Lubrizol : la pollution, c’est aussi un enjeu de classe !

Le jeudi 26 septembre 2019 à 3h du matin, un violent incendie s’est produit à l’usine Lubrizol de Rouen. Cet incendie est une catastrophe écologique de grande ampleur : chez plusieurs riverains, des fibres d’amiante (un produit toxique interdit depuis 2005) ont été retrouvées ; des agriculteurs ont dû détruire leurs productions, induisant de lourdes pertes de revenus ; de la suie a été retrouvée sur tous les alentours de la catastrophe et au-delà sur de très nombreux territoires du Nord, ce qui pose également la question de la toxicité des sols.

Même si aujourd’hui, les causes de cet accident demeurent encore très floues, il faut rappeler que cette usine appartient à la holding Berkshire Hathaway, propriété de Monsieur Warren Buffet, qui occupe la position de 4ème fortune mondiale, celle-ci étant estimée à plus de 80 milliards de dollars. Ce qui illustre toute la supercherie du principe pollueur-payeur : que représente quelques millions ou milliards d’euros pour Monsieur Buffet pour le paiement des dommages subis et des réparations à faire ? Bien peu de choses, et cela lui donne toute latitude, comme pour les autres membres de la bourgeoisie monopoliste, de continuer son action néfaste sur l’environnement. Il n’y a aucune contrainte pour décourager les monopoles de continuer à détruire les écosystèmes et à gaspiller les ressources de notre planète.

Ce sont les travailleurs qui payent toujours le prix fort d’une catastrophe comme celle-ci : d’une part, le discours dominant fait du travailleur l’unique cause, individuelle, du problème écologique (il ne doit pas prendre sa voiture alors qu’il en a besoin pour aller travailler et emmener ses enfants, il doit recycler ses déchets, et il doit consommer "responsable" même si c’est beaucoup plus cher, etc.), et d’autre part, ce sont les travailleurs qui, via l’argent public, financent les opérations de pompage et autres opérations de décontamination.

Les habitants et les agriculteurs de toute la zone entourant le site se posent des questions légitimes sur les conséquences de cette catastrophe. Le 2 octobre 2019, soit 6 jours après l’incendie, le gouvernement Philippe a rendu publique, sous la pression des habitants, la liste des produits chimiques qui ont brûlé sur le site de la préfecture de police de Seine-Maritime. Quelles sont les causes réelles de cet incendie ? Pourquoi avoir attendu 6 jours avant de publier cette liste ? Quels sont les risques sur la santé à plus ou moins long terme ? Quelles sont les conséquences à plus ou moins long terme sur la cultivabilité des sols ? Pas de réponse.

Depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, le gouvernement rend toujours plus opaque l’accès à l’information, avec la loi sur les « fake news » et celle sur la protection du secret des affaires. La chasse aux « fake news » ouvre la porte à la censure et à l’ostracisme de tous courants critiques. Avec la « protection du secret des affaires », l’État bourgeois cherche d’abord à protéger le pouvoir des monopoles de la divulgation publique de scandales ou de risques par les lanceurs d’alerte, qui pourraient dénoncer la toxicité et le danger de certains produits, comme ceux qui étaient stockés à Lubrizol et dans l’usine d’à côté.

Cette politique traduit une tendance structurelle qui s’accentue au fur et à mesure de l’aggravation de la crise générale du capitalisme, et qui tend à réduire les droits et libertés démocratiques. Plus la baisse tendancielle du taux de profit s’accentue, plus il faut la contrecarrer. Cela passe par la casse des salaires et des conditions de travail et de vie des travailleurs, mais également par la destruction des écosystèmes et le gaspillage des ressources de la planète. Il faut également étouffer tous débats ou opinions critiques.

Plus que jamais, la question de la sauvegarde des écosystèmes et des ressources de notre planète et la question de la préservation et du renforcement des droits démocratiques deviennent des enjeux de classe forts pour le peuple travailleur ; les faits et leur évolution battent en brèche l’idée que le capitalisme peut être aménagé dans un sens plus écologique, plus démocratique et social. La recherche maximale du profit, générée par la propriété privée des moyens de production et d’échange, qui constitue l’ensemble des intérêts de la bourgeoisie monopoliste, est incompatible avec les intérêts des travailleurs et travailleuses. Seule une société où la production sera gérée par un plan centralisé et décidé démocratiquement, selon les besoins des populations et des territoires, pourra régler favorablement le problème de la protection des écosystèmes et du gaspillage des ressources naturelles.

Le PCRF exprime sa totale solidarité avec les habitants de Seine-Maritime en lutte pour plus de transparence sur les conséquences sanitaires et environnementales de l’incendie de l’usine Lubrizol.
Au-delà, il appelle le peuple laborieux et ses organisations (syndicats, organisations antifascistes, association de défense des intérêts des agriculteurs…) à construire une convergence solide, dans un Front unitaire pour la défense de l’environnement, des acquis sociaux et des droits démocratiques. Ces trois combats sont liés, et trouveront leur débouché durable dans le renversement révolutionnaire du capitalisme et la construction du socialisme-communisme.

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