Désinformation sur Cuba : Stop à l’agression impérialiste

Ces dernières semaines, les médias bourgeois ont largement fait état des manifestations soi-disant « pro-démocratie » qui auraient secoué la République de Cuba à travers toute l’île. Les manifestants auraient protesté contre « la dictature castriste » pour « plus de démocratie », « contre la pauvreté » qui serait provoquée non pas par le blocus américain mais par le régime communiste. Ainsi, la campagne de dénigrement d’un Etat souverain et avec une économie qui construit le socialisme continue. Le remplacement de Raul Castro, révolutionnaire historique, à la tête de l’Etat et du Parti Communiste de Cuba par Miguel Diaz Canel n’a pas empêché ce déferlement diffamatoire. En effet, on a assisté une manipulation à grande échelle aussi bien dans les médias que sur les réseaux sociaux, nouvelle arme bien exploitée par les impérialistes qui essaient de montrer que les mouvements populaires peuvent naître d’une initiative spontanée lancée sur internet. Bien évidemment, les manifestants n’ont pas avancé de revendications ou de mots d’ordre précis sur le plan social mais des banalités sur la prétendue liberté individuelle et la démocratie qui ne seraient pas possibles sous le socialisme. Rien n’a été dit sur les manifestations bien plus conséquentes des cubains qui sont descendus dans la rue pour défendre les acquis de la révolution, contre l’ingérence extérieure. Car il s’agit bien de la violation du droit des peuples à leur souveraineté puisque les foules manipulées par l’impérialisme contre l’Etat cubain agissaient objectivement dans les intérêts du grand capital qui veut remettre la main sur l’île pour qu’elle redevienne « son bordel géant ».

La « communauté internationale », constituée de principales puissances impérialistes dont les monopoles mènent une politique agressive, n’a pas tardé à réagir en condamnant les violences policières du régime qui auraient eu lieu à l’encontre des manifestants. Alors qu’en France par exemple, le discours sécuritaire du gouvernement se renforce, les policiers qui répriment les travailleurs sont soutenus par les partis bourgeois, y compris sociaux-démocrates (PS, etc.) ou sociaux-réformistes (PCF, FI etc…), les violences policières ne posent pas problème à la classe dominante. Les sociaux-démocrates américains soutiennent les manifestants contre le gouvernement de Diaz Canel, preuve que leur prétendue lutte contre les inégalités aux Etats-Unis ne sert qu’à alimenter leur démagogie inter-sectionnelle afin de jouer sur le mécontentement populaire pour augmenter leurs scores électoraux et soutenir Joe Biden qui continue la politique impérialiste des grands monopoles. Jamais ils ne s’attaquent aux vraies raisons des problèmes, aussi bien aux Etats Unis, en France ou en ce qui concerne Cuba, où les pénuries sont provoquées non pas par le régime mais le blocus criminel avant tout condamné unanimement par184 pays dans le monde.

Ces événements sont d’autant plus scandaleux que dans les conditions de crise sanitaire depuis plus d’un an et demi, la politique médicale de l’Etat cubain a permis non seulement de bien gérer la situation sur l’île et de développer son vaccin mais aussi d’aider les autres Etats en envoyant des médecins partout dans le monde, y compris en Europe. Le maire de Miami, Francis Suarez, cubain d’origine, a même appelé l’Etat américain à procéder à une intervention militaire ouverte sur l’île sous couvert de défense des populations qui seraient victimes du régime. Cette éventualité a été écartée par le gouvernement fédéral car cette situation a provoqué une nouvelle tension inter-impérialiste dans les Caraïbes, la Chine et la Russie s’étant rangés du côté de Cuba. Ils ont annoncé qu’ils seraient prêts à apporter toute l’aide nécessaire à Cuba afin de faire face à une possible intervention américaine. Le Vénézuela a également assuré Cuba de son soutien militaire. Ces contradictions entre les plus grandes puissances jouent en faveur de la sauvegarde de la souveraineté cubaine pour l’instant. En s’assurant le soutien de la Chine et de la Russie, la République de Cuba se prémunit contre l’agression impérialiste américaine, même s’il ne faut pas se faire d’illusions sur la nature des Etats chinois et russe, qui participent aussi au jeu de l’impérialisme mondial en cherchant leur place sur la carte et en essayant de gagner, pour leurs monopoles, plus d’influence dans la région.
Dans les processus qui se déroulent à Cuba, il est clair que le rôle de l’influence extérieure est important mais il faut aussi noter que les éléments petit-bourgeois jouent un rôle particulier. L’idéologie petite bourgeoise persiste malgré tout et est un produit interne de certaines réformes de marché qui sont menées aujourd’hui à Cuba. Lors de la mise en place de la politique de la NEP en URSS dans les années 1920, Lénine prévenait déjà que certains éléments du capitalisme régulé par l’Etat socialiste pendant un certain temps n’étaient pas forcément un danger pour la construction du socialisme. En revanche, les éléments petit-bourgeois et l’idéologie qui les accompagne peuvent constituer ce danger en l’absence d’une solide dictature du prolétariat comme dans la Russie de la NEP qui était vue comme un recul provisoire nécessaire pour mieux détruire les positions et privilèges acquis par la bourgeoisie.
Chaque concession au marché fait naître chaque jour un certain nombre de petits propriétaires. Et cela est bien évidemment utilisé par le grand capital mondial et l’impérialisme, par les éléments réactionnaires qui organisent des actions contre-révolutionnaires. C’est pourquoi, lorsque l’Etat socialiste tolère tactiquement des éléments de petite production marchande dans l’économie (et non des monopoles), dans tous les cas, il est nécessaire de lutter pour le caractère révolutionnaire et prolétarien du parti, de continuer à tracer et travailler à la nouvelle offensive du socialisme, pour des formes de socialisation complète. En aucun cas il ne faut supposer que le parti communiste peut exprimer les intérêts à la fois de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie, voire des grandes entreprises. Dans ce cas, l’inévitable lutte politique de classe sera transférée sous des formes latentes au sein du parti lui-même et le résultat en sera dommageable.
Les défis que le socialisme cubain, son gouvernement et le Parti Communiste ont devant eux sont nombreux et complexes, et seuls le sacrifice et la résistance de la population et le travail quotidien des communistes pourront y faire face avec efficience et respect du processus révolutionnaire vers la défense des acquis de la lutte, et pour la conquête de nouvelles victoires.
A Cuba, nous assistons à des manifestations qui utilisent déjà des slogans anti-socialistes et réclament un changement de système politique. Nous avons déjà vu cela par le passé et nous savons très bien à quoi cela mène.