Crise énergétique et régime capitaliste : les deux faces d’une même pièce destructrice…

Depuis l’automne 2021, le monde connaît une crise énergétique inédite, qui continue à gagner en ampleur. Les causes en sont multiples : d’abord la forte reprise économique mondiale depuis la fin de la pandémie de Covid-19, puis la guerre impérialiste en Ukraine, et certains effets du dérèglement climatique tels que les vagues de chaleur et la sécheresse persistante.

La guerre impérialiste en Ukraine s’est traduite par une nouvelle série de sanctions de la part des États-Unis et de l’Europe contre la Russie. Une liste de marchandises interdites d’importation depuis la Russie a été dressée et comprend notamment « le pétrole brut et les produits pétroliers raffinés », ainsi que le charbon « et d’autres combustibles fossiles solides. » L’offre de pétrole, de charbon et de gaz étant plus réduite et la demande toujours plus grande, les prix continuent de flamber. La France et l’Europe se tournent alors vers d’autres pays fournisseurs comme la Norvège, le Qatar, l’Azerbaïdjan, voire les États-Unis, en important du gaz naturel liquéfié (GNL). Flexible, facilement stockable et transportable, cette solution a par contre le défaut d’être plus coûteuse, à cause de la construction et de l’exploitation d’usines de liquéfaction, le stockage dans des cuves sécurisées, et l’affrètement de navires méthaniers pour la livraison. Elle n’est pas écologique à cause du transport maritime, et les tensions sur le marché du gaz naturel liquéfié (GNL) font augmenter les prix et accentuent les risques de pénurie.

La sécheresse due à la canicule, quant à elle, fait baisser les niveaux d’eau des fleuves et des rivières. C’est le cas du Rhin, pour l’Allemagne, dont la navigation est rendue très compliquée par la forte baisse du niveau du fleuve, rendant plus difficile encore l’approvisionnement des centrales thermiques en combustibles. De même, la Norvège, à cause de la baisse des niveaux de stockage d’eau, a décidé de réduire fortement ses exportations d’électricité vers l’Europe.

Il y a aussi la France qui abaisse la production d’électricité de certaines de ses centrales nucléaires, alors que d’autres centrales bénéficient de dérogations pour rejeter de l’eau plus chaude que d’habitude, au détriment des écosystèmes et de notre environnement. La crise énergétique y revêt un caractère particulier, suite à la mise à l’arrêt de la moitié des réacteurs nucléaires, suite à un problème de corrosion pour certains. La France, qui risque une pénurie d’électricité pour l’hiver prochain, en importe aujourd’hui davantage qu’elle n’en exporte.

Cette crise énergétique, en partie provoquée par la crise climatique, l’accentue également. Le « monde d’après » s’annonce donc pire que celui d’avant…

Les conséquences se font durement ressentir sur les travailleurs, car ce sont d’abord eux qui sont confrontés à la hausse des prix de l’énergie, sans que les salaires suivent. Alors que les prix flambent et que les travailleurs engagent des luttes dans les entreprises pour des augmentations de salaire, la première ministre Elisabeth Borne a déclaré vouloir laisser faire le patronat, et privilégier le versement de primes plutôt que des augmentations de salaire. C’est d’ailleurs ce que prévoit la loi sur le pouvoir d’achat, adoptée début août, avec par exemple le triplement de la « prime de pouvoir d’achat, renouvelée pour un maximum de 3000 euros à 6000 euros si accord d’intéressement, pour les salariés payés en dessous de 3 fois le SMIC  ». Aucune contrainte n’est imposée au patron, qui décide de la verser ou non, en modulant éventuellement la somme pour mieux diviser les travailleurs, sans contribuer au financement du système social actuel (Assurance chômage, Sécurité sociale…).

Également le spectre du chômage partiel guette. Déjà en Allemagne, BASF, monopole de la chimie, réfléchit à mettre une partie de ses salariés au chômage partiel. Les travailleurs de l’industrie des matériels de chantier le sont déjà, faute de matières premières suffisantes notamment.
En France, le gouvernement a prolongé les possibilités de recours au chômage partiel de longue durée, dans son « plan de résilience ». Le patronat a par ailleurs demandé à avoir « recours à une activité partielle renforcée pour des entreprises qui n’ont pas d’autres solutions », selon Patrick Martin, président délégué du Medef. Le chômage partiel est un dispositif permettant à une entreprise connaissant des difficultés temporaires, de réduire l’activité des salariés. Ces derniers perdent beaucoup de leur pouvoir d’achat, car ils touchent une indemnité correspondant à environ à 72 % du salaire net horaire. Financé par l’État et l’Unedic, ce dispositif se révèle toujours plus parasitaire, car il contribue à creuser la dette de l’Unedic et de l’État. Le chômage partiel est une arme du patronat pour sécuriser l’accroissement des profits face à des conjonctures handicapantes au détriment des travailleurs. Car il se traduit, pour eux, non seulement par une perte importante de pouvoir d’achat, mais aussi par une future casse des emplois et des conditions de travail. La facture est donc toujours plus salée pour les travailleurs et leurs familles.

