Régionales et départementales : l’analyse du PCRF

Les élections départementales et régionales sont passées, les présidents de région ont été élus il y a quelques jours. En métropole, ce sont tous les présidents de région sortants sans exception qui ont été réélus à leur poste.

Cette forme de stabilité ne saurait cacher une crise politique majeure qui s’exprime dans le rejet du cadre politique et de la représentation de la démocratie bourgeoise. 2 électeurs sur 3 (66,1%) ne sont pas allés voter, record d’abstention sous la Vème République monarcho-présidentielle, comme nous l’avions déjà écrit en mai (sans compter les 2,5% de blancs et nuls) ; nous n’étions pas les seuls à le prédire. Mais notre Parti communiste est le seul à le relier à sa source, celle de la crise économique permanente du mode de production capitaliste au stade impérialiste, crise qui est dans un nouveau rebond annoncé dès 2019. Les médias dominants, propriétés exclusives de capitalistes, avaient essayé de dissimuler la cause de l’abstention des municipales 2020 derrière le Covid-19 ; désormais, cette carte est abandonnée pour d’autres pistes, en partie fondées, comme le désintérêt pour les régions et départements et la méconnaissance de leurs attributions, de leurs rôles. Et pour cause, les départements et les régions sont des éléments de l’appareil d’État bourgeois, et il n’est pas facile de voir ce qui différe des orientations gouvernementales, dans les politiques menées localement par les bureaucraties au service des monopoles et du capital contre le travail.

Par ailleurs, l’abstention dépasse les 87% dans la jeunesse et les couches populaires ; preuve que la colère accumulée chez ces catégories d’électeurs n’a pas servi au RN, contrairement à ce que prétendaient de nombreuses voix alarmistes, notamment « à gauche ».
Les personnes âgées et les milieux ruraux, qui ont une certaine tendance à favoriser l’ordre et la réaction sont allés voter.
Les partis de l’alternance Droite / PS, ancienne forme prise par la dictature du capital pendant des décennies au gouvernement, encore très bien implantés dans les réseaux locaux, ont su garder leurs élus : 7 régions pour la droite, 6 pour le PS avec ses alliés sociaux-réformistes PCF, Verts et parfois FI.

Notre tract de campagne pour ces élections mettait en garde les travailleurs contre le piège que constitue une très opportuniste recomposition d’une fausse « gauche reconstituée ou unie » autour du PS, du PCF et d’EELV , alors que les régions dirigées par le PS ou EELV avec le PCF, LFI, n’ont pas défendu une politique alternative, mais ont géré loyalement, dans le cadre de la politique définie nationalement et des directives de l’UE (Union Européenne).
Le PCF, qui s’est allié presque partout avec le PS, a perdu le dernier département qu’il dirigeait (Val de Marne) ; le social-réformisme du PCF a du mal à trouver sa place, entre une participation à une manifestation avec les policiers contre la justice et une déclaration scandaleuse de Fabien Roussel « sur des réfugiés qui ont vocation à rentrer chez eux ».
Comme aux municipales, le capitalisme écologique des Verts ne fait pas recette. Le social-libéralisme du PS n’est pas mort, confirmant ce que nous disions il y a un an au sujet du danger de rebond et de renflouement de ce courant social-démocrate, qui a été un pilier de la dictature du capital.
Le RN n’a quant à lui ravi aucune région, il a perdu 33% de ses élus régionaux, 52% de ses élus départementaux, presque 4 millions de voix (sur 6,8 millions de voix en 2015), et 8 points au deuxième tour (19% contre 27% en 2015).
Les ministres de Macron et LREM ont pris la plus grande raclée pour un « parti » au gouvernement. Ceci provoque quelques remous au sein de LREM avec des déclarations de Darmanin : “Il faut revoir la façon de faire fonctionner En marche !”, avant de pointer un “problème de culture politique”. Mais cela ne change pas grand chose pour des élections qui étaient sous la coupe des Présidentielles, taillées pour la « rencontre » d’un homme avec « son » peuple. Macron reste à ce jour le champion préféré de l’oligarchie financière pour mettre en œuvre la feuille de route des conseils d’administrations des monopoles français. D’ailleurs, les députés LREM font bloc, car leur ré-élection aux législatives dépend de celle de Macron comme Président, quelques semaines plus tôt.

