EDF : Soutien aux luttes contre "HERCULE" !

Le PCRF exprime son total soutien aux travailleurs d’EDF en lutte par la grève massive et les mobilisations, depuis l’été 2019, et notamment le 19 septembre 2019.

Ci-dessous l’analyse du PCRF concernant le projet scélérat de scission appelé "Hercule" :

Rétrospective

Rappelons que le 8 avril 1946, est votée la loi sur la nationalisation de l’électricité et du gaz, présentée et ardemment défendue par le Ministre communiste de la production industrielle Marcel Paul du Conseil National de la Résistance (CNR), malgré l’opposition violente des gaullistes du MRP (Mouvement Républicain Populaire). Sous ce rapport de force à l’Assemblée Nationale, la France a fait le choix d’un service public de l’énergie qui intègre les activités de production, de transport, de distribution, de commercialisation, de recherches et d’innovations. Il s’appuie sur le principe de l’égalité de traitement pour chacun des consommateurs et la péréquation tarifaire, c’est-à-dire un prix unique du kilowattheure quelle que soit la zone géographique desservie.
C’est en juin 1996, 10 ans après l’Acte unique de 1986 décrétant la libéralisation du secteur, qu’est adoptée la directive européenne sur l’ouverture minimale à la concurrence pour les gros consommateurs et l’accès des tiers sur les réseaux de production autres que celle d’EDF.
Depuis cette 1ère étape sur la libéralisation des industries électriques et gazières, l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité et du gaz ne cesse de s’accentuer malgré de nombreuses grèves et oppositions à cette privatisation rampante, menées majoritairement par des militants de base CGT.
En 2004, EDF et GDF, qui étaient depuis 1946, service national, EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial) deviennent des sociétés anonymes. L’État cède 15 % de sa participation dans l’électricien national et 12 % dans le capital gazier.
En 2006, le débat parlementaire sur GDF et Suez se conclut par une fusion. En 2015, GDF-Suez est privatisé sous le nom d’ENGIE.
En 2008, l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence opère la séparation des activités en créant 2 filiales du secteur en sociétés anonymes : le transport devient RTE « Réseau du transport d’électricité », la distribution d’électricité devient ERDF « Électricité Réseau Distribution France » et celle du gaz GRDF « Gaz Réseau Distribution France », filiale à 100 % d’ENGIE. Pour avoir un meilleur impact commercial, ERDF a pris le nom officiel d’ENEDIS en mai 2016 et continue d’assurer sa mission de service public.
En 2011, la loi Nome (Nouvelle organisation des marchés de l’électricité) oblige EDF à vendre un quart de sa production électrique nucléaire à des fournisseurs privés. Ces adversaires du service public appliquent des tarifs déréglementés. (voir IC n° 103 – page 2).
En ce jour, en 2019, nous constatons que l’ouverture du marché à la concurrence et aux actionnaires fait grimper les prix y compris les tarifs régulés d’EDF qui ont augmenté de plus de 36 % en 10 ans et au 1er juin 2019, nous venons de connaître une nouvelle augmentation de 5,9 % du prix de l’électricité, puis au 1er août une 2ème augmentation de 1,23 % (rattrapage des tarifs bloqués cet hiver sous la pression des Gilets jaunes).
Toujours dans cette course effrénée pour augmenter les tarifs de l’énergie, la Commission européenne met en demeure 8 pays d’ouvrir à la privatisation leurs barrages électriques. En France, ce sont 150 barrages qui seraient livrés aux spéculateurs, alors que c’est un patrimoine qui appartient à la nation et ne doit pas être démantelé au bénéfice des intérêts privés capitalistes.
Et actuellement, le PROJET HERCULE, plan porté par le PDG Jean-Bernard Lévy, sous les directives du gouvernement Macron, prévoit une scission d’EDF en deux unités distinctes.
Un EDF bleu détenu à 100 % par l’État, comprenant l’exploitation des 19 centrales nucléaires actuelles, les projets nucléaires futurs avec Framatome, les centrales hydroélectriques et RTE « le réseau de transport ».
La partie verte, la plus lucrative pour les monopoles, serait ouverte à la concurrence et regrouperait la branche commerce, les énergies renouvelables (hors hydraulique) et ENEDIS « réseau de distribution ».

Répression syndicale

Les discriminations syndicales, principalement à l’égard des militants CGT, qui s’opposent à toutes ces tractations capitalistiques sont en hausse constante. Ils sont victimes de procédures et de sanctions par les directions qui ont la volonté de leur faire payer leurs combats de syndicalisme de lutte de classe.
La liste est longue, car c’est une explosion de plus de 300 dossiers disciplinaires en cours qui vont de la convocation au commissariat à l’entretien préalable en passant par la commission de discipline.
Mais pour illustrer nos dires, prenons quelques exemples récents. À Gaz et Électricité de Grenoble, une déléguée CGT est en arrêt « accident du travail » lié à l’acharnement de la direction contre elle et au harcèlement qu’elle subit depuis des mois. Ses collègues adhérents CGT subissent également en permanence : attaques, dénonciations, coups fourrés, procédures disciplinaires et sanctions sans communes mesures.
A Carrières sous Poissy (Yvelines), trois militants CGT d’ENEDIS ont été victimes de mesures répressives sévères pour avoir récupéré un touret abîmé voué à la décharge (grosse bobine en bois servant à enrouler les câbles électriques). Accusés d’avoir commis un vol, alors qu’ils avaient rapporté le touret, les mesures prises par la direction sont disproportionnées : mise à la retraite d’office équivalent à un licenciement, rétrogradation et mise à pied.

C’est pourquoi le PCRF se bat aux côtés de tous ceux qui refusent de se laisser faire !

Cet été, une campagne d’information par tract pour alerter l’opinion publique sur la nocivité du projet « HERCULE » a été lancée par l’intersyndicale FNME-CGT, CFE-CGC Énergies, FNME-FO et FCE-CFDT pour sensibiliser la population sur l’avenir d’EDF et pour s’opposer à la casse de l’entreprise. (voir tract sur notre site internet).

S’agissant du bien commun qu’est l’électricité, secteur qui a transféré des dizaines de milliards d’argent public vers des intérêts strictement privés au profit des monopoles et des actionnaires, c’est l’ensemble de la nation qui est concernée.

Dans cette perspective, le PCRF appelle à toute initiative commune pour combattre ce projet scélérat et à participer à la journée nationale de grève prévue par l’intersyndicale le jeudi 19 septembre 2019.

Pour notre Parti, il s’agit également de faire barrage aux directions d’EDF/GDF qui font payer aux militants et aux syndiqués leurs mobilisations et leurs actions de syndicalisme de lutte de classe, alors que ces derniers défendent avec courage et détermination l’outil de production de ces deux énergies vitales : l’électricité et le gaz, patrimoine service public de tous les citoyens, obtenu en 1946 grâce à un ministre communiste, mais qui est attaqué brutalement par les requins capitalistes et leurs actionnaires qui ne supportent pas cette situation et veulent se réapproprier en totalité cette richesse produite par les travailleurs.

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