EDF/GDF : 75ème anniversaire de leur nationalisation, NON à Hercule et Clamadieu !

Alors qu’en ce 8 avril 2021, on célèbre les 75 ans d’existence du service public de l’électricité et du gaz nationalisé sous l’égide du Conseil National de la Résistance et de Marcel Paul, Ministre communiste de la Production Industrielle en avril 1946, nous constatons que jusqu’en 1996, ce secteur énergétique a fait ses preuves en assurant aux usagers : péréquation tarifaire, continuité de l’alimentation des énergies et tarifs les plus bas d’Europe.

Puis il a connu de violentes attaques des gouvernements successifs avec la mise en vigueur de la loi sur la transposition de la directive européenne, en changeant le statut d’EDF en société anonyme, entraînant la filialisation des activités de transport et de distribution, et la privatisation en marche de GDF.

Après le plan d’économies annoncé en juillet 2020 pour EDF (voir IC n° 159/160), c’est à présent le projet Hercule, de plus en plus musclé pour EDF, et le plan Clamadieu, scénario de démantèlement d’Engie, qui pourraient les fragiliser, car il s’agit d’imposer la concurrence à marche forcée, amenant à la libéralisation et privilégiant la rentabilité financière au détriment d’assurer les dispositions du service public.
- Le projet Hercule qui prévoyait dans un premier temps de séparer EDF en deux unités : un EDF Bleu (activités qui resteraient nationalisées) et un EDF Vert (activités les plus rentables avec ouverture du capital), évoque maintenant une troisième unité : EDF Azur qui gérerait les activités hydrauliques.
- Le plan Clamadieu qui a pour but la division de GDF en deux entités avec le distributeur de gaz GRDF et son transporteur ouverts à la privatisation.

Chez les deux opérateurs, on retrouve les mêmes marques d’une logique néolibérale : des investissements hasardeux à l’étranger pour s’inscrire dans la concurrence internationale, des plans d’économie en France, qui mettent en danger l’outil industriel et le service aux usagers, une menace sur le Statut des personnels et leurs conditions de travail et d’embauche.

L’État bourgeois, actuellement encore le premier actionnaire des deux entreprises, est prêt à brader le service public aux plus offrants, pour renforcer les monopoles privés. Ces derniers ne cachent pas leurs appétits, à l’image de Total qui convoite à la fois des concessions hydroélectriques d’EDF, des activités gazières et des énergies renouvelables d’Engie. Des industriels étrangers sont aussi sur les rangs, ainsi que des fonds d’investissements en attente de placements rentables.

L’enjeu social est important : les agents sont menacés dans leurs métiers, et la fin du service public signifie la fin de la péréquation tarifaire, le creusement des inégalités territoriales et l’aggravation de la précarité énergétique pour les usagers ; la lutte pour l’énergie publique est un enjeu de classe et doit être une cause populaire, d’autant que la réalisation des aménagements construits durant ces 75ans telles que centrales thermiques à fuel, charbon ou nucléaire, barrages hydrauliques,a été payée par nos impôts et que l’ensemble fait partie de notre patrimoine. A ce titre, nous devons empêcher le gouvernement de les privatiser en les bradant à des groupes privés.

Notons que cette libéralisation de l’énergie en Europe a pour modèle celle engagée au Chili en 1982 suite à un travail de plusieurs années mené par des économistes ultra-libéraux formés à l’école de Chicago et recrutés par le dictateur Augusto Pinochet. Mais cette ouverture à la concurrence, mise en œuvre aux États-Unis à la fin des années 1990 par la vente à des opérateurs privés qui ne cherchent qu’à réaliser des profits faciles, n’a pas eu les effets escomptés.Vendant à perte suite à des chutes spéculatives boursières, ils ont fait faillite ; ce qui a engendré en janvier 2001 un black out plongeant dans l’État le plus riche du pays de la première puissance mondiale une crise de l’électricité californienne, qui durera trois ans et coûtera plus de 40 milliards de dollars. Idem dans le Royaume-Uni de Margaret Thatcher qui, en 1982, s’inspire de la libéralisation chilienne pour brader au privé le réseau public des installations gazières.

Depuis plusieurs mois, les syndicats et majoritairement la FNME-CGT, sont engagés dans une lutte contre cette casse programmée du service public de l’énergie. Cela sera la fin des dispositions d’un réseau interconnecté et d’une péréquation tarifaire,si des entreprises privées concurrentes détiennent chacune une partie du réseau de distribution électrique ou gazier ; tout cela au détriment d’une entraide commune. On reviendrait 100 ans en arrière, quand il existait plus d’une centaine de petites sociétés ou régies municipales sur le territoire, supprimant ainsi l’unicité des services et tarifs due aux usagers.

Le PCRF soutient les revendications qui exigent le maintien « des missions d’opérateur public permettant l’accès de tous à l’électricité et au gaz », la fin de la privatisation et de la concurrence, et une renationalisation à « 100 % service public » avec le rétablissement d’EDF-GDF qui gèrent ensemble la production, le transport, la distribution et la commercialisation des énergies, avec contrôle sur les décisions et les orientations des agents et des usagers élus démocratiquement.Pour la défense de ces revendications, nous appelons à soutenir le rapport de force créé et les grèves aux côtés des travailleurs en lutte, pour dire NON à la casse d’EDFGDF et OUI à EDF-GDF nationalisé 100 % public.

Pour notre Parti Communiste Révolutionnaire de France, la solution durable à une énergie publique pour tous se trouve dans le bond qualitatif de la révolution, de la socialisation des entreprises et de l’État prolétarien.

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