Confinement ou déconfinement : en finir avec la bourgeoisie monopoliste !

Nous sommes entrés dans la période de déconfinement. Il faut souhaiter que l’on puisse y rester. Cependant la question n’est pas là, mais dans le fait que c’est toujours la bourgeoisie qui domine, et donc que toutes les mesures qui sont prises, quelles qu’elles soient, ont un caractère de classe.

Ainsi le confinement a-t-il permis l’adoption de la loi sur l’état d’urgence sanitaire, véritable brûlot contre la classe ouvrière et l’ensemble des travailleurs et travailleuses, tandis qu’une partie des ouvriers de l’industrie et du commerce (comme chez Amazon) étaient eux sacrifiés à la loi du profit et à la politique militaire de l’impérialisme français. Cela a permis l’adoption de la loi sur le traçage, loi liberticide dans la mesure où elle va permettre à la police un suivi plus actif de secteurs entiers de la population.

En même temps, le confinement a mis davantage en lumière le scandale du mal logement, les familles entassées dans des logements trop petits (et pas seulement les familles nombreuses), l’inégalité d’accès à Internet et aux instruments numériques, à un moment où le gouvernement tentait de profiter de la situation pour imposer l’extension d’un système de vidéoconférence dans l’Education nationale, lui permettant de déglinguer encore un peu plus notre système scolaire !

Sur le plan économique, le gouvernement prenait en charge le chômage partiel dans les PME (84% du salaire !), les dispensant de cotisations sociales, leur affectant 45 milliards d’euros d’aides diverses ! En réalité, ces sommes sont destinées à éviter que tout le système de sous-traitance des monopoles ne s’effondre, et anticipent sur la crise économique et l’explosion du chômage.

Pourtant, l’expérience montre que les mesures de confinement (dans une diversité de formes) ont joué un rôle fondamental pour limiter le développement du Covid19 dans des pays différents socialement, tels que Cuba, la RPDC, mais aussi la Chine et la Corée du Sud intégrés à la pyramide impérialiste, ou le Venezuela et le Vietnam. Mais en France, il n’y avait pas de masques, pas de tests, pas de gel hydroalcoolique et pas assez… de lits d’hôpitaux, de personnel soignant, à la suite de la politique de démantèlement du service public de santé, commencée en 1983, poursuivie tout au long des années par la droite classique comme par la social-démocratie, mais accélérée depuis 2017 !

Et face au confinement, quelle était l’alternative ? Pour le grand patronat, le maintien de tout le monde au travail ! Le déconfinement, quant à lui, n’a pas d’autre raison d’être que le profit maximum de la bourgeoisie monopoliste et des groupes financiers. Et cette attitude de la bourgeoisie est commune à tous les pays capitalistes ; là où ce type de politique s’est imposé, on voit bien son caractère de classe. C’est la classe ouvrière qui a subi les pertes les plus fortes et la partie d’entre elle la moins qualifiée, la plus paupérisée : aux Etats-Unis, ce sont particulièrement les travailleurs d’origine afro-américaine, mais aussi les latino-américains ; en Suède, ce sont les travailleurs immigrés.

Et maintenant ? Le jour d’après ? ’’Tout le monde est beau et gentil ?’’ Ce n’est sûrement pas la bonne voie. L’heure est à la mobilisation des travailleurs et travailleuses, au refus d’obéissance aux injonctions du pouvoir (interdiction des manifestations, déjà contournée par les travailleurs en lutte de Bretagne, de Maubeuge et les sans-papiers et leurs soutiens à Paris), tout en respectant les consignes de sécurité.
Car profitant de l’occasion, la bourgeoisie s’apprête à une offensive de grande ampleur pour faire porter sur notre dos le poids de la crise économique qui s’annonce. Le Covid19 n’en est pas la cause, il en est le révélateur. Car celle-ci s’annonçait depuis plusieurs mois, la pandémie ayant accéléré les faits. C’est le capitalisme sa cause. C’est en luttant contre lui que nous pouvons faire reculer ce pouvoir qui met 5 milliards à la disposition de Renault sans discuter, alors que celui-ci va fermer des sites, mettant des milliers de travailleurs à la rue.

Dans ce contexte, le syndicalisme de classe doit faire front et les travailleurs et travailleuses doivent dénoncer le syndicalisme de trahison de classe porté par la CFDT, mais accompagné par la direction confédérale et Martinez : durant la période du confinement, la direction de la CGT a en effet signé avec le MEDEF, la CFDT, l’UNSA et FO un texte de soutien à la politique sanitaire du gouvernement, et pire encore, elle vient de signer un texte avec les autres « syndicats » français membres de la CES et la DGB allemande, pour soutenir les propositions Merkel-Macron à la commission de Bruxelles. Si ce n’est pas un ralliement à l’Union Sacrée, un abandon de l’indépendance du mouvement syndical, un alignement sur les positions du syndicalisme de trahison de classe, alors qu’est-ce que c’est ?

Nous allons aborder une période difficile, avec un pouvoir qui veut pousser l’avantage pour la bourgeoisie. Significative est la « négociation sur la santé », menée par Nicole Notat (ex secrétaire Générale de la CFDT). Il y a 500 milliards à la disposition des monopoles, mais aucun chiffre d’avancé pour la santé publique, les salaires du personnel hospitalier…

Il faut donc faire face, assurer une mobilisation plus importante encore que pendant la lutte contre le démantèlement des retraites. D’autant que nous avons un gouvernement qui appelle à l’Union Sacrée, mais qui voit une érosion spectaculaire de sa base d’appui politique, perdant sa majorité absolue à l’Assemblée Nationale, confronté aux affaires lyonnaises de Gérard Collomb, bref un gouvernement que la bourgeoisie avait choisi pour régler la crise politique, en redéfinissant les cadres politiques, et qui en fait l’a aggravée.

En remontant nos manches, en nous appuyant sur la classe ouvrière et sur la masse des travailleurs, on peut enrayer l’offensive de l’adversaire et le faire reculer, tout en mettant en échec les tentatives de la social-démocratie de se refaire une santé sur notre dos, et en évitant le piège « ultra-libéralisme ou néo-keynésianisme ».

L’adversaire, c’est la bourgeoisie et son pouvoir. Il faut les renverser. Nous vivons l’ère du passage du capitalisme au socialisme !

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