Hommage à notre camarade René Lefort

C’est avec une immense peine que nous avons appris la mort du camarade René Lefort.

Ingénieur à la RATP, il adhère à la CGT et au Parti Communiste dans la période qui suit la Libération. Lecteur attentif de Marx, de Engels, de Lénine, il a toujours su allier un esprit critique et un regard acéré sur la politique du Parti, avec le respect des règles du centralisme démocratique. Internationaliste conséquent, il ne séparait pas le combat quotidien avec le cadre international dans lequel il se déroulait. En particulier, René soulignait le rôle que l’Union Soviétique a joué dans le processus révolutionnaire mondial et la défaite qu’a constituée, pour le prolétariat international, le renversement contre-révolutionnaire du socialisme en URSS et dans les pays socialistes européens.

René était un polémiste passionné, qui pouvait s’emporter dans le feu de la discussion quand on touchait ses convictions les plus profondes. Mais sitôt la controverse terminée, il reprenait son calme et ne tenait rigueur à personne des désaccords qui avaient pu se manifester. Plus encore, il était capable de modifier quelque temps plus tard son point de vue si les arguments de ses contradicteurs lui semblaient convaincants après réflexion. C’est pourquoi les discussions avec lui étaient passionnantes, car toujours argumentées au plan théorique, et toujours ouvertes. Tout le monde en ressortait enrichi.

Dans les années 70, il s’oppose à la stratégie du programme commun dont il dénonce l’essence opportuniste. En 1976, lors du XXIIe congrès du PCF qui avalise l’eurocommunisme liquidateur et la trahison de classe de la direction du PCF, René se trouve tout naturellement dans le camp peu nombreux des défenseurs des principes révolutionnaires du marxisme et du léninisme et de l’internationalisme prolétarien.

Dès lors, il ne cessera pas de combattre pour que la classe ouvrière retrouve le parti dont elle a besoin pour mener la lutte des classes à son terme : la révolution, la dictature du prolétariat et le communisme. Dans les années 80, il publie un livre analysant la politique des gouvernements Mitterrand à participation PCF et dénonçant la collaboration de classe.

Après la contre-révolution en URSS, René participe à la création du Comité pour la défense d’Honecker et de la Coordination Communiste, aux côtés de Georges Gastaud, de Jean-Luc Sallé, de Maurice Cukierman, et de bien d’autres camarades. Quels qu’ aient été par la suite les chemins politiques empruntés, il n’en demeure pas moins que de 1991 à 2000 la Coordination Communiste a joué un rôle majeur dans la prise de conscience, chez les communistes, du caractère liquidateur et capitulard de l’eurocommunisme et de la « mutation » qui en est née. Par ses interventions et ses articles dans Intervention Communiste, par son animation de la commission internationale, le camarade René Lefort a joué particulièrement actif dans cette bataille pour tenter de sauver ce qui pouvait l’être et reconstruire un parti communiste.

En 2000, lors de la scission de la Coordination Communiste, le camarade Lefort a suivi la tendance minoritaire. Les divergences étaient profondes, comme l’évolution ultérieure l’a montré. Mais pour autant, ces divergences sont des divergences entre révolutionnaires, et pour René Lefort, cela ne devait rien changer à son attitude fraternelle lorsque nous nous croisions dans les manifestations, les initiatives conjointes URCF-PRCF, à la fête de l’Huma. Il gardait l’espoir que nos deux courants se retrouveraient à un moment ou à un autre pour reconstruire le Parti communiste dont le prolétariat de notre pays a besoin urgemment dans la lutte contre le Capital, pour la paix et le socialisme.

En lui rendant un chaleureux hommage aujourd’hui, le Parti Communiste Révolutionnaire de France veut témoigner que nous partageons le même espoir et la même conviction : quelles que soient les difficultés rencontrées par le mouvement révolutionnaire, en fin de compte, le communisme triomphera.

À ses enfants, à ses camarades, notre Parti présente ses condoléances fraternelles. Nous inclinons respectueusement nos drapeaux devant René Lefort.

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