Oradour profané : négationnisme et fascisme, les deux faces d’une même pièce !

Le 21 Août 2020, le mémorial d‘Oradour-sur-Glane a été honteusement profané. Le mot "menteur" a été peint pour remplacer le mot martyr barré, suivi de « à quand la vérité ? Reynouard a raison. » Ce mémorial fut construit en souvenir du terrible massacre d’Oradour-sur-Glane (dans le département de la Haute-Vienne) au cours duquel 642 civils (hommes, femmes et enfants) ont péri par les actes barbares et génocidaires de la Waffen-SS.

Le massacre d’Oradour-sur-Glane a été perpétré le 10 juin 1944 par la division « Das Reich » de la Waffen-SS, la branche armée de la tristement célèbre schutzstaffel (plus connu sous le nom de « SS », l’une des principales organisations du régime fasciste hitlérien de 1933 à 1945). Celui-ci s’est produit dans le contexte des derniers mois de la guerre. Outre le débarquement anglo-américain en Normandie du 6 juin 1944 et celui de Provence quelques jours plus tard, la résistance armée s’est accrue contre l’occupant allemand toujours plus fragilisé, et faisant également face au succès croissant de la contre-offensive soviétique de 1944, qui fit tomber le front allemand et allait bientôt faire retourner progressivement un grand nombre d’alliés de l’Allemagne nazie contre ce dernier, notamment la Finlande, la Roumanie et la Bulgarie.
Contre cette intensification de la résistance armée en France contre l’occupant allemand et le gouvernement de Vichy, les autorités d’occupation accrurent la répression en intensifiant les massacres de civils innocents (hommes, femmes et enfants) comme à Maillé, Argenton-sur-Creuse, Vassieux-en-Vercors, Tulle ou encore…Oradour-sur-Glane. La veille de cette infâme barbarie, la division SS « Das Reich » a sommé l’ensemble de la population de se réunir sur le champ de foire sous le prétexte d’un simple contrôle d’identité ; puis les habitants ont été divisés en deux groupes : les hommes âgés de plus de 14 ans d’un côté, et les femmes et les enfants de l’autre. Les hommes ont été séparés et conduits dans les diverses granges d’Oradour-sur-Glane pour être abattus en quelques secondes par des mitrailleuses, puis les bâtiments sont incendiés pour que les corps ne soient pas reconnus. Quant aux femmes et aux enfants, ils ont été enfermés dans l’église du village, et les soldats de la Waffen-SS ont déposé des explosifs dans l’enceinte de l’édifice, l’ont mitraillée puis y ont mis finalement le feu. Tel est le massacre d’Oradour-sur-Glane.

Le tag révisionniste et profanateur comportait la mention « Reynouard a raison  » du nom de Vincent Reynouard. Celui-ci est un militant négationniste et national-socialiste, ayant écrit : « J’ai rapidement compris que le vrai socialisme, celui auquel j’aspirais, avait été réalisé par Adolf Hitler. Ce fait m’apparaissait comme une évidence.  » Le massacre d’Oradour-sur-Glane serait, selon lui, un mensonge ; il va jusqu’à prétendre que la mort des femmes et des enfants dans l’église serait le résultat d’une explosion accidentelle, et il pousse l’abjection jusqu’à en rendre la Résistance locale responsable !

Cette profanation est malheureusement très révélatrice d’un accroissement de la diffusion des idées réactionnaires, négationnistes et fascistes dans la société. Si Internet favorise le développement de ce qu’on appelle la « fachosphère » (l’ensemble des activités et sites en ligne déployés par les mouvements et théoriciens d’extrême-droite), les causes sont aussi à rechercher dans tout ce qui fait reculer les connaissances historiques et l’esprit critique, notamment chez les jeunes générations marquées par des programmes scolaires de plus en plus indigents, confus et irrationnels. De plus, les informations contradictoires et très souvent biaisées des grands médias capitalistes, ainsi que des gouvernements bourgeois, contribuent également à faire le lit de la pénétration des idées négationnistes. Enfin, l’abandon de la ligne révolutionnaire par les principales organisations du mouvement ouvrier a aussi abouti à cette situation de résurgence des idées fascistes.
Pour nous communistes, le combat contre le négationnisme et le fascisme s’inscrit pleinement dans le combat contre le grand capital, qui est « le ventre fécond d’où est sortie la bête immonde  » (Bertold Brecht) et pour l’émergence d’une alternative révolutionnaire et démocratique au capitalisme-impérialisme.

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