Vivarte : soutien aux luttes pour l’emploi !

VIVARTE Banderole magasin La Halle

Vivarte est le plus gros groupe d’habillement en France : Kookaï, La Halle aux chaussures, La Halle aux vêtements, Pataugas, Naf Naf, André, San Marina, Caroll, ...
Tout a commencé à Nancy par une usine de chaussures en 1896. C’est en 2001 que le groupe André change de nom et devient Vivarte.
En 2004, le groupe Vivarte est racheté à hauteur de 55 % par un fonds d’investissement, la valse des achats/reventes commence. Les fonds d’investissement de gestion active tentent toujours de faire mieux que le marché, c’est-à-dire de battre les indices (CAC 40, ...), en achetant et vendant.
Quand il a été acheté par le groupe financier Chartered House en 2007, Vivarte engrange les bénéfices et surtout, on était dans la période où les prix s’envolaient et les niveaux d’endettement concédés par les banques étaient au plus haut. Il a donc été payé au prix fort. 3 milliards 200 millions d’euros via un « Leverage Buy Out », technique financière qui permet de faire payer par l’entreprise elle-même le coût de son achat. 3 milliards 200 millions dont l’essentiel s’est retrouvé au passif de l’entreprise, dans sa dette (c’est ça le principe du LBO). Une somme colossale, bien supérieure au chiffre d’affaire !
En 2008, la crise plombe les ventes. Mais il y a la dette à rembourser.
En 2014, quasi faillite, la dette est décotée, et c’est là, deuxième étape, que des hedge fonds « vautours » arrivent, catégorie de fonds de placement très peu réglementés et qui se spécialisent dans l’achat à bas prix de dettes émises par des débiteurs en difficulté. Ils rachètent la dette pour 800 millions d’euros, trois fois moins que ce qu’elle valait avant, injectent du capital et entrent aussi dans le conseil d’administration. Les 800 millions qu’ils ont apportés ont eux aussi été intégrés au passif de l’entreprise, donc se sont rajoutés à la dette que Vivarte doit rembourser. Ces "racheteurs de dette" ont injecté 500 millions dans l’entreprise, 500 millions qu’ils font aussi payer par l’entreprise à un taux d’intérêt de 11% ! Un taux énorme. Et pourtant, Vivarte continue à être rentable sur certaines marques que les fonds vont essayer de vendre par petits lots. Notons qu’aucun chiffre n’est disponible publiquement, car l’entreprise n’est pas cotée.
En 2015, Vivarte veut augmenter ses taux de profit et présente donc un plan de suppressions de postes portant notamment sur plus de 1300 travailleurs (sur 4 256) à La Halle aux Vêtements, son enseigne phare. Ces licenciements interviennent alors que dans le même temps, sont évoquées les indemnités de deux millions d’euros du PDG entre 2012 et 2014.
En 2016, le démantèlement par lots est en fait déjà entamé : cet été, trois enseignes, Kookaï, Chevignon et Pataugas, ont été mises en vente. Depuis, la direction cherche à céder Defi mode et la Compagnie vosgienne de la chaussure. En 2017, c’est le tour des enseignes André et Naf Naf. Aujourd’hui, il reste environ 15 000 postes en France d’après les syndicats, sans compter les cessions annoncées, et 22 000 dans le monde. Déjà la moitié des salarié-e-s, le plus souvent des femmes, sont à temps partiel et mal payé-e-s, et sont désormais sous la menace d’un licenciement. Le nouveau PDG s’appelle Patrick Puy, manager spécialisé dans les entreprises en crise..., passé notamment par Moulinex.

Les tenants du capitalisme, journalistes et réformistes de toutes espèces jusqu’à Sarkozy ou Hollande tout récemment, veulent nous faire croire que ce
type d’affaire est une anomalie, un excès du capitalisme. C’est tout le contraire ! Ce cas révèle sa nature spéculative et pourrissante :
- D’abord la loi de l’accumulation du capital s’impose à toutes les entreprises qui doivent grossir ou disparaître.
- La loi de l’anarchie de la production et de la concurrence prévaut également, alors que les enseignes d’habillement ont proliféré à l’intérieur même d’un seul groupe comme Vivarte.
- Enfin la fusion du capital bancaire et industriel est une caractéristique du capitalisme à son stade impérialiste où se sont formés des monopoles, des grandes entreprises dont les conseils d’administration sont aussi remplis de banquiers, comme l’a démontré Lénine. Cela n’est pas une exception avec Vivarte. C’est bien une extension du capitalisme des monopoles, où le capitalisme bancaire et industriel se nourrissant l’un l’autre, ont fusionné : c’est cela le Capital financier. Ce Capital financier n’est donc en rien l’ennemi du Capital industriel, ce dernier en étant partie prenante.

Les salariés du groupe d’habillement ont encore manifesté en janvier, alors que les représentants syndicaux étaient reçus par le secrétaire d’État à l’Industrie. Ils demandent une intervention de l’État pour empêcher le démantèlement du groupe, avec la fermeture de magasins et un millier de licenciements. Le secrétaire d’État a répondu aux salariés qu’il ne pouvait rien pour eux, sinon porter un message aux dirigeants et aux actionnaires afin qu’ils respectent le « dialogue social ».
Mais les travailleurs de Vivarte ont eu raison de prendre à partie l’État bourgeois, même s’il est subordonné aux monopoles, cet État qui a injecté 40 millions d’aides (CICE et allègements) à Vivarte.
La question est bien de faire converger les luttes pour sauver l’emploi et le combat contre une société reposant sur la propriété privée des moyens de production et d’échanges, source de tous les maux dont souffre le peuple-travailleur. Il faut se battre pour sauver les emplois par la lutte, pour l’expropriation et la nationalisation sans indemnisation de Vivarte avec contrôle des travailleurs. Il faut se battre pour reconstruire une industrie dans la perspective de la révolution socialiste en France.

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