Air-France-KLM : ce qui se cache derrière "l’aide" de l’État bourgeois...

Alors que la pandémie de Covid-19 fait toujours rage en France, le gouvernement Castex poursuit inexorablement la ligne ultra-réactionnaire et anti-sociale, menée depuis 2017 sous l’égide d’Emmanuel Macron, le ’’Président des monopoles’’.
Le plan d’aide de 4 milliards d’euros au groupe Air-France-KLM, élaboré par l’État français, a été validé par Bruxelles le 6 avril 2021, lui permettant ainsi d’augmenter sa participation au capital de l’entreprise à hauteur de 30% contre 14,3% jusqu’à présent.

Mais cette validation par l’UE a été soumise à une condition : qu’ « Air France […] [mette] à disposition des créneaux horaires à l’aéroport de Paris Orly, où [elle] détient une puissance significative sur le marché  », donnant ainsi « aux transporteurs concurrents la possibilité d’étendre leurs activités dans cet aéroport  ». 18 créneaux horaires seront donc cédés par Air-France-KLM à des compagnies privées. Autre exigence de la commission européenne : que l’injection de capital par l’État français ne dépasse pas « le minimum nécessaire pour garantir la viabilité d’Air-France […] et pour rétablir [sa] situation de fonds propres [d’]avant la pandémie. »
Le ministre de l’économie Bruno Le Maire peut bien afficher sa satisfaction, en prétendant que la cession de 18 créneaux à l’aéroport Paris Orly est « tout à fait raisonnable », la réalité de ce « plan d’aide », c’est qu’il s’effectue clairement au détriment des salariés du groupe, qui, sous l’effet de la concurrence accrue avec des compagnies low cost, vont voir s’accentuer les dégradations en matière d’emplois, de salaires et de conditions de travail.

Les conditions de validation de cet accord mettent en lumière le rôle que joue l’Union européenne comme gendarme de la « concurrence libre et non faussée » (Traité de Maastricht), affirmant : « Tout État voulant apporter une aide de recapitalisation d’un montant supérieur à 250 millions d’euros à une entreprise très puissante sur les marchés sur lesquelles elle opère, doit proposer des mesures supplémentaires pour préserver une concurrence efficace.  » Chacun a compris ce que signifient de telles « mesures supplémentaires », dans la course aux profits : suppressions d’emplois, pression sur les salaires, sur le temps et les conditions de travail...
Rappelons à ce sujet que l’UE, alliance inter-étatique, représente, à travers la notion de « marché commun », les intérêts communs des bourgeoisies des États membres, à savoir la croissance de leurs propres monopoles, le renforcement de leur compétitivité, et la confrontation commune avec le mouvement ouvrier. Dans ce cadre, l’autorisation de l’UE sur le capital d’Air-France en échange d’ouverture à concurrence sur certains segments aériens, correspond bien au traitement d’une entente autour d’intérêts communs à chaque monopole. Mais cette communauté d’intérêts ne fait disparaître ni la loi d’inégalité de développement entre États nationaux (sur laquelle s’appuie l’accumulation capitaliste) ni la concurrence et les contradictions à l’intérieur de l’UE (pensons aux disputes sur les masques, puis sur les vaccins, entre pays de l’UE...).

Dans ce cadre, la bourgeoisie française n’est pas ’’vassalisée’’ par l’UE, et elle peut en effet se satisfaire pleinement du plan réservé à Air-France-KLM, qui montre par ailleurs l’intensification du caractère parasitaire du capitalisme, puisque l’État capitaliste perfuse en permanence ses monopoles avec de l’agent public intégralement payé par les travailleurs. Dans la continuité des niches fiscales et des cadeaux fiscaux multipliés depuis des décennies par les gouvernements de « droite » comme « de gauche », de vastes « plans d’aide » viennent renflouer inconditionnellement les caisses des entreprises freinées dans leurs profits par les soubresauts de la crise systémique du capitalisme (en 2008 et depuis un an avec la pandémie de Covid-19).

C’est pourquoi le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) invite les travailleurs à intensifier leurs luttes pour la défense des emplois et pour l’augmentation des salaires, en reliant leurs revendications à la dénonciation de l’État capitaliste « vache à lait » des monopoles.
En lançant sa campagne « Accusons le capitalisme », le PCRF propose aux travailleurs en lutte de porter haut le drapeau des intérêts de la classe ouvrière, à travers des mots d’ordre tels que :
- Maintien de tous les emplois ! Interdiction des licenciements !
- Stop au ’’pognon de dingue’’ pour les monopoles casseurs d’emplois !
- Non aux privatisations ! Pour des axes de luttes qui remettent en cause la propriété privée d’Air-France et le rôle de l’État bourgeois.
- Travailleuses et travailleurs, unis contre nos exploiteurs et leur État bourgeois !

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