Renoncement de François Hollande : rebondissement de la crise politique

Déclaration du PCRF

Le 1er décem­bre 2016, sans pré­ve­nir, François Hollande a annoncé dans un dis­cours télé­visé qu’il ne se repré­sen­tait pas aux élections pré­si­den­tiel­les. Pour les com­mu­nis­tes, cela confirme le carac­tère aigu de la crise poli­ti­que que tra­verse notre pays, crise qui n’est que l’expres­sion de l’aigui­se­ment de la crise du capi­ta­lisme pro­pre­ment dit.

Il est tout à fait natu­rel, d’ailleurs, que dans ces condi­tions, ce soit la social-démo­cra­tie, machine à main­te­nir les cou­ches popu­lai­res dans le giron du Capital, qui soit par­ti­cu­liè­re­ment tou­chée : ceux qui, au gou­ver­ne­ment, font la poli­ti­que qu’ils pré­ten­daient com­bat­tre dans l’oppo­si­tion, ne sau­raient s’étonner du rejet qu’ils pro­vo­quent, tant dans la classe ouvrière que dans les cou­ches popu­lai­res et les cou­ches moyen­nes !
Le renon­ce­ment de Hollande, le choix de Fillon par la droite, la montée du Front National, avec leurs carac­té­ris­ti­ques pro­pres, ont cepen­dant un déno­mi­na­teur commun : le rejet, par les électeurs, d’un cadre poli­ti­que qui appa­raît de plus en plus soit comme un théâ­tre d’ombres chi­noi­ses, soit comme une escro­que­rie, puisqu’au bout du compte, ce sont tou­jours les tra­vailleurs, les « peti­tes gens » qui trin­quent, alors que les capi­ta­lis­tes, les « riches », béné­fi­cient de cadeaux royaux pour relan­cer une économie qui conti­nue d’être atone.

De ce point de vue, il est néces­saire de dénon­cer plus que jamais les mythes de la « gauche », « des valeurs », du « pro­gres­sisme ». François Hollande, son gou­ver­ne­ment, le parti socia­liste, les Verts, ont un bilan de fidè­les ges­tion­nai­res du capi­ta­lisme ; c’est-à-dire un bilan d’aggra­va­tion de l’exploi­ta­tion capi­ta­liste, un bilan d’accen­tua­tion d’une poli­ti­que exté­rieure repo­sant sur la conser­va­tion ou l’exten­sion des inté­rêts de l’impé­ria­lisme fran­çais, y com­pris par des inter­ven­tions mili­tai­res, et dans le cadre de l’Union Européenne.

De l’ "Accord National Interprofessionnel sur la com­pé­ti­ti­vité et la sécu­ri­sa­tion de l’emploi" (ANI) à la "Loi Travail" (loi El Khomri) remet­tant en cause le Code du tra­vail, en pas­sant par les lois Macron et le "Pacte de sta­bi­lité et de crois­sance" (qui donne droit de déci­sion des mono­po­les capi­ta­lis­tes, au tra­vers de l’UE, sur les déci­sions bud­gé­tai­res des pays de la zone euro), toute la poli­ti­que économique et sociale des gou­ver­ne­ments Ayrault et Valls s’est faite avec la béné­dic­tion du MEDEF, des prin­ci­paux grou­pes mono­po­lis­tes - avec le sou­tien per­ma­nent des diri­geants pour­ris de la CFDT -.

