Iran : Soutien du PCRF aux jeunes, aux femmes et aux travailleurs mobilisés !

Depuis le 16 septembre 2022, la République islamique d’Iran connait une nouvelle vague de mobilisations durables. Après plusieurs autres contestations contre le pouvoir politico-religieux en Iran, notamment celle de 2017 à 2018 puis celle de 2019 à 2020, celle-ci revêt un caractère inédit par son ampleur et son intensité.

Le bilan de ces manifestations est déjà terrifiant, avec plus d’une centaine de morts (dont de nombreux enfants) et plus d’un millier d’arrestations, selon l’organisation Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo (Norvège).
Un fort esprit de révolte s’est emparé d’une partie importante de la population. Par exemple, le 4 octobre, des lycéennes se sont photographiées dans une salle de classe, avec le voile retiré, et faisant un doigt d’honneur au portrait officiel de l’ayatollah Rouhollah Moussavi Khomeiny (fondateur et premier guide suprême de la République islamique d’Iran) et l’ayatollah Ali Khamenei (successeur de l’ayatollah Khomeini en tant que guide suprême de la République islamique d’Iran). Le 8 octobre, à Téhéran, le président iranien Ebrahim Raïssi, alors en visite sur le campus universitaire d’Alzahra, a condamné les manifestations devant les enseignants et les étudiants, et s’est fait huer par les étudiantes lançant le slogan « dégage ! ».
Au cours de la quatrième semaine de contestation, les travailleurs du secteur pétrochimique, secteur clé de l’économie iranienne, ont déclenché des grèves dans les raffineries pétrochimiques d’Abadan, dans la province du Khuzistan, et de la ville portuaire de Bouchrech, sur la côte du golfe persique. Au total selon le Conseil des travailleurs contractuels du pétrole, plus de 4000 travailleurs étaient en grève.
De plus, le syndicat Coordinateur des conducteurs de bus a appelé les chauffeurs de bus à rejoindre cette grève. Et au 19ème jour de la contestation, les enseignants et les agriculteurs de Khorasgan l’ont rejoint. Les premiers revendiquent la libération de leurs collègues emprisonnés, et notamment après la dernière grève de février 2022 de Khorasgan, dans la province d’Ispahan, l’ont rejoint en scandant « Raïssi menteur, où est notre fleuve Zayandeh Roud » et « à bas ce gouvernement trompeur ! »

Ces derniers éléments montrent que les causes de cette vaste contestation sont beaucoup plus profondes et beaucoup plus enracinées que la seule colère déclenchée par la mort de la jeune Masha Amini, arrêtée le 13 septembre par la police des mœurs et décédée 3 jours plus tard.

L’Iran traverse en effet une crise économique durable, qui s’aiguise depuis plusieurs années, marquée notamment par une inflation caractérisée par la perte de 82% de la valeur du rial, ainsi que par un chômage endémique chez les moins de 25 ans avec 1 jeune sur 4 qui n’a pas d’emploi, et 1 sur 2 dans certaines régions. De plus, près de la moitié des 83 millions d’habitants vivrait sous le seuil de pauvreté, contre 20% en 2015. En 2015, l’indice du programme des Nations unies pour le développement (PNUD), plaçait l’Iran dans le cercle des pays dits « émergents ». Mais suite au renforcement des sanctions américaines sous la présidence de Donald Trump en 2019, puis surtout suite à la pandémie mondiale Covid-19, l’économie iranienne s’est considérablement fragilisée avec des conséquences sociales catastrophiques pour les travailleurs et leurs familles. Les politiques menées par les différents gouvernements successifs en Iran sont principalement responsables de cette situation. Le capitalisme revêt en Iran un caractère très particulier, entre un secteur public soutenant les secteurs clés de l’économie (pétrole, télécommunications, chemins de fer, énergie, banque...), un secteur privé regroupant notamment l’agriculture, l’industrie et le commerce, ainsi qu’un secteur coopératif fonctionnant sur des principes islamiques. Depuis 1989, après la guerre Iran-Irak, le gouvernement iranien mène une politique de privatisation économique. En parallèle, le pays cherche à s’ouvrir économiquement à l’international en tentant de rejoindre l’OMC en tant que membre à part entière, alors qu’il n’a qu’un statut d’observateur, avec le soutien de la Chine populaire, mais confronté au veto américain. Il a aussi augmenté sa coopération économique avec d’autres pays à partir du milieu des années 1990. Cependant les travailleurs en Iran payent les pots cassés de l’échec de cette politique, à cause de la bureaucratie et du poids de certains corps d’État, comme celui des "pasdarans"(les gardiens de la révolution islamique), et à cause des sanctions.
Au sujet des sanctions contre l’Iran, il apparaît clairement que les impérialismes euro-atlantistes sont à la manœuvre pour déstabiliser le pays, en prétendant hypocritement soutenir le mouvement, alors qu’ils ont une part de responsabilité importante dans son déclenchement, comme l’ont fait Emmanuel Macron dans un entretien accordé à France 2, et Joe Biden en Californie (affirmant être "sidéré par les manifestations en cours en Iran..." -sic !-).
Il est maintenant temps pour les travailleurs en Iran de s’attaquer à la véritable cause du problème.

