Danone, Bridgestone, Hydro-GE casseurs d’emplois... Accusons le capitalisme !

Annoncé par Emmanuel Macron lors du premier confinement en France, le « monde d’après » tombe le masque et promet d’être pire que celui d’avant. La casse et la précarisation du travail s’accentuent tout aussi clairement que la répression contre les travailleurs, le caractère réactionnaire et antisocial de la politique menée et la situation catastrophique de l’hôpital public. Les plans sociaux et les fermetures d’entreprises se multiplient depuis mai 2020, menaçant le tissu industriel des territoires, les savoirs-faire et les emplois d’un nombre toujours plus croissant de travailleurs.

Le 23 novembre 2020, Danone a annoncé, par la voix de son PDG Emmanuel Faber, la suppression de 1500 à 2000 emplois dans le monde, dont 400 à 500 en France. Le plan d’ « adaptation » du monopole français de l’agroalimentaire, baptisé « Local First », prévoit 1 milliard d’euros d’économies d’ici à 2023 dont «  une baisse de ses frais généraux et d’administration de 700 millions d’euros  » et l’introduction de « nouvelles sources de productivité industrielle permettant de réduire de 300 millions d’euros le coût des produits vendus  » par une digitalisation et une robotisation renforcées des unités de production selon un communiqué de l’entreprise. Ce dernier définit « Local First » comme un «  plan par lequel » est redonnée « de l’autonomie aux organisations business locales, partout, au plus près du terrain », pour regagner « en agilité, en efficacité et en compétitivité.  » Derrière ce jargon managérial, les syndicats dénoncent des « restructurations […] qui ne sont que des plans pour faire plaisir à la place financière  » (CGC), et une « mission pognon » à accomplir (CGT).

Bridgestone, monopole japonais de pneumatique et leader mondial de ce secteur, prévoit la fermeture de son usine de Béthune employant 863 salariés. Parmi les actions de lutte, citons la création de l’association « Les Affranchis de Bridgestone  », soutenue par le syndicat CGT de Cargill Haubourdin, qui a organisé des manifestations devant le site et lancé une bataille judiciaire pour ordonner le maintien de l’activité de l’usine. Freddy, un membre de la jeune association, affirme : «  Ça fait 16 ans que je suis là, ça fait 4 ans que je vois l’entreprise en train de chuter, la production est en train de chuter, il y a zéro investissement. » ; témoignage confirmant la stratégie d’abandon, de la part de monopoles qui, au nom d’une prétendue « compétitivité problématique », organisent la casse industrielle et économique de certains territoires.

L’activité "Hydro" de General Electric, basée à Belfort, est menacée de fermeture, entraînant la suppression d’au moins 90 emplois au total. Là encore, la riposte des salariés ne s’est pas fait attendre, avec, le 24 septembre, l’action d’environ 150 salariés qui ont déployé des banderoles, bloqué la sortie d’une turbine à gaz de l’usine, et se sont allongées sur le sol pour symboliser "le carnage industriel et la destruction d’emplois". « General Electric, servi par leur direction en France, poursuit sa marche vers le saccage des compétences et des talents présents à Belfort », a ainsi dénoncé l’intersyndicale du site. Cette décision du groupe General Electric est à recontextualiser dans le vaste plan de suppression de 753 emplois, annoncé en septembre dernier par le monopole américain de l’électrique, par la restructuration de 2 de ses divisions : les équipements pour barrages hydroélectriques (GE Hydro) en France et les lignes à haute tension (GE Grid Solutions) en Europe. «  La filière hydro est bénéficiaire, même si sa croissance, de l’ordre d’1 % par an, est modérée et n’intéresse pas un fonds de pension américain  », d’après des salariés, avant d’ajouter que « là, on est en train de brader le pays  » soulignant que « le nucléaire et l’hydro fonctionnent ensemble. » «  L’hydro, c’est aussi la gestion de l’eau, y compris pour l’agriculture. Ce qui est en jeu dépasse de loin l’emploi de 90 personnes.  »

Cette situation, que de très nombreux travailleurs et territoires connaissent aujourd’hui, est causée par l’évolution du capitalisme. Ce régime à son stade actuel, l’impérialisme, est caractérisé par une phase d’obsolescence et de pourrissement toujours croissant. La baisse tendancielle du taux de profit s’accentue et le parasitisme ainsi que les contradictions de ce mode de production sont exacerbés. Pour contrecarrer ces derniers, les monopoles doivent toujours plus pressurer les travailleurs pour en dégager plus de plus-value au moindre coût possible. Le chômage, la précarité et la casse sociale, la casse industrielle des territoires et celle des savoirs-faire et des compétences s’accentuent donc. La pandémie mondiale de Covid-19 aiguise toutes les contradictions du mode de production capitaliste au stade impérialiste et montre donc que loin d’être la solution, ce dernier est LE problème.

Heureusement la riposte des travailleurs continue de s’organiser et de gagner en importance, malgré des conditions très difficiles dues à la pandémie de Covid 19. Le peuple-travailleur y exprime son refus catégorique de ce « monde d’après » fait de casse sociale généralisée, de précarisation croissante du travail et des conditions de vie, de démolition des savoirs-faire et de sape aiguisée du tissu économique et industriel des territoires. Une victoire complète des travailleurs est possible mais seulement si, au-delà du bras de fer légitime engagé contre leur patronat, les travailleurs, unis par leur solidarité de classe exploitée, combattent également les fausses solutions du réformisme. Contrairement aux discours de la France Insoumise (LFI) de Mélenchon et du PCF de Roussel, le capitalisme n’est pas aménageable dans un sens plus « humain » ou « plus favorable » aux travailleurs avec l’adoption de politiques keynésiennes. Le pourrissement et le parasitisme de ce mode de production allant croissant, il est impossible que l’Etat capitaliste, instrument de la domination de la classe exploiteuse, impose aux monopoles tels que General Electric ou Bridgestone de sauver les emplois et l’outil industriel. Seule une lutte de classe de grande ampleur pourra le faire céder provisoirement sur ces revendications. De plus le syndicalisme réformiste est totalement intégré aux stratégies du patronat et des monopoles capitalistes, comme le prouve l’ancienne présidente du Conseil australien des syndicats (ACTU) devenue Secrétaire Générale de la Confédération syndicale Internationale (CSI) Sharan Burrow qui a été cooptée au conseil de surveillance de Danone, et qui veille donc à ce que le plan « Local First » soit respecté.

Dans le cadre de sa campagne « Accusons le capitalisme !  », le Parti Communiste Révolutionnaire de France exprime son total soutien aux travailleurs chez General Electric, Bridgestone et Danone, en lutte pour refuser la casse des emplois et la précarisation promise par la direction de ces entreprises. Il appelle l’ensemble de la classe ouvrière à la constitution d’un large front social et démocratique pour rassembler toutes les victimes du capitalisme-impérialisme, poser la question fondamentale de la propriété des moyens de production et d’échange, et finalement renverser ce mode de production, afin d’aller vers la construction d’une société socialiste.

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