Présidentielles 2022 :

Pas une voix au consensus capitaliste,

pas une voix au binôme Macron - Le Pen !

Déclaration du Comité central du Parti Communiste Révolutionnaire de France après le 1er tour des élections présidentielles d’avril 2022  :

Ce premier tour des Présidentielles 2022 témoigne de la crise politique engendrée par la crise générale du capitalisme. À plusieurs reprises, ces dernières années, il a été signifié que le pays « légal » n’est plus légitime.

D’abord l’abstention, d’ordinaire la plus faible pour le scrutin présidentiel (qui est le moment le plus important dans la Vème monarcho-république, justifiant le plus grand déploiement médiatique et financier) a encore augmenté de 4 % (à 26,3 % et à 40 % chez les moins de 34 ans), alors qu’elle avait déjà atteint un des plus hauts niveaux en 2017. Ajoutons que le vote blanc et nul a réuni 1,6% des inscrits.

Le « vote utile » des institutions a joué à fond. Macron récolte donc 20,1 % des inscrits, Le Pen 16,7% des inscrits. Notre parti rappellera toujours qu’environ 30 à 40 % des ouvriers, selon les estimations, sont interdits de vote : étrangers sans droit de vote, pauvres non inscrits sur les listes électorales (illettrisme, sans domicile fixe, non comptabilisation du fait d’obstacles administratifs, etc). Aussi avons-nous pu voir tout le décalage des candidats de la bourgeoisie avec les aspirations des travailleurs, tandis que les réformistes, désormais en partie regroupés derrière Mélenchon, ne peuvent proposer une alternative durable et régler les problèmes quotidiens.

Avec des candidats comme Macron, Zemmour, Le Pen et Pécresse, sans oublier Hidalgo ou Jadot, c’est tout un « bloc bourgeois » qui a tenté d’imposer dans le débat public ses thématiques pour diviser les travailleurs, si bien que les formations politiques les plus à « gauche » leur ont emboîté le pas sur des questions de « sécurité » notamment.

Mais la question de la vie chère et du pouvoir d’achat, des fins de mois impossibles et des salaires, s’est invitée comme une réalité de premier plan dans ces élections organisées par la bourgeoisie.

Comme nous l’avions expliqué, ce premier tour des Présidentielles 2022 confirme également les recompositions politiques commencées il y a cinq ans.

La fin du PS (mais pas de la social-démocratie !) comme un des deux piliers de la forme prise par la dictature du capital en France, même si ses positions locales au sein des institutions bourgeoises restent fortes (mairies, départements, régions).

L’affaiblissement de la droite autour des Républicains continue.
Des figures et anciens ministres des uns et des autres (PS et droite) sont venus grossir encore les rangs des soutiens à Macron qui, du point de vue de l’enrichissement des monopoles et de l’exploitation aggravée du travail, a rempli un excellent mandat.

Le dispositif de dictature (pouvoir) du capital se stabilise autour du duel Macron / Le Pen. L’opposition est axée plus entre ceux pour le « système » contre les soi-disant « anti-système » et Macron se présentant toujours au-dessus de cette vieille opposition droite-gauche. Ainsi Le Pen prend-elle encore la place des soi-disant « anti-système ». Elle atteint le deuxième tour, aidée par la promotion fulgurante d’un nouveau candidat (à chaque présidentielle il y en a eu un...), Zemmour, propulsé par des monopoles (Bolloré notamment).

La campagne du second tour va donc faire rage, avec en point d’orgue, un débat télévisé qui va tourner sur le choix de l’homme providentiel et de son équipe plus que sur le programme réel qui sera mis en œuvre.

Le programme de Macron est à nouveau celui des conseils d’administration des monopoles (les grandes entreprises) comme le montrent ses annonces sur le RSA, sur l’Éducation nationale, sur la « Grande sécurité sociale », la retraite, la « valeur travail », sur la reprise de la réforme constitutionnelle qu’il n’a pas pu mettre en œuvre à cause notamment de l’affaire Benalla, sur la continuité de la militarisation de l’économie et la politique d’intervention militaire contre les peuples et pour la défense des intérêts de l’impérialisme français.

Le programme du RN et Le Pen s’est encore rapproché de celui demandé par le consensus monopoliste afin de rassurer, mais en partie seulement, les dirigeants des monopoles sur l’Union européenne par exemple. La dédiabolisation du FN devenu RN n’est pas formelle, mais a bien des sources matérielles qui se sont manifestées déjà dans la lutte entre le père et la fille Le Pen. Bien sûr, son programme, c’est toujours le racisme, la xénophobie avec une démagogie sociale destinée à masquer le fait qu’elle est pour le capitalisme et que son programme réel, c’est le programme de Macron avec des nuances comme sur les alliances interétatiques (avec la Russie). Ses projets de « préférence nationale » sont là pour mieux lier les travailleurs français à leurs exploiteurs, tout en divisant la classe ouvrière sur leurs origines.

