Passeport Vert ou Guerre des Vaccins ?

Interrogé sur le projet de loi qui doit instaurer le régime pérenne de gestion des urgences sanitaires, présenté lundi 21 décembre 2020 en Conseil des ministres, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a expliqué qu’il envisageait « tous les cas de figure », ce qui inclut de possibles restrictions de circulation pour des personnes qui ne seraient pas vaccinées contre la Covid-19. Et en effet, l’idée d’un « passeport vaccinal » (ou « passeport vert ») commence à faire son chemin, y compris au sein de l’UE, même si, au moment où nous écrivons ces lignes, le gouvernement Macron/Castex déclare s’y opposer, englué qu’il est dans sa gestion calamiteuse de la campagne de vaccination commencée en janvier.
Compte tenu de l’état des connaissances sur ce vaccin (notamment sa capacité à empêcher les contaminations) et compte tenu du rythme actuel de la campagne de vaccination, un tel passeport représenterait une discrimination intolérable entre deux catégories de citoyens qui n’auraient pas les mêmes droits  ; les uns autorisés à voyager, à manger au restaurant, à entrer dans les lieux de culture et de spectacle, etc, bref, à « retrouver une vie normale » ; les autres, privés de l’accès à ces lieux de sociabilité et écartés de fait de la vie publique et sociale !
Mais au-delà de la question du « passeport vert » et de l’enjeu qu’il représente, en termes d’atteinte aux droits démocratiques et aux libertés publiques, se joue une autre question fondamentale : celle de la défiance à l’égard de la vaccination contre la Covid-19, défiance dont nous disons qu’elle trouve sa source dans les nombreux méfaits propres au système capitaliste.
Depuis le début de l’épidémie de la Covid-19, le système capitaliste a maintes fois prouvé son incapacité à résoudre le problème sanitaire. Au lieu de concentrer ses efforts sur la prise en charge et les soins des malades, les deux gouvernements Philippe et Castex ont clairement fait des choix qui ont apporté des bénéfices extraordinaires à certains monopoles, en dépit de milliers de vies humaines en jeu.
Dans ce contexte, la rapide apparition du vaccin, fondé sur une technologie novatrice, s’inscrit dans le cadre de la course aux profits, menée par l’industrie pharmaceutique, soutenue par l’État capitaliste, et qui entre forcément en contradiction avec la satisfaction des besoins sanitaires de la population.
Rappelons rapidement comment fonctionne la création et la production de vaccins dans un pays capitaliste comme le nôtre :
- 1ère étape, celle de la recherche et du développement : d’un côté, la recherche publique, financée les impôts et cotisations sociales (Sécu) ; d’un autre côté, des start-up privées financées par les investissements spéculatifs de grands laboratoires privés, qui eux-mêmes ont reçu d’importants fonds publics (sous la forme de crédits d’impôts et autres fonds de « soutien ») ; la spéculation tient au fait que ces start-up « promettent », avec leurs recherches, une forte plus-value future, mais n’y arrivent pas toujours (ou pire, bâclent leurs recherches, dans la guerre concurrentielle entre laboratoires privés, avec les conséquences possibles sur la qualité des vaccins...) ; d’où, pour payer le « retour sur investissement » et la prise de risque, des prix de vaccins exponentiels par rapport à leur coût réel (passant de 1 dollar à 25 dollars, par exemple, pour les vaccins de Moderna et de BioNTech !)
- 2ème étape : le dépôt de brevets privés, qui permettent aux entreprises pharmaceutiques de décider entièrement de la production, des acheteurs et des prix (sans que l’État capitaliste intervienne, malgré les milliards de fonds publics livrés auxdites entreprises...)
- 3ème étape : la production et la commercialisation, qui donnent lieu à diverses manœuvres quand le vaccin n’est plus rentable (baisse ou arrêt de la production, y compris jusqu’au non respect de livraisons prévues, délocalisations et fermeture de sites...). La firme SANOFI, par exemple, après avoir fermé 7 laboratoires sur 11, et distribué 4 milliards de dividendes à ses actionnaires en 2019, supprime encore 400 postes de travail cette année...
Enfin, autre sujet de scandale : le « service après-vente », en bout de chaîne, revient, lui, entièrement au secteur public : pour la campagne de vaccination, pour le suivi et les soins éventuels liés aux effets secondaires, aucune contribution financière n’est demandée aux producteurs privés des vaccins...
On voit, par les rappels ci-dessus, à quel point il y a incompatibilité fondamentale entre le mode de production capitaliste et les besoins en santé publique. Lorsqu’une urgence sanitaire telle que celle de la Covid-19 surgit, l’État capitaliste use d’artifices et d’autoritarisme pour tenter de dissimuler sa lourde responsabilité dans les échecs à répétition contre l’épidémie. Mais ce faisant, il ne fait qu’accroître la suspicion (voire le complotisme) à l’égard de solutions comme celle de la vaccination.
Il nous faut donc garder, face à toutes les mesures prises par ce gouvernement, comme face aux fausses solutions telles que le « passeport vert », notre esprit critique, notre capacité d’indignation et de lutte, en recherchant toujours les réelles intentions du pouvoir politique en place, à savoir favoriser l’accroissement des profits de ses monopoles (en particulier ceux du secteur pharmaceutique).
C’est dans ce sens que le PCRF propose, pour la défense de la santé publique, les axes de lutte suivants :
- Gratuité et accès facilité pour toutes et tous aux masques, tests, vaccins !
- Transparence et contrôle populaire des processus de fabrication des laboratoires. Propriété intellectuelle et des données rendues publiques !
- Priorité budgétaire à la recherche médicale publique (doublement du budget au moins).
- Tenue d’États généraux de la santé avec les professionnels, les usagers, les représentants des salariés ou fonctionnaires, afin de définir l’état des lieux, les moyens et besoins à satisfaire.
- Création massive d’emplois dans le secteur de santé, pour restituer les emplois supprimés, en créer de nouveaux, ouvrir des milliers de lits à l’hôpital public !
- Nationalisation des grands laboratoires sans indemnisation et avec contrôle populaire, afin de fabriquer des médicaments et vaccins à bas prix et sans pénurie !
- Défense de la Sécurité sociale, pour une santé accessible, gratuite, avec pour tous, gratuité des soins, libre choix des médecins, et la création de nouveaux lieux de soins !

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