Derichebourg, Conduent : Entre chantage à l’emploi et délocalisation...

…, guerre de classe contre le virus de l’exploitation capitaliste !

Annoncé par Emmanuel Macron alors que le confinement battait son plein, le « monde d’après » a petit à petit commencé à montrer son vrai visage : un monde dans lequel la casse du Code du travail et le piétinement des conquêtes sociales et démocratiques des travailleurs s’accentuent, avec un démantèlement des services publics qui s’intensifie, un chômage et une précarité qui gagnent un terrain toujours plus important, des projets de destructions d’emplois (pour Renault, Nokia et Airbus notamment) et de fermeture de sites industriels (Flins, Caudan…) qui s’aggravent. La finalité de cette tendance est claire : faire payer les pots cassés de la crise actuelle aux travailleurs. La bourgeoisie monopoliste dispose également d’un arsenal juridique et législatif introduits par les 40 ans de politique réactionnaire et antisociale menée par les gouvernements successifs, et dont les travailleurs en payent aujourd’hui le prix.

Selon une information confirmée le 9 août 2020 par France Bleu Haute-Garonne, 163 salariés seront licenciés de chez Derichebourg Aéronautics Services, branche aéronautique du groupe Derichebourg et sous-traitant des monopoles de l’industrie aéronautique que sont Dassault et Airbus. Ces 163 salariés seront licenciés pour « cause réelle et sérieuse », parce qu’ils se sont opposés un accord dit « de performance collective » qui prévoit l’abandon de l’indemnité de transport et de repas et «  la suppression du 13ème mois pour les salariés qui gagnent plus de 2,5 fois le SMIC.  » Toujours selon France Bleu, la paye des plus bas salaires de l’entreprise sera diminuée de 8,56 euros par jour, soit 20% en moyenne de ces salaires. Cet accord a été conclu le 12 juin 2020 entre la direction et le syndicat de collaboration de classe Force ouvrière, majoritaire dans l’entreprise. De leur côté, la CFE-CGC et l’Unsa Aérien se sont prononcés contre. Selon Philippe Faucard, délégué syndical Unsa, «  La direction nous propose de perdre 8 à 10 % de salaire pour montrer à Airbus qu’elle baisse ses coûts. C’est assez surprenant d’en arriver là au bout de deux mois alors que nous percevons les aides de l’État et que Derichebourg est un grand groupe coté en Bourse. »

À la mi-mai, Muriel Pénicaud, alors encore ministre du Travail, vantait les mérites des « accords de performance collective ». Ce dispositif a été introduit par les ordonnances « réformant » le Code du travail de 2017 au début du mandat présidentiel d’Emmanuel Macron. L’ « accord de performance collective » (selon la novlangue de la bourgeoisie monopoliste et de l’État capitaliste) est un outil de casse des salaires et des conditions de travail par le chantage à l’emploi. « Soit vous acceptez une casse de vos conditions de travail et de vie, soit on licencie en masse », tel est l’objet de ce chantage de plus en plus posé par le grand capital. Car en effet, les entreprises ont de plus en plus recours à ce dispositif (elles étaient 350 le 13 juillet 2020), alors que celles-ci touchent des aides de l’État. Cela traduit l’état de parasitisme social du grand capital qui ne cesse de se renforcer. Pour finir, ce dispositif communique l’illusion du « dialogue social » (autre terme pour désigner la « cogestion »), qui n’est que l’acceptation de reculs considérables pour les travailleurs par des syndicats de collaboration de classe.

L’ex-prestataire de PSA et entreprise américaine de téléconseil, Conduent, a licencié les 304 salariés à Roubaix. Cette décision est entrée en vigueur le 3 août 2020. Désormais, les appels des clients de Peugeot, Citroën et DS tomberont dans un centre d’appels à Casablanca, au Maroc. Si la direction de l’entreprise a réévalué le budget formation qui est passé de 1,37 million d’euros à 1,5 million d’euros, cela n’a pas été le cas pour l’indemnité de licenciement : 900€ brut par téléconseiller pour 2 ans d’ancienneté. Le délégué syndicat SUD du site roubaisien juge cette prime « ridicule », et se dit « écœuré par la rapidité de la procédure et la brutalité de l’annonce en pleine période de vacances. » Il est important de noter que l’État est actionnaire de PSA à hauteur de 13%. Sans commentaires.

L’intensification des attaques de la bourgeoisie monopoliste contre le peuple travailleur trouve sa source dans la pandémie de Covid-19. Cette dernière a contribué à aggraver la crise générale du capitalisme, et les solutions du grand capital restent invariablement la casse des salaires et des conditions de travail, l’allongement du temps de travail, et l’exacerbation de la concurrence entre monopoles à la recherche de nouveaux marchés, avec l’escalade des violences et le danger de guerre accru que génère cette compétition.

La lutte des travailleurs de Derichebourg et de Conduent, pour préserver leurs acquis et leurs emplois, est légitime pour eux-mêmes comme pour l’ensemble de la classe ouvrière victime de la barbarie capitaliste.
Cette lutte ne trouvera son débouché durable, en matière de garantie de l’emploi et du salaire, qu’avec la perspective révolutionnaire du renversement de ce système de production toujours plus obsolète et destructeur qu’est le capitalisme.
C’est ce à quoi travaille le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) qui invite les travailleurs à le rejoindre dans ce combat historique.

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