Incendies en Australie : une catastrophe évitable ?

Depuis septembre 2019, l’Australie connaît les plus importants incendies de végétation de son histoire. Le feu a déjà brûlé plus de 8 millions d’hectares, détruit plus de 2500 bâtiments dont plus de 1300 maisons, tué au moins 25 personnes, tué plus d’un milliard d’animaux et très fortement impacté la flore sauvage.

Les conséquences sont catastrophiques pour ce continent. Des milliers d’habitants évacués ont perdu leurs maisons et des milliers ont dû quitter leurs domiciles face à la hausse invivable des températures. Les écosystèmes australiens, réputés pour leur flore et leur faune emblématique (kangourous, koalas…), sont gravement fragilisés : près de 480 millions d’animaux (mammifères, oiseaux ou reptiles) sont menacés d’extinction, selon les écologistes de l’Université de Sydney, et plusieurs parcs nationaux (dont Flinders Chase) ont été détruits en grande partie.

Les conséquences sont aussi catastrophiques pour la qualité de l’air et le climat de notre planète : ces incendies continuent de rejeter dans l’atmosphère des tonnes de gaz et de particules de combustion. De nombreuses villes australiennes, dont Sydney et Canberra, ont vu récemment leurs indices de qualité de l’air dépasser ceux des villes les plus polluées au monde, avec les effets qu’on devine sur la santé des populations.
L’apparition récente des pluies, bien que constituant une relative accalmie sur le front des incendies, va générer de nouveaux problèmes, comme celui des inondations ou de la pollution produite par les boues de cendres déversées dans les cours d’eaux.

Ces incendies illustrent les conséquences catastrophiques des politiques réactionnaires de casse du service public et d’exploitation intensive et anarchique de la nature, menées sous le capitalisme. En Nouvelle-Galles du Sud, d’où sont partis ces feux destructeurs, le gouvernement local avait procédé, pour 2019-2020, à une forte réduction du financement des services d’incendies : coupe de 13 millions de dollars dans le budget alloué aux pompiers, coupe de 27 millions dans le budget du « service de luttes anti-incendies en milieu rural », le tout dans le cadre d’une amputation de plus de 3 milliards du budget du secteur public. La gestion du premier ministre libéral Scott Morrison est très vivement critiquée, notamment pour son infaillible soutien à l’industrie du charbon, en refusant d’engager son pays sur la voie de la diversité énergétique. L’Australie produit en effet un tiers des exportations mondiales de charbon ; les profits de ces monopoles sont donc prioritaires, aux yeux de la bourgeoisie australienne...

Malgré son éloignement géographique, le gouvernement australien élabore des politiques similaires à celles appliquées en France, où depuis des décennies, les gouvernements successifs réduisent d’année en année le budget alloué aux Services départementaux d’incendie et de secours, alors que les interventions de ces derniers sont de plus en plus nombreuses (feux de forêt durant l’été 2019, inondations répétées dans le Var, accidents industriels comme celui de Lubrizol…). Emmanuel Macron (qui encourageait l’industrialisation de la filière aurifère en Guyane en tant que ministre de l’Économie en 2015) s’est prononcé en faveur de la délivrance de nouveaux permis d’extraction aurifère en Guyane en pleine forêt amazonienne, intensifiant la crise environnementale et humanitaire actuelle. Ce même Emmanuel Macron, qui se prétend le champion de la « transition écologique », va lancer un « un nouvel acte de décentralisation » dès le premier trimestre 2020, qui va considérablement renforcer la fracture territoriale, la casse généralisée des services publics et des droits des travailleurs relatifs à la démocratie locale et territoriale.

La question d’un changement de politique prenant en considération l’urgence environnementale et humanitaire se fait de plus en plus pressante, mais elle pose également la question du renversement du capitalisme et de la construction du socialisme-communisme. En effet : le régime capitaliste, caractérisé par la propriété privée des moyens de production et d’échange et par l’anarchie de la production dans un environnement concurrentiel libre et non faussé, tend vers une impasse de plus en plus catastrophique pour l’avenir.

Pour construire une politique répondant efficacement au problème écologique et humanitaire aujourd’hui, il faut construire de grands et puissants services publics (transports, éducation, recherche et développement, urbanisme, logement, santé, emploi…) démocratiquement gérés par le peuple travailleur, au service exclusif des besoins de la population, ce qui est incompatible avec la propriété privée des moyens de production et d’échange propre au régime capitaliste.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) exprime son soutien fraternel au peuple australien durement frappé par cette catastrophe ; il appelle l’ensemble des travailleurs, en Australie comme en France, à lier la question environnementale à la perspective révolutionnaire du renversement du capitalisme et de la construction du socialisme-communisme.

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