Accidents industriels en augmentation...

Accusons le capitalisme !

Fin novembre, une dépêche de l’AFP concernant le nombre d’accidents sur les sites industriels est restée étrangement peu ou pas relayée par les médias officiels.
Selon le Bureau des risques et pollutions industriels (le BARPI), ce nombre a augmenté de 34 % en deux ans en France, avec un impact croissant sur l’environnement et les populations. Le BARPI ajoutant : « L’année 2018, avec 1112 accidents et incidents recensés en France dans les installations classées, tend à montrer une évolution croissante de l’accidentologie par rapport aux années 2017 et 2016, avec respectivement 978 et 827. »

Concernant les seuls sites classés Seveso, c’est-à-dire les sites industriels présentant les risques d’accident les plus potentiellement dangereux, ceux-ci ont connu une hausse de 25% des accidents en 2018. Ces accidents ont « un impact environnemental beaucoup plus fréquent », « constaté dans 35% des cas en 2018 eu lieu de 25% en 2017 ». Quant aux conséquences humaines, le BARPI précise que, malgré un retrait sensible du nombre de blessés par rapport à 2017 (25 parmi la population dans 11 accidents), cela se fait «  au détriment […] d’une gravité plus prononcée. »

Rappelons que lors de l’incendie de Lubrizol, Macron et son gouvernement ont appelé à la « transparence la plus totale », alors que de la suie avait été retrouvée sur les terrasses et les voitures, sans compter les dépôts d’amiante retrouvés dans les jardins de riverains, et l’odeur nauséabonde due aux hydrocarbures et aux fûts brûlés qui provoquèrent maux de tête et nausées aux habitants. Cette opération de communication s’est effectuée alors qu’a été révélé le niveau de toxicité de bon nombre de produits brûlés, et que beaucoup de questions restent sans réponse aujourd’hui.

L’explication des résultats de cette étude est édifiante. Devant la commission d’enquête du Sénat sur Lubrizol, David Romieux (syndicaliste CGT) a affirmé que si le nombre d’inspecteurs est resté à peu près constant, le nombre de visite sur les sites classés a « baissé de 40% » (18 000 en 2018 contre 30 000 en 2006).
De plus, le BARPI pointe du doigt le recours à la sous-traitance, qui « n’est pas neutre en termes de maîtrise des risques notamment, car le prestataire connaît parfois mal les risques associés à des installations non familières. Les salariés du donneur d’ordre ne réalisant plus les gestes techniques peuvent perdre leur capacité à appréhender la qualité des travaux réalisés. »

Enfin, rappelons aussi que l’usine Lubrizol de Rouen, comme d’autres sites industriels comme l’usine AZF de Toulouse, appartiennent à des monopoles capitalistes. En effet, l’usine Lubrizol de Rouen appartient à Warren Buffett (4ème fortune mondiale, qui a déclaré «  Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner. »), et l’usine AZF de Toulouse appartient au groupe Total.

Alors, quel est le fond du problème, face à de tels constats ?

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France fait l’analyse suivante : le capitalisme comme mode de production fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange, conduit inévitablement à l’anarchie de la production, et instaure comme règle la recherche du profit maximal à tout prix, dans un environnement de « concurrence libre et non faussée » (sic !). De plus, ce régime traverse une crise devenue inextricable, liée à l’accentuation de la baisse tendancielle du taux de profit, à un environnement concurrentiel de plus en plus féroce, et à des dangers de guerre accrus entre impérialismes.
Notre bourgeoisie peut bien verser des larmes de crocodile au sujet du climat et de l’environnement, sa politique reste fondamentalement l’expression de la loi suprême du profit capitaliste : d’un côté, réduction des investissements et dépenses nécessaires à la sécurité des sites et des populations ; et d’un autre côté, recherche de conquête de nouvelles parts de marché sur le créneau de « l’écologie » et du « changement des modes de consommation », mais toujours au détriment des travailleurs(es), des peuples, des écosystèmes et des ressources limités de notre environnement.

Nous le voyons, l’enjeu écologique et environnemental est devenu une composante fondamentale du combat du peuple travailleur contre la bourgeoisie, contre son État et sa politique. En effet, le combat pour la préservation des écosystèmes passe par celui de la construction de grands pôles de services publics dotés d’une gestion centralisée et démocratique pour répondre aux besoins des populations et des territoires en matière de transport ou d’urbanisme, ainsi qu’un renforcement du statut des fonctionnaires dans leurs droits, leurs prérogatives et leurs devoirs. Également, le combat écologique et environnemental nécessite une politique active et volontariste d’éradication du chômage et de la précarité.

Or l’évolution du capitalisme montre que celui-ci n’est ni aménageable, ni réformable dans un sens environnemental, contrairement à ce que prétendent les discours réformistes.

La prise en compte de la préservation de l’environnement et des écosystèmes ne se fera que dans une société socialiste-communiste. C’est-à-dire une société dans laquelle le peuple travailleur sous la direction du prolétariat, ayant renversé révolutionnairement le capitalisme, aura organisé sa dictature sur les classes exploiteuses, aura socialisé les moyens de production et d’échange, et gérera la production selon une planification centralisée et démocratique en fonction des besoins des populations et des territoires.

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