Climat : la manipulation

Nous assistons aujourd’hui à une exploitation irraisonnée et déraisonnable des ressources de la planète. Rappelons-le, chaque année à partir du 1er août, nous avons exploité toutes les ressources que la terre peut produire en un an. Et chaque année, nous vivons de plus en plus tôt à crédit.
Les articles se multiplient, les scientifiques alertent, les peuples en prennent de plus en plus conscience, les jeunes expriment leurs inquiétudes, y compris devant le Parlement européen, en ce jour d’élections européennes.

Est-ce un cri dans le vide ?

Le rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) paru le 8 octobre dernier, est plus que préoccupant. Selon eux, il faut impérativement limiter la hausse des températures à 1,5° : au-delà, les conséquences seraient catastrophiques. Ainsi, les efforts à fournir sont colossaux et 2018 restera dans les livres comme étant l’année du record d’émission du CO2.

Que pouvons-nous faire ?

Sommes-nous nécessairement condamnés à nous limiter à l’action par la voie personnelle (limiter sa consommation, recycler, prendre le vélo plutôt que la voiture) et donc laisser nos dirigeants agir ? Malgré tous les semblants d’action opérés par ces derniers, nous voyons bien que la situation n’est pas près de s’arranger. Les mesures et les réformes sont comme un Godot que nous ne pouvons plus attendre.

Le problème semble donc se situer autre part : bien que ces actions soient nécessaires au quotidien, la question de l’environnement est avant tout politique, c’est-à-dire à une plus vaste échelle que celle de l’action individuelle. Attendre que les gens changent de manière volontariste, dans les conditions actuelles, c’est rester dans le cadre d’une utopie meurtrière.

Or, comment pouvons-nous tous changer quand la société dans laquelle nous vivions cautionne la pollution de masse des entreprises pour les profits des patrons ?

Le problème est que la question du climat est instrumentalisée par le gouvernement Philippe/Macron. Ce problème de l’environnement sert la manipulation des masses par l’État bourgeois. Il faut se rappeler l’élément déclencheur du mouvement des Gilets Jaunes. Au début de celui-ci, c’est la taxe sur les carburants qui avait cristallisé toute la colère qui n’arrivait pas à s’exprimer. Pour des millions de travailleurs, c’est l’étincelle qui avait mis le feu aux poudres. Contraints de vivre dans la périphérie à cause de la spéculation immobilière, contraints de travailler dans des zones d’activité de plus en plus éloignées, contraints de fréquenter les grandes surfaces commerciales par la disparition des commerces de proximité, contraints d’utiliser l’automobile parce qu’il n’y a pas de transport en commun ou qu’ils ne sont pas adaptés, les travailleurs, mais aussi les habitants des zones rurales, les retraités et les chômeurs, se voient agressés une fois de plus par le gouvernement et le Président de la République, qui leur mentent sans pudeur pour faire passer leur politique. Les taxes pétrolières et l’ensemble des mesures contre les automobilistes n’ont que peu à voir avec la prétendue transition énergétique ou écologique. Derrière cette démagogie écologiste, la loi Macron permet le développement du transport par autocar diesel. On parle de la pollution de l’air par les automobiles, mais cela n’empêche pas ce gouvernement de s’attaquer à la SNCF en fermant les petites lignes, les gares de campagne et en supprimant des trains. Le transport du fret par camion se développe au détriment du rail. Le prix des billets augmente parallèlement au prix de l’essence et à trois personnes, le coût du voyage en voiture reste plus bas que celui du train.

Macron explique qu’il s’agit de financer la transition énergétique. Si quelqu’un doit financer, ce sont ceux qui, depuis les années cinquante du siècle passé, ont imposé le tout routier : les pétroliers, les constructeurs automobiles, les monopoles du BTP comme Bouygues et Vinci. Et pas les travailleurs qui eux ont subi cette politique.

Avec le "Grand Débat", mieux nommé "Grande Escroquerie », Macron a tenté une nouvelle opération de diversion. Dans ce débat, on y avait ajouté le débat obligatoire sur l’environnement dans les lycées. Dans le même temps, une large publicité a été faite pour des appels émotionnels à des grèves pour l’environnement prétendument lancées par de jeunes lycéens et lycéennes. Ceux et celles qui se sont mobilisés contre la réforme Blanquer et "Parcours -Sup" n’ont pas eu droit à un tel traitement médiatique. Visiblement l’environnement à bon dos : aussi importantes que soient les questions soulevées, il s’agit de détourner la jeunesse des autres problèmes auxquels elle est confrontée : l’avenir bouché par le chômage, le renforcement de la sélection sociale, l’endettement, les difficultés matérielles dramatiques auxquelles une partie de plus en plus grande de cette jeunesse est confrontée. On veut utiliser la jeunesse et l’environnement pour justifier la politique réactionnaire, y compris en matière d’environnement, d’un gouvernement aux abois.

C’est sur cette lancée que s’est créé le mouvement international de la grève étudiante pour le climat. Dans ce mouvement, la personnalité de l’adolescente suédoise Greta Thunberg a été mise en avant, au point d’en faire une nouvelle idole pour le combat pour l’écologie. Cette jeune militante s’est rendue au forum économique mondial de Davos, là où chaque année se réunissent les dirigeants politiques et les entrepreneurs (les capitalistes) des plus grandes puissances impérialistes. En 2019, le nouveau président fasciste du Brésil, Jair Bolsonaro, a été présent aux côtés des premiers ministres japonais, allemand, ou espagnol. Sans doute que ces individus sont avant tout préoccupés par les problèmes de l’écologie …

Ce que les militants écologistes doivent comprendre, c’est que la lutte pour la question environnementale est indissociable de la lutte des classes. C’est bien le mode de production capitaliste qui met en danger la planète et le climat, car ce régime est conditionné par la course aux profits permanente et non par les besoins de la population. Seule la production socialiste planifiée, prenant en compte ces besoins, peut régler la question de l’environnement dans l’intérêt des travailleurs et de la population en général et non dans celui des grands groupes capitalistes.

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