Un candidat du PCF ou Mélenchon : deux fers au feu pour la gestion du Capital !

Depuis plu­sieurs mois, Jean-Luc Mélenchon, dans une stra­té­gie très « homme-pro­vi­den­tiel » ou « leader cha­ris­ma­ti­que », annonce qu’il va être can­di­dat de « la gauche de la gauche » rebap­ti­sée « France insou­mise », pour les Présidentielles.
Mélenchon tient ainsi la dragée haute à des diri­geants du PCF qui ne savent plus quoi faire après avoir
- envi­sagé la pri­maire à gauche sans Hollande,
- envi­sagé une alliance pos­si­ble avec les écolos qui n’en veu­lent pas,
- réaf­firmé que le PS était à gauche - sauf ses minis­tres et son Président de la République (!) -...

Du coup, la Conférence Nationale du PCF a fina­le­ment appelé les mem­bres du PCF à se déter­mi­ner pour une can­di­da­ture issue de leurs rangs. Or la veille, Pierre Laurent avait appelé à ral­lier Mélenchon, en ajou­tant qu’une can­di­da­ture Montebourg chan­ge­rait la donne ! La réso­lu­tion de la Conférence envi­sage, elle, un retrait de son can­di­dat au cas où un can­di­dat « anti-aus­té­rité » appa­raî­trait (donc pas Mélenchon, mais qui donc ?).

Rappelons que der­rière cette mas­ca­rade de débat poli­ti­que, il y a des mil­lions de tra­vailleurs et des cou­ches popu­lai­res, qui souf­frent de la poli­ti­que du grand Capital, qui subis­sent chaque jour la volonté de ce der­nier de leur faire payer le poids de la crise. Et qu’il y a des mil­lions de Syriens, de Maliens, d’Afghans, d’Ukrainiens, de Libyens, de Palestiniens, etc, qui sont les vic­ti­mes quo­ti­dien­nes de la poli­ti­que impé­ria­liste fran­çaise et de ses allian­ces. C’est un peu la situa­tion de l’Église grec­que débat­tant du sexe des anges dans Byzance assié­gée !

Une can­di­da­ture com­mu­niste ?

Quarante ans après le ral­lie­ment de la direc­tion du PCF au capi­ta­lisme (XXIIème Congrès du PCF), à qui fera-t-on croire que les condi­tions exis­tent pour que sur­gisse du PCF une can­di­da­ture com­mu­niste ?
Une can­di­da­ture qui dénonce le sys­tème capi­ta­liste, qui appelle à la lutte, à l’orga­ni­sa­tion contre ce sys­tème, qui expli­que pour­quoi aucune solu­tion réelle aux pro­blè­mes de la classe ouvrière, du peuple tra­vailleur, ne peut être appor­tée dans le cadre du capi­ta­lisme en crise pro­fonde et irré­mé­dia­ble !
Une can­di­da­ture qui dénonce la montée du danger de guerre en poin­tant la res­pon­sa­bi­lité du capi­ta­lisme, et appelle à le ren­ver­ser pour assu­rer la paix !
Une can­di­da­ture qui appelle à lutter contre l’Union Européenne et l’OTAN, qui cons­ti­tuent des allian­ces entre impé­ria­lis­mes pour accroî­tre l’exploi­ta­tion capi­ta­liste et fouler aux pieds la volonté des peu­ples !
Une can­di­da­ture, enfin, qui montre que le capi­ta­lisme et la dic­ta­ture de la bour­geoi­sie doi­vent faire place révo­lu­tion­nai­re­ment au socia­lisme comme forme pre­mière du mode de pro­duc­tion com­mu­niste, sous le pou­voir (la dic­ta­ture) du pro­lé­ta­riat ; que c’est ce mode de pro­duc­tion qui pourra résou­dre les pro­blè­mes de l’huma­nité (paix, satis­fac­tion des besoins fon­da­men­taux, démo­cra­tie pour la masse du peuple, écologie …), parce qu’il repose sur la pro­priété sociale des moyens de pro­duc­tion et d’échange et sur une ges­tion pla­ni­fiée cen­tra­li­sée et démo­cra­ti­que qui orga­nise la pro­duc­tion pour résou­dre les besoins sociaux !
Mais c’est à l’opposé de la poli­ti­que du PCF depuis 40 ans !
Ce parti clef du Parti de la Gauche Européenne, un parti sou­te­nant SYRIZA (qui mène une poli­ti­que cri­mi­nelle contre le peuple grec, qui fait matra­quer les retrai­tés, et qui pré­tend inter­dire les mani­fes­ta­tions contre la venue du cri­mi­nel Obama à Athènes) !
Ce parti qui invite à la Fête de l’Humanité, non seu­le­ment un minis­tre du gou­ver­ne­ment grec, mais aussi un géné­ral de l’OTAN !
Attendre de ce parti une can­di­da­ture com­mu­niste, ce n’est pas croire au Père Noël, c’est jouer sa paye aux cour­ses et au loto en croyant que l’on va deve­nir mil­liar­daire !

Une can­di­da­ture pro­gres­siste ?

