Holiday Inn Clichy : grève courageuse !

Depuis le 19 octobre 2017, la majorité des femmes de chambre, gouvernantes, plongeurs et équipiers de la sous-traitance avec leur syndicat CNT-SO et avec le soutien de la CGT-HPE, sont en grève reconductible à l’hôtel HOLIDAY INN de CLICHY, qui appartient au groupe INTERCONTINENTAL.

Il faut savoir que dans la plupart des structures hôtelières, il n’a jamais été établi de fiche de poste. Selon la structure, on peut demander aux femmes de chambre de nettoyer, dans une journée de 8 heures de travail, entre 15 et 20 chambres. À l’Holiday Inn de Clichy, on leur demande de faire entre 20 et 25 chambres. Les femmes de chambre finissent leur service plus tard, mais les heures supplémentaires n’ont jamais été payées. Les plannings changent constamment et elles travaillent six jours sur sept. Les deux jours de repos consécutifs sont supprimés. Cette situation concerne non seulement des femmes de chambre, mais aussi des gouvernantes, des équipiers et des plongeurs. Ces travailleurs invisibles sont payés au SMIC hôtelier, dont le taux horaire est parmi les plus bas en France.
Ces travailleurs, en grande majorité des travailleurs immigrés, sont employés d’une entreprise sous-traitante, Héméra, qui gère le nettoyage de l’hôtel Holiday Inn de Clichy. Ils ont pris conscience qu’ils sont surexploités, et arrêter la grève sans obtenir leurs revendications signifierait le retour à l’esclavage moderne qu’ils subissent dans la sous-traitance hôtelière.

Les revendications sont :
• l’internalisation chez Holiday Inn et leur embauche directe
• le respect des contrats de travail
• la suppression de la clause de mobilité
• l’augmentation des qualifications et des salaires avec le passage en catégorie B
• le respect des accords de site passés avec l’ancienne société, sur la durée du travail
• le paiement de toutes les heures travaillées
• le versement d’une prime de panier, comme pour les salarié(e)s de l’hôtel
• l’attribution d’une prime de 13ème mois, égale à 1/12e du salaire annuel
• la suppression de l’abattement de 8 % sur la base des cotisations
• l’élection de délégués de proximité au sein de l’hôtel Holiday Inn Clichy

La direction de l’hôtel et de la société de nettoyage restent inflexibles, mais les grévistes espèrent que l’issue sera positive. Bien que leur nombre ait progressivement diminué, car beaucoup ont subi des pressions, il y a toujours 11 ouvrières de nettoyage qui continuent la grève. Depuis, plusieurs manifestations ont été organisées, une caisse de grève a été établie, avec la contribution de notre Parti, une délégation composée des syndicalistes est partie à Londres et conjointement avec des camarades anglais, a manifesté devant le siège de l’Intercontinental. Pour information le maire de CLICHY avait pris un arrêté interdisant aux grévistes de manifester devant l’hôtel ! Sur la base de cet arrêté, la BAC est violemment intervenue le 30 et le 31 décembre 2017 en confisquant la sono de la CGT-HPE.

Le PCRF apporte son soutien massif aux grévistes. Il ne faut jamais oublier qu’il y a une contradiction fondamentale entre les intérêts des patrons et ceux des exploité-es. Moins les patrons payent, plus ils empochent. Et comme écrivait Engels : La société capitaliste est obligée de couvrir avec le manteau de la charité les maux qu’elle engendre. L’hypocrisie conventionnelle prétend qu’il existe des intérêts communs entre exploiteurs et exploités, et que si ces derniers n’en conviennent pas et commencent à se rebeller et à défendre leurs droits, c’est la plus noire des ingratitudes. Quant à l’État, il est un instrument de la classe capitaliste pour exploiter et réprimer les travailleurs et travailleuses. Il trouvera toujours de l’argent pour les guerres et le pillage des richesses des autres pays, mais ne réprimera jamais un patron qui ferme une entreprise pas assez rentable à son goût et jette des milliers de travailleurs à la rue.

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