Et dans le même temps, la France est, avec les USA, le pays qui par­ti­cipe au plus grand nombre d’expé­di­tions mili­tai­res et d’ingé­ren­ces armées, tandis qu’est apporté un sou­tien mul­ti­forme aux régi­mes les plus réac­tion­nai­res, en par­ti­cu­lier au Moyen-Orient, en Israël, en Arabie Saoudite, au Qatar.
En Syrie, les ingé­ren­ces fran­çai­ses sou­te­nant et exal­tant les forces réac­tion­nai­res isla­mis­tes anti-gou­ver­ne­men­ta­les, non seu­le­ment sont res­pon­sa­bles de la mort et de la souf­france de mil­lions de Syriens, mais por­tent une lourde res­pon­sa­bi­lité dans les atten­tats ter­ro­ris­tes isla­mis­tes dans notre pays.
Le dis­cours anti-russe hys­té­ri­que, dis­cours digne de ceux du bour­rage de crâne de 1914-1918, est inquié­tant, car il relève de la pré­pa­ra­tion de la guerre.
Significatif est le fait que le gou­ver­ne­ment fran­çais puisse sou­te­nir qu’il par­tage avec le gou­ver­ne­ment Sud-Coréen des "valeurs com­mu­nes en matière de droits de l’Homme" : le secré­taire géné­ral de la plus puis­sante confé­dé­ra­tion syn­di­cale y est en prison, le syn­di­cat de l’ensei­gne­ment secondaire inter­dit, le Parti Progressiste Unifié inter­dit, ses dépu­tés sus­pen­dus, ses diri­geants pour­sui­vis. Quant à la pré­si­dente Park Geung He, une fidèle de François Hollande, elle est accu­sée de cor­rup­tion et d’avoir servi de mar­che­pied à des escrocs dans la tra­di­tion de Raspoutine et de l’affaire du col­lier de la reine !

Le Président de la République a d’autre part le front de décla­rer qu’il n’a pas remis en cause les liber­tés, alors que depuis plus d’un an, nous vivons sous l’état d’urgence sous le pré­texte des atten­tats, et que cet état d’urgence a été sys­té­ma­ti­que­ment uti­lisé contre le mou­ve­ment popu­laire du prin­temps 2016 contre la loi Travail ! Que l’armée et la police tien­nent le haut du pavé ! Et qu’il est annoncé que les élections pré­si­den­tiel­les vont se dérou­ler sous l’état d’urgence pro­longé ! Sans parler de la loi sur le ren­sei­gne­ment et les modi­fi­ca­tions gra­vis­si­mes du code pénal !

Quant à la loi sur le mariage homo­sexuel, que le gou­ver­ne­ment, le PS et autres par­ti­sans « de gauche » du capi­ta­lisme nous pré­sen­tent comme la marque pro­gres­siste de ce quin­quen­nat, nous ferons trois remar­ques :
- Une loi du même type a été adop­tée sous le gou­ver­ne­ment conser­va­teur de Cameron en Grande-Bretagne. Cela en fait-il un pro­gres­siste ? Il est vrai qu’avec Hollande et les capi­ta­lis­tes, il était pour l’Union euro­péenne ! Et que la ques­tion de l’homo­sexua­lité semble aujourd’hui être uti­li­sée non pour lutter contre l’homo­pho­bie, mais plutôt comme déri­va­tif face aux poli­ti­ques anti­so­cia­les et anti-popu­lai­res, ou comme ins­tru­ment pour jus­ti­fier des ana­thè­mes contre des gou­ver­ne­ments qui ne se plient pas aux grands pays impé­ria­lis­tes.
- À aucun moment il n’a été ques­tion, lors de ce quin­quen­nat, d’élargir les droits et la reconnais­sance pour les cou­ples non-mariées, une réa­lité sociale beau­coup plus large que la ques­tion du mariage homo­sexuel. Au contraire, dans les vingt der­niè­res années, les dis­po­si­tions d’allè­ge­ment fiscal pour les cou­ples ayant, ou ayant eu, des enfants ont été abro­gées, et elles l’ont été sous des gou­ver­ne­ments socia­lis­tes !
- Les atta­ques contre la Sécurité sociale, contre les liber­tés, n’en déplaise à Hollande, la remise en cause du droit à la santé, du droit du tra­vail, la baisse du pou­voir d’achat, la montée du chô­mage réel (pas le chô­mage des sta­tis­ti­ques !), frap­pent tous les tra­vailleurs quel que soit leur choix sexuel.

