Armistice 1918 : 100 ans après la fin de la boucherie impérialiste...

Le 11 novembre 1918, l’armistice mettait fin à la première guerre mondiale, guerre impérialiste s’il en fut, pour le contrôle des marchés, des sources de matières premières, des capitaux, des routes commerciales, des colonies. L’impérialisme français se considérait comme le grand vainqueur. Mais cette guerre ne fut pas stoppée par la victoire d’un camp, comme l’a prétendu sur un ton grandiloquent le Président de la République ! Elle le fut par la Révolution d’Octobre et par la montée de la révolution allemande : la classe dirigeante allemande a préféré mettre fin à la guerre sans défaite plutôt que de prendre le risque d’un nouvel Octobre !
Il est évident que l’objectif du représentant de l’impérialisme français n’était pas de faire connaître cette vérité. Aussi avons-nous eu droit à la foire aux banalités sur la paix préférable à la guerre, sur l’horreur des conditions de vie (de mort) des soldats, sur la mémoire…
Mais il n’a pas dit un mot sur les rivalités impérialistes avant 1914, sur les massacres dans les colonies qui préparaient ceux en Europe, sur l’incompétence meurtrière des gouvernements avant la guerre (les pantalons garance, l’absence de casque …) et de ce commandement militaire, belle brochette d’assassins, envoyant à la mort les soldats pour se faire valoir. Aux uns et aux autres il a envoyé des fleurs, trémolos dans la voie, pour avoir été de prétendus stratèges pour les premiers (il a dû en rabattre sur Pétain, mais sans toutefois s’excuser), et pour avoir souffert, ou être tué ou blessé pour les autres !
Pas un mot pour dénoncer l’arrogance des représentants de l’impérialisme français, les Foch et les Clémenceau imposant le diktat (mot non prononcé à ma connaissance) de Versailles au rival allemand, pas un mot pour condamner ce diktat qui devait être la base idéologique du revanchisme de l’ensemble de la bourgeoisie allemande : de l’ancêtre de madame Merkel, Adenauer – présenté comme un héros pacifiste, lui l’homme du réarmement de l’Allemagne déjà sous le République de Weimar, avant de recommencer à Bonn – jusqu’aux hitlériens.
Pas un mot sur les souffrances, de par la faute de l’impérialisme français, des ouvriers, des familles populaires allemandes. Il a préféré évoquer les projets d’Union européenne de Briand qui visaient, déjà, la réconciliation des bourgeoisies impérialistes ou plutôt leur alliance contre leur peuple et les peuples du continent. Évoquant à La Villette, devant plus de soixante chefs d’État de pays impérialistes ou dominés par les grandes puissances impérialistes, la situation internationale dangereuse actuelle, Emmanuel Macron a osé se référer à ceux qui avaient mis fin au conflit, après en avoir été les dirigeants (il faut tout de même se rappeler que ceux qui ont mené la guerre ou l’ont soutenue sont les mêmes que ceux qui font les traités de 1919-1920 et la Société des Nations !).
Mais alors qu’il avait invité le criminel Netanyahou, l’ami de Bolsanaro, il n’a pas dit un mot sur le crime permanent dont est victime le peuple palestinien, ni sur l’occupation illégal du plateau du Golan ou des fermes libanaises. Pas un mot non plus (pourtant c’est la mode chez ses pairs) pour condamner l’Arabie Saoudite, et sa guerre criminelle contre le Yémen menée avec des armes françaises ! Alors qu’il n’y avait pas quinze jours que celui qui nous jouait la symphonie du pathos, avait écarté tout embargo militaire sur ses amis saoudiens !

Il faut regretter que la mobilisation contre la venue de Trump n’ait pas été à la hauteur. Cela dit, il aurait été préférable que le rassemblement soit dirigé contre la commémoration de la victoire de l’impérialisme français et de ses alliés, et contre la menace que fait courir l’impérialisme comme système en crise chronique sur la paix. Contre Trump, bien sûr, mais contre les dirigeants de l’UE dont Macron, Merkel et Térésa May, contre Poutine, Nétanhyaou … le roi du Maroc qui mène la guerre contre les Saharaouis etc. ; sinon le risque, c’est la récupération par un secteur de l’impérialisme (UE, Clinton-Obama) contre un autre soi-disant plus dangereux, plus "fascisant". C’est le risque d’alimenter de nouvelles moutures de l’Union Sacrée de 1914. Une partie des groupes féministes et des écologistes semblent d’ailleurs s’inscrire dans une telle démarche, La classe ouvrière ne choisit pas un camp contre l’autre, elle se bat pour renverser l’impérialisme et établir le communisme qui permettra de construire un monde sans guerre et écologiquement équilibré tout en satisfaisant les besoins de l’humanité.

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