L’hôpital public dans la tourmente des variants et... du capital !

Comparé au précédent, le « monde d’après » se révèle encore plus réactionnaire et obscurantiste. Alors que l’hôpital public et les personnels soignants sont toujours plus fragilisés, sinistrés et épuisés par la pandémie de Covid-19, différents variants du SARS-CoV-2 circulent désormais en France. La crainte d’une nouvelle vague est réelle, puisqu’avec la situation préoccupante en Moselle et dans le Nord, où 50% des cas sont concernés, ces variants se répandent de manière croissante sur tout le territoire. Cela révèle que les autorités sanitaires sont dépassées. En conséquence, les grands médias capitalistes, jouant toujours la carte de la « fatalité » et de la « responsabilité individuelle » intensifient leur pollution médiatique et intellectuelle. Une remise à plat objective et rationnelle des informations devient donc nécessaire pour comprendre les enjeux, identifier les problèmes et ainsi travailler à des solutions concrètes.

Le variant d’un virus est tout simplement une mutation de celui-ci. Le virus SARS-CoV-2, à l’origine de la Covid-19, comme tous ceux appartenant à la famille des coronavirus, possède un seul brin d’ARN comme génome. Les virus à ARN sont une vaste catégorie plus sujette aux mutations que d’autres et ils risquent de muter à chaque fois qu’il se transmettent. Ces mutations peuvent être délétères, conférer un avantage, ou encore ne pas avoir d’incidence. Un mutant va progressivement prendre le dessus sur le virus d’origine dans le cas où la mutation favorise ce dernier parce qu’il est mieux adapté aux circonstances extérieures. C’est exactement ce qui est arrivé au virus SARS-CoV-2 et qui a fait émerger de nouveaux variants de la Covid-19 : le variant B.1.1.7 dit « britannique », qui serait plus contagieux, mais sans montrer à ce jour une différence de gravité et de symptômes ainsi que de durée de la maladie ; le variant 501.V2 dit « sud-africain » qui serait plus contagieux que le précédent, sans en avoir une sévérité plus importante, ou encore le variant B.1.1.28 dit « brésilien » ou « amazonien », dont on a peu d’informations. Il est inutile de parler du variant « californien », « danois », « nigérian » et de plein d’autres encore. Très peu de confirmations scientifiques et beaucoup d’hypothèses sont faites sur ces variants concernant leur contagiosité et leur dangerosité.

Néanmoins une chose est sûre : ces variants constituent une nouvelle menace sur un hôpital public toujours plus fragilisé et sinistré par des décennies d’une politique réactionnaire, antisociale et destructrice menée par les gouvernements successifs qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche sociale-démocrate.Cette politique consiste à casser le service public de la santé en y introduisant aussi progressivement que brutalement la marchandisation de la santé, la bureaucratisation, la gestion du matériel et des personnels sous pénurie et tension continues et une désertion de l’hôpital public au profit des établissements privés. Ses conséquences sont catastrophiques sur les conditions de travail et de vie des personnels soignants, la qualité de la prise en charge des patients et la lutte contre d’éventuelles épidémies comme avec la Covid-19. Fin 2019, 70 directeurs médicaux de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) avaient tiré la sonnette d’alarme dans une tribune publiée dans Le Monde s’inquiétant que « l’hôpital public s’écroule. » Ils ont alerté sur « les conditions d’accès aux soins » qui sont « dégradées », sur le fait que « la qualité et la sécurité des soins » sont « sérieusement menacées », du fait de la fermeture de « centaines de lits d’hospitalisation de médecine et de chirurgie » et de « dizaines de salles d’opération à l’hôpital public » et que « chaque semaine des unités de soin ferment. » De plus, « les équipes soignantes » sont « démotivées », « l’accès au diagnostic et aux soins médicaux et chirurgicaux à l’hôpital public est extrêmement difficile » et « les délais de programmation des interventions s’allongent » avec « les soins urgents [qui] ne sont plus réalisés dans des délais raisonnables », tout en pointant comme conséquence que « les usagers sont de plus en plus obligés de se tourner vers les établissements privés » et que « des soignants quittent l’hôpital public. »

Les fermetures d’hôpitaux continuent comme avec celles de Bichat et de Beaujon.

Le 11 février dernier, une centaine de personnes a manifesté contre le projet de fusion des deux hôpitaux, dans le cadre du projet de Campus hospitalo-universitaire Grand Paris-Nord qui doit aboutir en 2028, car il acte la suppression des hôpitaux Bichat et Beaujon avec la suppression de 1 000 postes et 400 lits, selon les syndicats. Christophe Prudhomme, médecin urgentistes et responsable de la fédération CGT de la santé et de l’action sociale, y a déclaré que « la crise a montré qu’il fallait sortir de la logique du ‘toujours moins de lits d’hôpitaux’. On a vu qu’on manquait de lits, en particulier en réanimation » et concluant qu’ « il faut accepter une gestion de l’hôpital différente de celle d’une entreprise. » Anne, aide-soignante à l’hôpital Beaujon depuis 20 ans, a affirmé qu’ « on est […] en saturation de lits » et « obligés de faire du bricolage. » Elle continue : « Il y a beaucoup de patients qui attendent des lits pendant plus de 24h, parfois sur des brancards. Ca fait des années qu’on se bat pour l’ouverture de lits d’hospitalisation, et là on voit que l’inverse se produit, donc c’est incompréhensible. » Selon Claire, aide-soignante à l’Ehpad d’Adélaïde-Hautval appartenant au groupe hospitalier Bichat-Beaujon, « On se rend compte que l’hôpital est en souffrance, et au lieu de l’aider, on continue à le sacrifier. » Malgré la pandémie actuelle le gouvernement prévoit d’intensifier la casse de l’hôpital public.