Pour autant, la can­di­da­ture Mélenchon ne répond pas plus aux besoins des masses popu­lai­res que ne s’ouvre une alter­na­tive poli­ti­que ! À aucun moment elle ne s’appro­che, de près ou de loin, de la can­di­da­ture révo­lu­tion­naire néces­saire. Comme le PCF, Mélenchon a sou­tenu SYRIZA, mais s’il a pris ses dis­tan­ces depuis, c’est pour mieux se rap­pro­cher de PODEMOS (qui sou­tient à fond SYRIZA !), dont le dis­cours radi­cal en sur­face masque de plus en plus mal des pro­po­si­tions qui visent à une meilleure ges­tion du capi­ta­lisme !
Certes son dis­cours est plus clair que celui du PCF concer­nant l’Union euro­péenne et l’OTAN, mais pour quoi faire ? Pour enga­ger le pays dans la voie de la rup­ture avec la domi­na­tion du capi­tal ? Non ! Pour huma­ni­ser le capi­ta­lisme ! J-L.Mélenchon ne veut rien d’autre qu’un meilleur par­tage des riches­ses (tout comme le PCF), c’est-à-dire pren­dre un peu plus à l’oli­gar­chie finan­cière et aux mono­po­les pour donner un peu plus aux autres. Mais au bout du compte, il y a tou­jours l’oli­gar­chie finan­cière d’un côté et de l’autre les exploi­tés, les lais­sés-pour-compte.
Et, comme tou­jours, après quel­ques semai­nes d’eupho­rie, les « néces­si­tés économiques » (comme ils disent) feront que les mono­po­les dic­te­ront la poli­ti­que à mener ; et, comme avec SYRIZA en Grèce, on ren­for­cera l’auto­ri­ta­risme pour mieux extraire la plus-value (sur­va­leur), pour mieux favo­ri­ser l’accu­mu­la­tion.
Rupture avec l’UE ? Ce n’est pas même au pro­gramme ! En 2012, nous avons dénoncé son pro­gramme comme celui de la recons­truc­tion d’une nou­velle social-démo­cra­tie.
Et aujourd’hui, alors qu’il surfe sur la vague pro­fon­dé­ment réac­tion­naire du mou­ve­men­tisme et du césa­risme, nous devrions appe­ler à le sou­te­nir, comme le font les cama­ra­des de la Coordination Communiste du Nord ou du Pôle de Renaissance Communiste en France ? Nous n’aurons pas la cruauté de res­sor­tir les textes des uns et des autres pour les élections de 2012 qui fai­saient appel à une can­di­da­ture « iden­ti­taire ». Mais com­ment ne pas voir qu’en s’ali­gnant sur une can­di­da­ture Mélenchon, on conduit le mou­ve­ment popu­laire dans une impasse ? Que le ral­lie­ment, même cri­ti­que, au slogan « L’humain d’abord  » ne peut conduire qu’à étouffer la radi­ca­lité du combat du pro­lé­ta­riat ; que cela ne peut que piéger la classe ouvrière, en lui fai­sant aban­don­ner le ter­rain de la lutte des clas­ses révo­lu­tion­naire, en rédui­sant en fait les luttes démo­cra­ti­ques néces­sai­res (contre la Vème République, l’UE, l’OTAN, pour l’écologie, les liber­tés démo­cra­ti­ques, les droits des femmes, la défense des immi­grés…) à de sim­ples ter­rains de manœu­vre pour amé­na­ger le capi­ta­lisme ?

Tout comme avec une can­di­da­ture PCF à la Chassaigne, on met la classe ouvrière à la remor­que de la bour­geoi­sie, puisqu’on demande aux tra­vailleurs fina­le­ment de se ral­lier à une nou­velle forme de ges­tion du capi­ta­lisme, avant qu’ils ne fas­sent l’expé­rience dou­lou­reuse qu’une fois de plus – parce que c’est la logi­que du sys­tème capi­ta­liste – ils auront été trom­pés.

Et après, on fera quoi ? On criera « Au secours, voilà le FN !  » et on votera pour Juppé, pour Fillon ou bien pour qui ou pour quoi ? Au nom du Front Populaire et de la sou­plesse tac­ti­que des bol­che­vi­ques, ou au nom du Conseil National de la Résistance et du ral­lie­ment au Général de Gaule ?

Eh bien non ! Ce n’est pas en ral­liant des can­di­da­tu­res visant à reloo­ker le capi­ta­lisme que les pro­blè­mes seront réglés. C’est en met­tant en place un tra­vail poli­ti­que d’inter­ven­tion auprès des masses, en dénon­çant les illu­sions, les faux-sem­blants et l’oppor­tu­nisme, en orga­ni­sant le pro­lé­ta­riat, en lui redon­nant la cons­cience que c’est lui qui a la solu­tion en mains : la révo­lu­tion socia­liste. C’est plus impor­tant pour l’avenir que toute can­di­da­ture aux élections pré­si­den­tiel­les, si les condi­tions ne sont pas réu­nies pour qu’elle soit por­teuse de cette pers­pec­tive.

Paris, le 20 novem­bre 2016

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