Le profit, le taux de profit

Pour aborder dans de bonnes conditions l’étude du profit, il est nécessaire d’avoir présent à l’esprit la formule générale du capitalisme soit : C = (Cc+Cv) + Pv = C’ plus grand que C. (Cf : fiche théorique IC 137). Elle peut s’écrire aussi M (Cc+Cv) + Pv =M’ plus grand que M (la marchandise) remplaçant C (le capital). Pour le capitaliste, il n’en va pas de même. Il ne fait pas de différence entre Cc et Cv, les considérant comme un tout qu’il appellera : « coûts de production » (Pr). Il écrit la formule précédente sous la forme : M = Pr + p = M’, (p représentant le profit). Si l’on compare les deux formules, on s’aperçoit que le profit (p) remplace tout simplement la plus-value (Pv). Cette manière de voir les choses a pour conséquence de « masquer » la notion de plus-value. On ne perçoit plus l’origine de l’augmentation de la valeur de la marchandise et du même coup, de l’exploitation capitaliste. En tant que propriétaire du capital engagé dans la production, le capitaliste considère, et essaie de faire croire, qu’il est le créateur de l’augmentation de la valeur pour éviter, autant que faire se peut, la prise de conscience par les travailleurs de la réalité de l’exploitation capitaliste. En fait, comme le dit Marx « Le profit, tel qu’il se présente à nous d’abord est donc la même chose que la plus-value : il en est une forme mystifiée. ». Le profit du capitaliste provient de ce qu’il a vendu quelque chose qu’il n’a pas payé : la plus-value ou surtravail extorqué aux travailleurs. La plus-value est donc bien un excédent par rapport au capital total avancé : Ct = (Cc+Cv). Le rapport de cet excédent au capital total s’exprime, du point de vue capitaliste, par la fraction : p / Pr ce qui provoque à nouveau la « disparition » du capital variable et par voie de conséquence de la plus-value. La forme marxiste s’écrira donc : Pl / Cc+Cv qui, multipliée par 100, donnera le taux de profit, qui diffère du taux de plus-value Pl / Cv. Ce sont là deux mesures différentes de la même valeur. L’une par rapport au capital total, l’autre par rapport au capital variable. Dans la forme capitaliste, l’extorsion du travail non payé apparait seulement comme une économie réalisée sur le paiement des salaires (Cv) faisant partie des frais de production. La mystification et le rideau de fumée destiné à obscurcir la réalité concernant l’exploitation capitaliste se poursuit. Le taux de profit varie d’une entreprise à l’autre, d’une sphère de production à l’autre, d’un pays à l’autre. Tous ces taux de profits, sous l’effet de la concurrence, s’égalisent en un taux général de profit qui est la moyenne de tous les taux de profits différents et qu’on appellera taux de profit moyen. Dans une sphère de production donnée, les capitalistes qui produisent dans des meilleures conditions que les autres, (au-dessus du taux de profit moyen) réalisent ce qu’on appelle un surprofit.

À suivre : la baisse tendancielle du taux de profit
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