Pour sortir de cette crise, le capitalisme n’est pas la solution, il est bel et bien LE problème ! Fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange entre les mains d’une minorité d’exploiteurs, et sur l’accroissement infini des profits dans un environnement toujours plus concurrentiel, ce mode de production, dont la crise générale s’aggrave de plus en plus, est de moins en moins capable de répondre aux besoins des travailleurs, et devient toujours plus parasitaire et destructeur.

Tout d’abord, les mesures politiques prises par Macron et le gouvernement Borne concernant le pouvoir d’achat répondent aux intérêts de cette même minorité qui possède les moyens de production et d’échange pour renforcer l’exploitation des travailleurs au maximum et accroitre toujours plus leurs profits. L’appareil d’État et la politique dictée par celui-ci ne sont pas neutres, car l’État est l’instrument de domination et de satisfaction des intérêts de la classe dominante de la société, ici la bourgeoisie des monopoles.

C’est pourquoi les discours de politiciens sur une transition écologique vertueuse, dans le cadre du capitalisme, relèvent du mensonge. Prenons l’exemple de la production et de l’installation d’éoliennes ou de panneaux solaires : ceux-ci sont une nouvelle source juteuse de profits, alors que leur impact sur l’environnement n’est pas à négliger. Une vraie transition écologique, digne de ce nom, fondée sur les moyens suffisants donnés à la recherche publique et sur une planification raisonnée de la production, répondrait aux besoins de la société, à la préservation des écosystèmes et de notre environnement, tout en préservant le pouvoir d’achat des travailleurs. Mais cela est impossible sous le capitalisme-impérialisme.

De plus, l’actuelle crise énergétique aggrave les tensions inter-impérialistes, car le gaz et les hydrocarbures constituent des ressources stratégiques au cœur du partage actuel du monde. À l’origine de ce phénomène se trouvent les intérêts des monopoles capitalistes, pour l’accroissement des profits dans un environnement toujours plus concurrentiel. Le choix de la France de se tourner vers le gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des États-Unis est une aubaine pour Total Énergie, monopole français de l’énergie. Outre le fait que le monopole a été retenu depuis fin juillet 2022 pour le projet de terminal flottant dans le port du Havre, ce dernier investit et noue toute une série de partenariats outre-Atlantique : signature d’un protocole d’accord en avril 2022 avec 3 autres entreprises du secteur pour l’extension d’un terminal de production et d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) sur le sol américain, acquisition des activités de Toshiba dans le gaz naturel liquéfié (GNL), et même investissement dans l’énergie solaire avec l’acquisition de la majorité des actions de Sunpower en 2011 et le rachat de Core solar en avril 2022. De plus, Total Énergie, tout comme Gazprom, monopole russe du gaz, investissent en Afrique, continent devenu un des terrains d’affrontement inter-impérialiste, notamment entre la France et la Russie, à cause de son abondance en gaz, en hydrocarbures et en matières premières, ainsi qu’aux potentiels de son marché. L’intensification des affrontements inter-impérialistes contribue aussi à augmenter les prix du gaz et de l’électricité ainsi que le danger de guerre.

La crise de l’énergie démontre aussi que le capitalisme-impérialisme est structurellement instable, puisque les différents secteurs de la production sont inégalement développés en France, comme dans le reste du monde capitaliste. Suite à l’aggravation de l’anarchie de la production et à un développement toujours plus inégal des forces productives selon les intérêts des monopoles, cette instabilité se fait toujours plus grande et menaçante pour les travailleurs. Et les crises s’aggravent.

Néanmoins une politique alternative à celle de la bourgeoisie des monopoles est possible, pour protéger les emplois et le pouvoir d’achat des travailleurs et de leurs familles, protéger les outils industriels et leurs activités, ainsi que préparer une transition écologique réelle et profonde. Elle ne peut se réaliser qu’avec le renversement révolutionnaire du capitalisme-impérialisme et l’édification du Socialisme-Communisme par le peuple-travailleur. Fondé sur la propriété collective des moyens de production et d’échange entre les mains de tous les travailleurs de la société, sur l’établissement de leur appareil d’État et de leur dictature de classe sur les exploiteurs, et sur une planification centralisée et démocratique de la production pour répondre aux besoins des populations et des territoires, il représente la solution aux problèmes engendrés par le capitalisme-impérialisme.

Depuis la fin de la pandémie de Covid-19, les travailleurs engagent des luttes courageuses pour des augmentations de salaire et la préservation des outils industriels. Ces luttes ainsi que celles qui se produiront dans le futur ne demandent qu’à s’intensifier et à se consolider, sur le long terme, en un unique front de classe pour l’augmentation des salaires, de meilleures conditions de travail et de vie, ainsi que des embauches massives.
C’est à cela que le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) travaille. Et c’est pour ces raisons que notre Parti a lancé les campagnes « Accusons le capitalisme  », et notamment « Contre la vie chère  » et « Pour l’emploi  », afin de mobiliser les travailleurs, sur des axes de lutte relatifs à la vie quotidienne, pour le renversement révolutionnaire du capitalisme-impérialiste et l’édification du Socialisme-Communisme.

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