Mali : Non à l’embargo ! Non à l’ingérence de l’impérialisme français !

Déclaration du Secrétariat du CC du Parti Communiste Révolutionnaire de France

Les évènements survenus au Mali depuis le 18 août 2020, qui ont vu le gouvernement d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) être renversé par une junte militaire, nous conduisent à réaffirmer notre rejet de la politique menée par l’impérialisme français dans ce pays, ainsi que notre solidarité internationaliste avec le peuple du Mali.

Rappelons en effet que la France dispose, dans cette partie de l’Afrique, de plus de 5000 hommes, qui parcourent le Sahel entre Mali, Burkina-Faso, Tchad et Niger, et sont officiellement requis par les dirigeants de ces pays pour résister aux méfaits des groupes armés djihadistes.

Mais la politique de la France en Afrique n’est pas concevable sans les conseils avisés de ses monopoles. Une démonstration de force militaire est donc toujours destinée à renforcer les positions des grandes multinationales françaises, dans la région, et pour rappeler aux "partenaires" que l’impérialisme français ne cédera pas la moindre parcelle de son « pré carré » aux nouveaux arrivants, en particulier à la Chine, mais aussi aux USA, à l’Allemagne, au Royaume-Uni, voire au Japon.

S’agissant des ressources, rappelons aussi que ce pays est le troisième plus important producteur d’or d’Afrique, que le Sahel est également très riche en pétrole, et que la France y puise la majorité de ses approvisionnements en uranium.

Macron avait annoncé en février une escalade significative de son intervention, faisant passer le nombre des troupes françaises de l’"Opération Barkhane" (opération lancée il y a 7 ans sans résultat significatif pour la paix) de 4 500 à 5 100 hommes. Ce pays est un pays classique de la Françafrique, avec une position de semi-colonie de la France. Frappé par des décennies de politiques au service des monopoles français et de la bourgeoisie compradore, d’une corruption entretenue, le pays est en faillite. De puissants mouvements populaires ont duré plusieurs mois, réprimés dans le sang par les troupes maliennes anti-terroristes (formées par les militaires français) notamment les 10, 11 et 12 juillet (tuant 25 manifestants civils pacifiques). Pire encore, la situation du pays et de la région s’est aggravée avec de très nombreux déplacements de population, des réfugiés, des centaines de milliers de personnes chassées de chez elles. Après des mois de manifestations pour dénoncer la duplicité et l’inefficacité contre les séparatistes djihadistes, la présence militaire française, la corruption et l’élection truquée du pouvoir présidentiel, l’armée malienne a parachevé les mobilisations populaires par l’arrestation du président IBK et a obtenu sa démission réclamée par le peuple. Ce coup d’État a abouti à la formation d’un Conseil national pour le salut du peuple (CNSP). La France, l’UE, les États-Unis, suivis par les présidents laquais de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) ont condamné le coup d’État et exigé le retour au pouvoir de leur homologue malien, avant d’annoncer un embargo contre le Mali (pays enclavé, dont les approvisionnements se font par les ports de Dakar au Sénégal, pays avec lequel il partage la ligne de chemin de fer Dakar – Bamako, d’Abidjan et de Conakry par la route). Le principal but de cet embargo est de punir la population de ce pays et surtout d’empêcher le réarmement de l’armée malienne, afin de la rendre incapable de libérer le pays des djihadistes et ainsi, de continuer à justifier l’occupation militaire française. Les impérialismes présents sur place (il y a aussi des militaires américains au Mali...) craignent une contagion populaire à l’ouest africain.

Dans son dernier journal, le Parti Communiste Malien dénonce : « La France est liée avec l’Afrique pour le seul profit du capitalisme occidental. Sauf les intellectuels aliénés et les gens endormis croient toujours que la France et ses amis sont au Mali pour lutter contre les terroristes et aider l’État malien, alors qu’en réalité, ils sont là pour détruire l’État malien avec la complicité de tous les hommes politiques du Mali et les dirigeants de la CEDEAO. »

À ce jour, il semble que les militaires au pouvoir aient le soutien du peuple malien ; ils ont annoncé cependant qu’ils respecteraient tous les accords internationaux... On peut donc supposer que les richesses du sous-sol du Mali continueront d’être exploitées par les firmes monopolistes françaises...

L’issue du processus en cours, dans cet État africain, dépendra du niveau de direction politique que prendront le mouvement M5-RFP et les masses vers un anti-impérialisme populaire pour le socialisme.

En tout état de cause, le PCRF exige le respect de la souveraineté nationale et populaire du Mali, l’arrêt de tout embargo contre ce pays, et la fin de l’ingérence de l’armée d’occupation française dans les affaires internes du Mali.

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