Hollande-La-Guerre !

Depuis quelques jours, une campagne politique de grande ampleur a lieu autour des évènements qui ensanglantent la République Arabe Syrienne : l’agression turque contre la région d’Afrin, et les combats menés par les forces syriennes pour déloger de la vallée de la Goutha les groupes djihadistes pro-occidentaux qui l’occupent, parmi lesquels plusieurs rescapés des troupes de Daech rapatriées par les États-Unis et leur coalition internationale.

Cette campagne s’articule avec celle contre la Russie dont les accents sont de plus en plus belliqueux. L’impérialisme français, qui depuis 2011 rêvait de pouvoir récupérer la place qu’il avait perdue face au mouvement de libération nationale depuis soixante ans, est le grand perdant en Syrie face à ses concurrents États-uniens, Russes, mais aussi Turcs. Dans le même temps l’impérialisme US, épaulé par sa "plate-forme" israélienne, tente de maintenir une situation de chaos, manipulant les bandes djihadistes armées au gré des besoins, pour lui permettre de s’installer militairement en Syrie.

C’est dans ce contexte que l’ours savant de l’impérialisme français, François Hollande, dont la responsabilité dans les destructions et les centaines de milliers de morts endeuillant la Syrie pourrait être démontrée, vient de commettre une interview à la voix de son maître, le journal Le Monde ! Et dans une situation dont il ne s’agit pas de sous-estimer l’horreur, ce monsieur se croit permis d’en rajouter. C’est ainsi qu’il réduit l’agression turque à la question kurde (comme Erdogan, alors que le problème est celui d’une agression contre la République Arabe Syrienne en vue de la partition de son territoire, et qu’il met sur le même plan l’intervention russe, feignant d’oublier que l’intervention russe s’est faite à la demande du gouvernement légitime de la République Arabe Syrienne (que cela lui plaise ou non, et quelles que soient les arrière-pensées de la Russie comme puissance impérialiste) !

En réalité, l’interview est consacrée à justifier un affrontement, y compris militaire, avec la Russie : "V. Poutine a compris qu’il pouvait annexer la Crimée et déstabiliser l’est de l’Ukraine sans risquer d’être mis en cause autrement (souligné par nous) que par des sanctions" ; "nous devons réagir face à V. Poutine plus que face à Bachar El-Assad" ; "si elle est menaçante, elle doit être menacée".

Dans le même temps, en ce qui concerne l’agression turque, Hollande montre le bout de l’oreille : ce qu’il reproche à Erdogan, ce ne sont pas ses ingérences en Syrie, mais sa seule expédition contre les Kurdes, dont il parle par ailleurs avec cette teinte de mépris significatif : "J’avais prévu d’associer les Kurdes aux discussions sur l’avenir de la Syrie" (?). Il sous-entend d’ailleurs que lorsque l’impérialisme turc soutient et finance des groupes terroristes contre le gouvernement syrien, il n’y a rien à dire. C’est ainsi que la condamnation ne concerne pas leur présence dans la Goutha, mais leur départ ! Et les journalistes du Monde de surenchérir en écrivant : "Pour la Turquie, vous appelez l’OTAN à agir", alors que rien, dans l’interview lui-même, n’appelle à agir contre Erdogan si ce n’est pour évoquer l’interdiction de survoler la Syrie que devrait adopter l’ONU (ce qu’elle ne fait pas à cause des Russes).

Par contre, et sans jamais amener une seule preuve, Hollande reprend à son compte toutes les campagnes mensongères sur l’utilisation prétendue par Damas d’armes chimiques et de bombardements contre les civils. On ne s’étonnera pas d’ailleurs qu’il n’évoque ni la présence massive d’armes françaises parmi les djihadistes de la Goutha, ni les témoignages concernant la fabrication d’armes chimiques par lesdits rebelles, ou leur utilisation des civils comme boucliers humains ! Mais là encore, il vend la mèche en déclarant : "Les lignes rouges ne peuvent concerner les seules armes chimiques, car cela implique à chaque fois de démontrer leur utilisation et de prouver quel côté l’a fait". Autrement dit, il faut trouver le moyen d’attaquer la Syrie et de la mettre en accusation, ainsi que ses alliés, sans être obligé d’apporter les preuves de ce qui est avancé, ce que permettent (plus facilement, pense-t-il) les accusations de bombardements des civils (Rappelons la fausse nouvelle du bombardement de la population libyenne par Kadhafi en 2011). Et d’autre part, pourquoi ramener la question au gaz sarin, alors que les mercenaires amis de Hollande et les moyens d’information ne parlent abondamment que de bombes au chlore ?

Le PCRF condamne avec fermeté les gesticulations verbales irresponsables d’un personnage tellement discrédité par sa politique, qu’il n’a pas osé se représenter aux élections présidentielles. L’impérialisme français doit cesser ses ingérences meurtrières dans les affaires intérieures syriennes et laisser le peuple syrien décider de son avenir. Il exprime sa solidarité avec le Parti Communiste Syrien.

Maurice Cukierman
Secrétaire Général PCRF

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