Répression en Catalogne : Communiqué du PCPE

Face à la vague répressive entamée par le Gouvernement espagnol en Catalogne, le Secrétariat Politique du PCPE a fait la déclaration suivante :

La répression exercée par le Gouvernement espagnol contre les institutions catalanes est une agression sans précédent dans l’Histoire récente, qui va à l’encontre du discours officiel sur l’invalidité et l’inutilité du référendum du 1er octobre 2017.

Le choix de la voie répressive – comme nous l’avions déjà dénoncé – accroît de façon exponentielle la tension à seulement quelques jours du 1er octobre, et fait entrer la lutte politique en Catalogne dans une nouvelle étape.

Par son attitude, l’État veut montrer sa force et sa capacité de désagréger toute trace de contestation politique interne. C’est à cette orientation que répond principalement la répression contre le référendum : l’État prétend montrer ouvertement sa force maintenant, pour ensuite être en mesure de proposer des négociations et des pactes depuis une position renforcée, voulant introduire dans la conscience des masses qu’il n’y a pas de place pour les dissidences, ni du point de vue national ni, encore moins, du point de vue de classe.

L’État, prétendant se légitimer en encourageant le nationalisme espagnol, ne fait que renforcer toutes les positions nationalistes. L’État favorise, par son intransigeance, la division de la majorité laborieuse ; par ses actes, il justifie et légitime la position indépendantiste, garantissant ainsi que tout le débat reste à l’écart des questions de classe. De ce fait, la répression étatique est dirigée, en dernière instance, contre tout le peuple travailleur, et pas seulement contre les cadres de la Generalitat (gouvernement catalan, NDT) ou contre les indépendantistes.

L’idée de la « démocratie militante » est promue, justifiant la répression brutale, voire l’interdiction, contre les propositions politiques qui dépassent les étroites limites de la constitution bourgeoise. Ceci a été fait dans le passé proche et sera fait à nouveau dans le futur. Aujourd’hui sont visés les indépendantistes, mais personne ne peut douter que demain nous, les communistes, serons à nouveau la cible de la répression.

Si parmi la majorité ouvrière et populaire, le nationalisme gagne en force, c’est parce que les communistes ont été absents de la scène politique pendant de nombreuses années. Nous avons été incapables de proposer une alternative indépendante qui mette l’accent sur les questions qui nous rassemblent en tant que classe, et non pas sur celles qui nous séparent par rapport à la conscience nationale. C’est pour cela que la classe ouvrière est prisonnière de l’idéologie dominante, c’est pour cela que la défense des aspirations nationales du peuple catalan est dirigée par des forces bourgeoises et que la classe ouvrière espagnole se laisse entraîner par un Gouvernement bourgeois qui ne comprend que le langage de la violence et la répression. Pour toutes ces raisons, il est d’autant plus nécessaire que les communistes clarifient publiquement leurs positions.

Ceux qui sont à la tête du mouvement indépendantiste en Catalogne, depuis les positions bourgeoises, sont confrontés à un grand dilemme : le respect ou non des lois qui assurent leur position de domination face aux classes exploitées, mais qui en même temps empêchent le développement du cadre politique qu’ils considèrent idéal pour continuer cette exploitation dans les meilleures conditions. La bourgeoisie n’est plus une classe révolutionnaire depuis longtemps. C’est pour cela qu’elle n’est pas disposée à arriver jusqu’aux dernières conséquences de ses actes sauf quand, de façon réactionnaire, cela empêche l’avancée des positions de la classe ouvrière. Face au dilemme : rester dans l’État espagnol ou ouvrir la porte à un processus qui entraînerait une véritable rupture et dans lequel elle pourrait perdre le contrôle de la situation, la bourgeoisie opte toujours pour le premier choix, tentant de l’adapter au mieux de ses intérêts.

C’est toujours le peuple travailleur qui, en dernière instance, souffre de la répression. Les organismes policiers, sous l’un ou l’autre drapeau, ont réprimé durement travailleurs et travailleuses, étudiants, grévistes et tout ce qui a mis en cause le capitalisme et ses conséquences. Tous les gouvernements bourgeois ont limité nos droits et libertés. Il s’agit de gouvernements qui agissent contre les travailleurs et travailleuses, contre les exploités et exploitées, mais qui aspirent à ce qu’on les suive aveuglement. Ils nous entraînent dans des impasses, nous offrent de faux espoirs pour finir par charger sur nos épaules les pires conséquences de leur modèle économique et social, le capitalisme.

En tant que travailleurs et travailleuses, en tant que communistes, nous connaissons bien ce qu’est la répression. Nous savons ce qui se passe dans les piquets de grève, dans les manifestations, ce qu’on peut voir tous les jours sur les lieux de travail.

Combattre la répression est dans notre ADN, c’est pour cela que nous condamnons fermement toute mesure répressive qui, dirigée aujourd’hui contre d’autres forces politiques, sera finalement dirigée contre les organisations ouvrières et populaires, contre les forces qui sont le véritable moteur des transformations sociales. Nous le faisons comme nous l’avons fait par le passé, quand des représentants indépendantistes étaient arrêtés dans d’autres territoires. La différence dans nos objectifs n’empêche pas qu’aujourd’hui, face à la répression, ils soient des nôtres.

Nous appelons à participer aux mobilisations contre la répression, et à incorporer pleinement la lutte de classes, les revendications de notre classe, à la lutte démocratique. Elles doivent nécessairement être unies pour donner tout son sens à la mobilisation ouvrière et populaire.

Vive la classe ouvrière de Catalogne ! Vive la lutte de la classe ouvrière !

le 21 septembre 2017
Secrétariat Politique du PCPE

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