Déjà Macron annonce à nouveau qu’une réforme des retraites est «  inévitable pour sauver le système » ou qu’il faut tout de suite travailler jusqu’à 64 ans (alors que les Français disent vouloir partir à 58 ans dans un récent sondage). Rappelons que ce sont les luttes puissantes qui avaient retardé l’application de cette contre-réforme anti-populaire jusqu’à l’arrivée du Covid-19 qui ajourna ce projet de baisse des pensions ; et que, depuis, des centaines de milliards ont été trouvés pour sauver les entreprises.

Notre avenir dépend de nos luttes !

Là où nous avons mené notre campagne classe contre classe pour ces élections départementales et régionales, notre Parti a su rendre publique (communiqué de presse, tracts, réseaux sociaux) l’absence de réponse à nos interpellations de candidats de « la gauche de la gauche » sur des axes de lutte d’urgence.

Notre campagne a été centrée moins sur la forme (pour qui voter ?) que sur le fond : que faut-il avancer pour s’engager à faire payer, au moyen des luttes, la crise du capitalisme par ses fauteurs ? Le sens de notre campagne : renforcer les luttes anticapitalistes ! Nos tracts et les interpellations de candidats ont porté sur des thèmes qui, alimentant des luttes politiques, constitueraient des éléments de rupture avec la politique du capital.

Pourtant, quantité de pièges sont tendus au peuple-travailleur. Nous avions écrit que l’élection présidentielle en serait l’un des plus dangereux en 2021 et 2022. Avec les élections, la dictature du capital cherche toujours à dévoyer les luttes, à les envelopper, à les subordonner aux échéances de vote. Tout l’appareil du système, l’État, les institutions, les médias, les églises, sont sous domination de l’idéologie bourgeoise et de son pouvoir économique (la propriété capitaliste). Des sommes colossales vont être dépensées par les candidats. Les sondages, les médias, vont orienter l’opinion vers les candidats choisis par tels ou tels secteurs monopolistes (ceux des grandes entreprises). Bien sûr, le mécanisme électoral ne se fait pas sans contradiction. Sous le capitalisme, contrairement aux apparences, un homme ou une femme n’égale pas une voix ; le suffrage universel est la principale mystification des masses et sert à légaliser, à légitimer la dictature du capital, présentée comme « l’expression de la majorité citoyenne » ; l’abstention ultra majoritaire, depuis plusieurs scrutins, renvoie justement à cette mystification.

Sans mettre de côté le combat électoral, l’intérêt décisif de notre classe n’est pas là, mais bien dans les luttes, les grèves, les occupations, les manifestations, les collectifs et coordinations, dont veulent nous détourner les représentants du pouvoir.

Finalement, ce qu’il nous faut retenir à nouveau de ce moment électoral, c’est que la crise politique s’accentue parallèlement à celle, généralisée, du système capitaliste : les travailleurs n’ont rien à attendre d’un gouvernement au service exclusif des monopoles et de l’oligarchie financière, ils ne peuvent compter que sur leurs luttes déterminées pour défendre leurs acquis sociaux et leurs droits démocratiques.

Et leur retour aux urnes ne sera possible et efficace qu’avec l’émergence d’un front social d’action issu de ces luttes, où notre Parti, le Parti Communiste Révolutionnaire de France, prendra toute sa place de force révolutionnaire anti-capitaliste. Notre intérêt est de forger un large front social de lutte contre toutes les conséquences dramatiques du capitalisme. Notre Parti communiste, qui doit se renforcer, vient de lancer des campagnes de lutte «  Accusons le capitalisme !  » sur la santé, la vie chère, l’emploi, bientôt sur les libertés démocratiques, les violences policières, l’environnement, la paix.

Nous appelons à ce que les luttes se fédèrent localement et nationalement. Notre Parti poussera à l’émergence d’une aile anticapitaliste à ce front de toutes les victimes de ce mode de production, car la cause de tous les maux et de toutes nos souffrances est dans la propriété privée capitaliste et son État bourgeois. Nous devons nous débarrasser de l’un et de l’autre au moyen d’une révolution pour le socialisme-communisme qui nous donne le pouvoir.

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