté le 11 mai, les luttes des travailleurs se déconfinent également. Soignants, ouvriers, étudiants, fonctionnaires, jeunes travailleurs, chômeurs, précaires… : tous manifestent leur rejet total et absolu de ce « monde d’après » porteur de nouvelles régressions sociales et démocratiques et consistant à faire payer encore une fois de plus l’addition de la crise aux travailleurs.

La bourgeoisie monopoliste craint les luttes du prolétariat, car c’est cette classe sociale qui porte en elle les germes d’un « monde d’après » alternatif, débarrassé de l’exploitation, de la misère et de la propriété privée des moyens de production et d’échange. Elle craint encore plus son alliance avec les autres couches travailleuses de la société (auto-entrepreneurs, petits commerçants…), car c’est la convergence de leurs luttes avec celles du prolétariat qui accouchera de cette nouvelle société.

Aujourd’hui, le temps est à l’unité de toutes les composantes du peuple travailleur et de leurs organisations (syndicats de classe, gilets jaunes et associations de défense des chômeurs et précaires notamment), à commencer par des mobilisations massives, le 16 juin, pour la défense de l’hôpital public, des emplois et des acquis sociaux et démocratiques.

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