Fichage renforcé : un pas de plus dans la fascisation de l’Etat capitaliste !

Décidément, chaque jour qui passe révèle la sombre réalité de ce « monde d’après » promis par Emmanuel Macron, un monde où la casse des libertés démocratiques est bien en marche...

Ainsi en est-il de 3 décrets ministériels adoptés discrètement le 4 décembre 2020, pour modifier le Code de sécurité intérieure  : ces décrets permettront à la police et à la gendarmerie d’élargir le fichage des personnes considérées comme "dangereuses sécurité publique" sur de nouveaux critères, dont "  les opinions politiques, les convictions philosophiques ou religieuses, l’appartenance à une organisation syndicale  ", les comportements et habitudes de vie, les pratiques sportives, la santé, voire d’éventuels troubles psychologiques ou psychiatriques.

Il faut d’abord analyser objectivement chacun de ces 3 décrets qui concernent des fichiers créés sous la présidence de Nicolas Sarkozy  : le fichier « PASP » (Prévention des atteintes à la sécurité publique), le fichier « GIPASP » (Gestion de l’information et prévention des atteintes à la sécurité publique) et le fichier « EASP » (Enquêtes administratives liées à la sécurité publique). Tous ces fichiers permettent « de recueillir, de conserver et d’analyser les informations qui concernent des personnes dont l’activité individuelle ou collective indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique » et notamment les informations qui concernent les "personnes susceptibles d’être impliquées dans des actions de violence collectives, en particulier en milieu urbain ou à l’occasion de manifestations sportives" .

Ces 3 décrets ont pour point commun d’élargir l’ensemble des données pouvant être collectées. Les « déplacements », la « pratique et » le « comportement religieux » sont concernés, alors que ceux-ci relèvent de la sphère privée. Les « identifiants utilisés » avec les « activités sur les réseaux sociaux » sont également concernés, ce qui annonce la fin de l’anonymat sur Internet et les réseaux sociaux, permettant le renseignement des opinions politiques et philosophiques. Les liens « avec des groupes extrémistes » sont aussi signalés, alors que l’adjectif « extrémiste » est un terme juridiquement inexistant, ce qui constitue, avec le renseignement des données sur les « activités publiques ou au sein de groupements ou de personnes morales », une atteinte à la liberté d’association et au droit de manifester.

Plus grave encore, des données intimes telle que les « faits dont la personne a été victime  », les « facteurs familiaux, sociaux et économiques » ou encore les « données relatives au troubles psychologiques ou psychiatriques » sont aussi collectées. Les personnes morales (syndicats, partis, associations…) sont elles aussi concernées par ce fichage, alors qu’elles en étaient exclues auparavant. De plus, l’article 3 des décrets autorise la collecte et le traitement des informations relatives à «  des opinions politiques, des convictions philosophiques, religieuses ou une appartenance syndicale  » ainsi que « des données de santé révélant une dangerosité particulière. »

Ensuite, toutes ces données collectées sans contrôle des juges pourront également être utilisées dans le cadre d’une enquête judiciaire par les procureurs de la République, selon l’article 6 des décrets.

Pour terminer, l’ajout de la notion juridique de «  sûreté de l’État » à côté de celle de « sécurité publique » dans plusieurs articles de ces décrets est également très grave, alors qu’aucun contrôle judiciaire n’est exercé sur ce fichage et que cette notion est très large. Alors que 43 500 personnes sont déjà fichées au fichier PASP et 40500 au fichier GIPASP, la généralisation du fichage des personnes sera inévitablement renforcée.

Avec la loi relative à la « sécurité globale » et la loi « confortant les principes républicains », ces 3 décrets confirment la volonté d’Emmanuel Macron et du gouvernement Castex d’accentuer la répression contre les luttes des travailleurs, luttes qui ne cessent de gagner en importance, face à l’avalanche destructrice des plans de licenciements, des fermetures de sites et des dégradations multiples subies par les salariés dans leurs rémunérations et leurs conditions de travail. Depuis l’éclatement de la pandémie mondiale de Covid-19, la crise générale du capitalisme-impérialisme s’est intensifiée, s’accompagnant d’une intensification des mesures de répression pour étouffer toute contestation qui pourrait remettre en cause ce système d’exploitation.

Aujourd’hui les luttes pour la préservation des emplois et des sites industriels et celles pour la défense des conquêtes et des libertés démocratiques représentent les deux faces du même combat de classe.
C’est pourquoi le Parti Communiste Révolutionnaire de France, dans le cadre de sa campagne « Accusons le capitalisme », appelle à la constitution d’un large front social et démocratique pour rassembler toutes les victimes du capitalisme-impérialisme, et préparer les conditions de son renversement.

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