À nouveau, les appels sont lancés de toute part, à gauche, au centre et à droite, à "faire barrage à l’extrême-droite" en votant pour Macron.
Sarkozy appelle encore à voter Macron, mais tout le monde se souvient de ses discours xénophobes et racistes ! Pécresse, qui a repris les thèmes zemmouriens, dit qu’elle votera Macron. Et le patronat appelle à voter Macron, pour faire la politique sociale et économique que ferait Marine Le Pen, mais dans le cadre d’une Union Européenne qui reste pour le moment le choix des monopoles français et sans changement durable des alliances.
Nous avions annoncé et nous avons vu la privation des libertés, l’autoritarisme et la fascisation sous le premier quinquennat Macron, présidence qui n’a jamais connu autant d’affaires et de condamnations de ses ministres, de fusion renforcée et directe avec les monopoles privés, sans même parler de l’affaire Mac Kinsey que nous avions déjà dénoncée il y a plus d’un an. Macron propose-t-il l’abolition des législations anti-immigrés et « sécuritaires » en place depuis les lois Pasqua (1986) ? Non, il a multiplié les lois et décrets généralisant les mesures administratives (la justice n’ayant plus son mot à dire) d’interdiction, de fermetures, de répression et de surveillance policière : Loi « SILT » du 30 octobre 2017 sur la sécurité intérieure, loi d’avril 2021 sur la « Sécurité globale », loi d’août 2021 dite sur le « Séparatisme ». Macron a été à la pointe de la politique belliciste de l’impérialisme français, avec le drame humain des réfugiés fuyant la guerre, et en tête de la politique de l’Union Européenne de refoulement des migrants en Méditerranée, causant des milliers de victimes.

Alors, des différences entre Macron et Le Pen ? Dans le détail peut-être, mais sur le fond, l’un comme l’autre, c’est l’austérité, la galère, les libertés démocratiques foulées aux pieds, le chômage, la généralisation de la précarité. Toutes leurs propositions restent dans le cadre du capitalisme, toutes leurs propositions sont donc vouées à l’échec.

Derrière l’appel à faire barrage à Le Pen, ce qui est recherché, c’est le consensus derrière la politique que la bourgeoisie monopoliste, l’oligarchie financière, veulent voir mener.

L’enjeu du deuxième tour n’est pas : « démocratie bourgeoise ou fascisme ». Poser le problème dans ces termes, c’est au mieux se tromper d’époque et, plus sûrement, participer à une opération de mystification politique, en s’appuyant sur le caractère anti-démocratique de la Vème République depuis le coup d’État gaulliste de 1958.

La montée du RN dans la vie politique française est grave. Mais pour autant, dans le moment présent, et c’est toute la différence, le danger d’éradication du mouvement ouvrier et populaire n’est pas à l’ordre du jour. Ce qui l’est par contre, et la recomposition politique en finalisation en est un élément, c’est la volonté de la bourgeoisie monopoliste d’avoir le consensus politique le plus large avec ses intérêts de classe. C’est ce à quoi a déjà servi la candidature Macron, mise en valeur par celle de Marine Le Pen en 2017 et encore en 2022.

Au nom de « la lutte contre l’extrême droite » pour les uns, de « l’antifascisme » pour d’autres, est recherchée une « Unité Nationale » derrière la politique de la bourgeoisie monopoliste contre le peuple-travailleur.

La crise se poursuit et va s’aggraver. Cette crise, c’est celle du capitalisme arrivé à un stade sénile. C’est ça le lit du fascisme, c’est ça le lit de la guerre entre puissances impérialistes qui menace !

Contre Le Pen et contre Macron, renforçons le syndicalisme de classe pour repousser l’assaut qui se prépare contre nos droits !
Contre Le Pen et contre Macron, les candidats du système capitaliste, mobilisons-nous contre l’appropriation privée de la richesse sociale (l’exploitation capitaliste), l’appauvrissement du plus grand nombre pour enrichir la petite minorité, la mise en concurrence des travailleurs et des peuples.

Macron ou Le Pen, c’est le capitalisme qu’il faut combattre en organisant notre colère ! Il n’y a pas d’autre alternative que le socialisme-communisme.

Participez aux campagnes « Accusons le capitalisme », formons des comités de lutte et forgeons un large front des victimes du capitalisme !

Soutenons les candidats du PCRF aux législatives !

Rejoignez le Parti Communiste Révolutionnaire de France !

Le PCRF, 11 avril 2022

Ci-dessous la version imprimable de cette déclaration (cliquez sur la vignette) :

Pour rappel, pour compléter cette déclaration, vous pouvez retrouver
- notre tract de février sur les Présidentielles
- Le rapport du Comité Central du PCRF faisant l’analyse des enjeux stratégiques et tactiques de cette élection.

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