Les investissements russes en France
Le capitalisme impérialiste, sous le règne des monopoles, est caractérisé par l’exportation des capitaux. La Russie, complètement intégrée dans le système impérialiste mondial, n’échappe pas à cette règle. Les monopoles russes exportent des capitaux à l’étranger et pas seulement dans les pays pauvres. En France, les capitaux russes étaient aussi présents, notamment dans la dernière décennie, même si les capitaux français en Russie les dépassaient largement.
Dans sa course au profit maximum, le capital « excédentaire » se déverse à l’étranger. Il est exporté principalement vers les pays retardataires, dans lesquels les capitaux sont peu nombreux, les salaires bas, les matières premières bon marché, le prix de la terre relativement peu élevé. Dans ces pays, la possibilité s’offre au capital monopoliste de toucher des profits énormes. L’exportation des capitaux est étroitement rattachée au développement de l’exportation des marchandises : les monopoles qui exportent des capitaux ont l’habitude d’imposer au pays débiteur leurs marchandises à des conditions avantageuses pour eux. Les monopoles étrangers s’emparent des débouchés et des sources de matières premières dans les pays débiteurs.
Outre les pays retardataires, le capital est exporté aussi dans les pays industriels développés. Cela a lieu pendant les périodes de développement rapide de ces pays, qui exigent un afflux de capitaux venant du dehors, ou bien dans une période d’affaiblissement dû à la crise économique.
Au milieu des années 2010, on assistait à une accélération des investissements russes en France. Avant l’agression russe de 2021, plus de 80 entreprises russes étaient implantées en France, employant plus de 4000 personnes. Les secteurs attirant le plus les investisseurs venus de Russie étaient les hautes technologies, l’hôtellerie-restauration et le tourisme.
On assistait également à une multiplication des investissements dans d’autres domaines, tels que l’agro-alimentaire, l’économie numérique, les services financiers et l’informatique. La France pouvait apparaitre comme une passerelle pour la Russie vers l’Europe au sens large et l’Afrique pour internationaliser la présence des monopoles russes.
Parmi les implantations russes en France, on retrouvait notamment SuperOx, spécialiste russe de la supraconduction, qui a choisi d’installer son siège européen près de Marseille, Dr Web, société russe de logiciels anti-virus, qui a ouvert un bureau commercial à Strasbourg ou encore Datadvance, société russe développant des logiciels d’analyse de données et d’optimisation multidisciplinaire, qui a, dans le cadre de son partenariat avec Airbus, ouvert son centre européen à Toulouse. Autre exemple, la Compagnie des chemins de fer russes (RJD) a fait l’acquisition de 75% des parts de l’entreprise leader de logistique industrielle GEFCO, ancienne filiale du groupe PSA (groupe Gefco aussi leader européen de la logistique automobile et de classe mondiale avec 110000 employés dans le monde).
La Caisse des dépôts française et le Fonds russe des investissements directs s’étaient accordés sur un investissement de 250 millions d’euros dans la compagnie française Arc, leader mondial de la verrerie. A l’époque, l’objectif était d’élargir la coopération pour développer différents projets dans les domaines de la production industrielle, de l’agriculture, de la vente au détail, et des matières premières.
De plus en plus d’entreprises russes investissaient dans des start-up françaises, notamment dans les hautes technologies, ce qui permettait des investissements dans ces domaines. L’exemple de l’entreprise Kaspersky, numéro 4 de la sécurité informatique dans le monde, en est le parfait exemple.
Le dernier classement 2023 montre une nette progression du nombre de milliardaires russes à 110 avec le dépassement de la barre symbolique des des 100.
La question de l’analyse de la Russie, comme celle de la Chine, divise aujourd’hui le mouvement communiste international. Certaines organisations préfèrent voir soit un super-impérialisme, en général américain, soit un système capitaliste composé de quelques nations impérialistes. Or, il faudrait plutôt voir le système capitaliste dans sa phase impérialiste, où les monopoles sont devenus le facteur déterminant du système. Il ne peut y avoir de division en Etats juste capitalistes et d’autres Etats impérialistes, ou bien en Etats impérialistes et d’autres moins impérialistes. Tous les Etats sont intégrés dans le cadre du système impérialiste et soumis à ses lois et modes de fonctionnement. Les partis qui défendent un prétendu « anti-impérialisme » en défendant des Etats capitalistes moins forts que les principales puissances impérialistes ont une analyse erronée et anti-marxiste car il ne peut pas y avoir d’anti-impérialisme sans anti-capitalisme.
Parti Communiste Révolutionnaire de France