Covid19 : ne rien lâcher contre le Capital !

Nous voici donc au centre de l’épidémie de Covid19, isolés par un confinement généralisé. L’Italie est ravagée par la pandémie. Un tiers de l’humanité, fin mars, est confinée. Du jamais vu !
Mais en même temps, rien ne serait plus faux que de réduire cette situation à l’apparition d’un nouveau virus mortel.
La pandémie a, en effet, mis au jour la profondeur de la crise du capitalisme qui se prépare. L’explosion virale a eu pour cadre ce qu’on a appelé la mondialisation impérialiste, qui a accompagné la contre-révolution en URSS et en Europe de l’Est, et qui s’est développée dans les lieux de concentration de la production, de la consommation et des échanges, que sont la Chine (où la main-d’oeuvre est bon marché...), l’UE et les Etats-Unis.
Du coup, la politique unilatéraliste de Trump a reçu le soutien de ses pairs : c’est à qui veut profiter de l’occasion pour financer ses monopoles, accentuant la crise de l’UE. Cette dernière craque sous les contradictions. Le financement public ouvert de l’entreprise capitaliste est de nouveau à l’ordre du jour, le gouvernement français allant jusqu’à évoquer la possibilité de « nationalisations » (des pertes, puis on reprivatisera les profits...). Les sommes mises à la disposition du capital – et ne soyons pas naïfs, c’est le grand capital qui en bénéficiera... – sont extraordinaires, tandis que, dans tous les grands pays capitalistes, la santé publique est dans un état de ruine que les grands mouvements revendicatifs en France ont souligné jusqu’à la veille de la pandémie. Macron promet d’investir dans l’hôpital (public ?) après la crise ; demain on rase gratis ! Et significativement, si le chômage partiel est pris en charge par l’Etat, que les patrons voient leurs charges fiscales à nouveau réduites, et qu’il leur est promis qu’ils n’auront pas de pertes, les salariés mis au chômage partiel, eux, ne toucheront que 80% de leur salaire, tandis que le droit du travail est de nouveau attaqué (obligation de prendre une partie des congés payés sur décision des patrons pendant le confinement, remise en cause des 35 heures, semaine à 60h possible…).
Les décisions prises sont des décisions de classe.
Aussi faut-il rejeter toute Union Sacrée avec le pouvoir, et ne pas le lâcher. Le mécontentement est à son comble : n’oublions pas que le pays vient de vivre une période de lutte de classe intense autour de la contre-réforme des retraites, que le gouvernement s’est déconsidéré en recourant au 49/3 pour gagner du temps.
Mais la réalité, c’est qu’en annonçant les mesures de confinement, Macron a aussi annoncé le gel des contre-réformes en cours ! Il faut dire qu’entre temps, la majorité présidentielle s’est pris une claque majeure au premier tour des municipales, arrivant en troisième position là où souvent on l’attendait en tête ! Bien sûr que Covid19 a joué dans le taux record d’abstention, mais force est de constater qu’il a moins joué pour les autres forces politiques ; ce que souligne le phénomène de la « prime au sortant ». Finalement, après avoir renoncé à suspendre le premier tour des municipales, le gouvernement a reporté le second tour. Mais le confinement n’est pas neutre. Il a été instauré avec retard, car une partie de la bourgeoisie est contre (comme Trump), ayant peur de ses effets sur la crise.
Une fois adoptée, la mesure dévoile ses limites : les cadres et les travailleurs qualifiés « bénéficient » du télétravail (ce dont le patronat rêvait), mais les ouvriers dans l’industrie, les employés de commerce, les travailleurs des transports, etc. se retrouvent soit au chômage partiel, soit, pour beaucoup d’entre eux, contraints de travailler sans protection suffisante pour leur santé, et … sans cadres présents sur place.
D’autre part, les coups portés au système de santé depuis la fin du siècle dernier par l’ensemble des forces politiques de la bourgeoisie, avec le soutien de l’UE, se font jour : manque de masques, de gel, d’appareils respiratoires, de lits, de personnels... En fait, quand l’épidémie a été annoncée, l’appareil administratif de la santé, dont la politique se caractérise depuis des décennies par ses attaques contre le secteur de santé (hôpital public et personnels de santé), cet appareil et le gouvernement se sont révélés incapables d’anticiper les besoins. On préférait critiquer la Chine, cherchant quelle crise les mesures prises par le gouvernement chinois allaient déclencher dans sa population ! Le capitalisme chinois était accusé de déclencher la crise économique. On le voit bien aujourd’hui, quel que soit le type de politiques que les bourgeoisies mettent en œuvre, toutes débouchent sur l’aggravation de la crise.
Par ailleurs, dans l’UE, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, la gestion de la crise sanitaire est à tout le moins défectueuse : manque de planification, retard sur les mesures de confinement, mesures contradictoires, sans oublier ce que nous avons vu plus haut sur le caractère de classe des mesures prises.
Face à cela, comment ne pas saluer la politique de Cuba, qui non seulement a pris les mesures qui s’imposaient pour protéger sa population, mais a mis en œuvre une politique de recherche d’un vaccin, et apporté sa solidarité en envoyant des médecins là où on le lui demandait : au Venezuela bien sûr, mais aussi en Italie, une des grandes puissances impérialistes, membre de l’UE, dont la politique anticubaine est largement alignée (avec des nuances) sur celle des Etats-Unis , et dans les DOM-TOM (La France incapable d’envoyer de métropole le personnel médical nécessaire à la santé de ses propres citoyens d’Outre-Mer ?!). L’Italie qui, par contre, n’a à aucun moment reçu une quelconque solidarité de l’UE, mais s’est fait voler du matériel chinois par la République Tchèque ! Oui, le socialisme a fait de Cuba une grande puissance de la solidarité que nous saluons.
Nous allons affronter des jours difficiles, car le capital va tenter de reprendre l’initiative en profitant de la tendance des directions syndicales à la collaboration de classe au nom de la lutte contre le Covid19.
Retraites, défense du service public hospitalier (et un plan d’urgence à la hauteur des besoins, car de l’argent il y en a, quand il s’agit d’aider la bourgeoisie...), augmentation de nos salaires, retrait des lois scélérates de ces dernières années... Il faut se préparer dès maintenant.

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