Encore une fois, le capitalisme-impérialisme est bien LE problème et non la solution. Fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange entre les mains d’une minorité toujours plus réduite d’exploiteurs et sur l’accroissement infinie de leurs profits dans un environnement toujours plus concurrentiel, il est de plus en plus évident que l’émergence puis le triomphe d’une politique alternative et répondant aux besoins des travailleurs n’est possible que dans le cadre du renversement révolutionnaire de ce mode de production par la classe ouvrière et les couches populaires elles-mêmes.
Cependant les travailleurs doivent se méfier des manœuvres des impérialismes qui tentent de détourner leur colère et leurs luttes, pour servir les intérêts de leurs monopoles dans le cadre d’un partage du monde toujours plus violent et toujours plus concurrentiel suite à l’aggravation de la crise générale du capitalisme-impérialisme.

D’ailleurs l’histoire de l’Iran l’illustre bien, puisque l’établissement de la République islamique d’Iran et l’accession au pouvoir de son fondateur, l’ayatollah Rouhollah Moussavi Khomeiny s’expliquent par les manœuvres des impérialismes pour empêcher l’établissement d’un régime socialiste-communiste aux frontières de l’Union soviétique et pour déstabiliser cette dernière. rappelons aussi le scandale de l’Irangate (scandale politico-militaire survenu aux États-Unis dans les années 1980 pendant le second mandat de l’administration Reagan, pendant lequel plusieurs hauts responsables du gouvernement fédéral américain ont soutenu un trafic d’armes vers l’Iran malgré l’embargo touchant ce pays...) N’oublions pas non plus les liens toujours plus étroits qu’entretient l’Iran avec la Chine : lui fournissant du pétrole et du gaz, le pays représente un marché potentiel pour les investissements des monopoles chinois et un pays stratégique pour le développement des « nouvelles routes de la soie » voulues par Pékin. D’ailleurs l’accord sino-iranien signé en 2021 et entré en vigueur en janvier 2022 démontre son amarrage à l’impérialisme chinois.

Après avoir renversé le capitalisme-impérialisme, la classe ouvrière et les couches populaires devront édifier le Socialisme-Communisme. C’est un mode de production fondé sur la propriété collective de tous les moyens de production et d’échange entre les mains de tous les travailleurs de la société, l’exercice de leur pouvoir politique sur les exploiteurs capitalistes par la construction de leur propre appareil d’État sur les ruines de celles de la bourgeoisie, et sur l’établissement d’une planification centralisée et démocratique de la production pour répondre aux besoins des populations et des territoires.
En plus de la contestation, la lutte des classes et le mouvement révolutionnaire doivent s’aiguiser. Et les travailleurs d’Iran disposent des organisations adéquates que ce soit le Tudeh (le Parti communiste d’Iran) actuellement interdit depuis 1983, ou la Maison des travailleurs, adhérente à la Fédération Syndicale Mondale (FSM).

Fidèle aux principes de l’internationalisme prolétarien, le Parti Communisme Révolutionnaire de France (PCRF) apporte son soutien fraternel et de classe aux luttes et aux mouvements de contestations qui ont lieu actuellement en Iran. Il manifeste également sa solidarité fraternelle et révolutionnaire avec le Tudeh, notre parti frère et avant-garde de la classe ouvrière en Iran, et avec la Maison des travailleurs, centrale syndicale des classe en Iran. Contre la politique réactionnaire, anti-ouvrière et anti-populaire de la bourgeoisie iranienne et de son personnel politique, contre les impérialismes euro-atlantistes (et notamment américain) qui tentent de dévier la colère ouvrière et populaire légitime pour servir les intérêts de leurs monopoles dans le repartage actuel et continu du monde, une seule solution : le renversement révolutionnaire du capitalisme-impérialisme et l’édification du Socialisme-Communisme.

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