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 prévoit 4 milliards d’économies dans la sécurité sociale contre 2,2 milliards pour 2010, ainsi que la tarification des passages aux urgences ne nécessitant pas d’hospitalisation et l’ouverture de maisons de naissance pour compenser la fermeture des maternités « non rentables » tout en réalisant des économies. La dépense publique pour la recherche dans la santé est passée de 3 milliards d’euros en 2011 à 2 milliards en 2020, alors que les dividendes versés aux actionnaires de Sanofi sont passés de 350 millions d’euros en 2000 à 4 milliards d’euros en 2020. D’ailleurs le monopole pharmaceutique français a dévoilé un nouveau plan d’économies comportant un objectif de 2 milliards d’euros d’économies d’ici 2022 ainsi que la suppression de 1700 emplois en Europe dont un millier en France et 400 dans la Recherche & Développement et avec comme objectif de verser un dividende supérieur aux actionnaires. Cette somme et ces postes sont clairement nécessaires pour lever toutes les zones d’ombre entourant les variants, évaluer l’efficacité de l’action des vaccins aujourd’hui en circulation contre ces mêmes variants et mettre au point d’éventuels nouveaux produits pharmaceutiques pour lutter contre le virus SARS-CoV-2 et ses variants ainsi que des solutions pour vaincre efficacement et définitivement cette pandémie notamment pour sortir du pari du fétichisme de la solution miracle consistant en la seule vaccination.

Au lieu de pointer tout cela, certain membres du conseil scientifique dont Jean-François Delfraissy, son président, proposent l’auto-isolement des personnes âgées et fragiles dans The Lancet et plaident alors pour une « nouvelle approche » basée sur « un contrat social » entre les générations ; de plus ce même Jean-François Delfraissy a déclaré sur BFMTV quelques semaines plus tôt que ce « virus [est] diabolique et beaucoup plus intelligent qu’on ne le pense » car il développe « une forme d’échappement par rapport à la pression de sélection que l’on exerce en face » en « développant des mutations. » La malhonnêteté intellectuelle est érigée au rang de communication officielle par le grand capital et ses chiens de garde.

Cette casse progressive et délibérée du service public de la santé ainsi que celui de la recherche, sans oublier la casse de l’emploi industriel et de l’outil de production, constituent le fruit du caractère toujours plus pourri, parasitaire et destructeur du capitalisme-impérialisme, mode de production fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange ainsi que sur l’accroissement infinie des richesses produites entre les mains de la minorité de parasites dans le cadre de la concurrence. Atteint d’une crise générale et systémique caractérisée par un accroissement continue du parasitisme social et l’aiguisement de ses contradictions internes notamment la baisse tendancielle des profits notamment et catalysée par la pandémie mondiale de Covid-19, il devient alors impératif pour les exploiteurs de casser les salaires, les conditions de travail et de vie des travailleurs ainsi que leurs conquêtes sociales pour y extraire toujours plus de plus-value et pour limiter voire contrecarrer ces effets néfastes. Le capitalisme-impérialisme est alors non seulement incapable à solutionner la pandémie de Covid-19 mais également son pouvoir politique instrumentalise cette dernière pour insuffler un sentiment de terreur et de résignation dans l’esprit des travailleurs, légitimer une répression toujours plus intense contre ses organisations et les désarmer politiquement et idéologiquement. Contrairement aux affirmations de la gauche « radicale » et notamment de La France Insoumise (LFI) et du Parti communiste français (PCF), le capitalisme n’est pas la solution mais bel et bien le problème.

Contre la politique nuisible d’Emmanuel Macron et du gouvernement Castex, le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) revendique la construction de grands et vastes pôles de services publics concernant la santé ainsi que la recherche scientifique et médicale et dotée d’une gestion planifiée, centralisée et sous la direction démocratique des travailleurs eux-même selon leurs besoins. En pleine construction du socialisme-communisme, l’Union soviétique a montré la voie en établissant un nouveau système de santé, dit « système Semashko » du nom du médecin bolchevik Nikolaï Semachko, ayant permis à ce pays d’éradiquer les nombreuses épidémies qui le gangrenaient, de prévenir l’émergence des maladies, d’améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs, d’élever leurs normes hygiéniques et sanitaires et leur permettre une prise en main pleinement démocratique des questions de santé publique, d’hygiène et de médecine.

Dans le cadre de sa campagne « Accusons le capitalisme » et tout en exprimant son soutien fraternel aux luttes des soignants et des travailleurs de Sanofi, notre parti appelle ces derniers ainsi que l’ensemble des travailleurs victimes du capitalisme à unir leurs forces en vu de son renversement révolutionnaire et pour la construction du socialisme-communisme.

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