La crise poli­ti­que ne sera pas réso­lue par les élections pré­si­den­tiel­les, avec ou sans pri­maire. Force est de cons­ta­ter qu’avec les pri­mai­res, seuls les partis ins­ti­tu­tion­nels comme Les Républicains ou le PS ont la parole, parce qu’ils ont l’argent pour se payer la média­ti­sa­tion, télé­vi­sée notam­ment. Cela aggrave encore plus le carac­tère anti-démo­cra­ti­que de la Vème République, et cela va dans le sens de plus de déma­go­gie de la part des pos­tu­lants qui cher­chent à capter des électeurs.

Pour la classe ouvrière et pour les masses popu­lai­res, la ques­tion fon­da­men­tale est celle-ci  : Le capi­ta­lisme est-il capa­ble de satis­faire leurs prin­ci­paux besoins sociaux, d’assu­rer la démo­cra­tie – le pou­voir du peuple - et d’assu­rer la paix ?

La réponse est non. Au contraire le capi­ta­lisme, c’est la régres­sion sociale, tou­jours plus d’auto­ri­ta­risme, de dépo­li­ti­sa­tion et d’abru­tis­se­ment, c’est la marche à la guerre, ce sont les allian­ces mili­taro-poli­ti­ques comme l’Union euro­péenne et l’OTAN, qui per­met­tent aux mono­po­les d’impo­ser aux peu­ples leur poli­ti­que bar­bare !

Aucun can­di­dat aux pré­si­den­tiel­les ne défen­dra ce point de vue et les orien­ta­tions pro­gram­ma­ti­ques ci-des­sous, qui le sou­tien­nent :
- Socialisation des grands moyens de pro­duc­tion et d’échanges, pour ôter la base de pou­voir des capi­ta­lis­tes et mettre l’économie au ser­vice des biens du peuple
- Dénonciation des trai­tés avec l’Union Européenne pour que le peuple et la classe ouvrière puis­sent déci­der de leurs choix poli­ti­ques
- Dénonciation des trai­tés de l’alliance atlan­ti­que et de l’OTAN pour pou­voir mener une poli­ti­que de paix
- Construction d’ins­tru­ments de pou­voir poli­ti­que qui per­met­tent au pro­lé­ta­riat (ceux qui ne vivent que de leur salaire) d’inter­ve­nir à tout moment dans les choix poli­ti­ques, pour qu’ils soient confor­mes aux inté­rêts popu­lai­res et qui en finis­sent avec la machine d’État bureau­cra­ti­que de la bour­geoi­sie
- Mise en place démo­cra­ti­que d’une pla­ni­fi­ca­tion natio­nale qui per­mette un déve­lop­pe­ment économique et social répon­dant aux besoins popu­lai­res débat­tus, y com­pris en matière d’envi­ron­ne­ment, et en rap­port avec la coo­pé­ra­tion inter­na­tio­nale néces­saire sur tous les plans.

Ces orien­ta­tions cor­res­pon­dent aux bases de mobi­li­sa­tion pour assu­rer le déve­lop­pe­ment d’un mou­ve­ment révo­lu­tion­naire, pour en finir avec le capi­ta­lisme et ins­tau­rer un régime socia­liste vers le com­mu­nisme.

Aujourd’hui nous devons pré­pa­rer les condi­tions pour que de telles orien­ta­tions soient por­tées par la classe ouvrière et les masses popu­lai­res. Cela passe par un ren­for­ce­ment des cou­rants syn­di­caux de lutte de classe dans la CGT et la FSU en par­ti­cu­lier, pour s’oppo­ser aux poli­ti­ques de régres­sion sociale qui se pré­sen­tent.
Cela passe par la cons­truc­tion et le déve­lop­pe­ment d’un véri­ta­ble parti com­mu­niste, repré­sen­tant du pro­lé­ta­riat et des forces popu­lai­res.
Ce parti existe, c’est le Parti Communiste Révolutionnaire de France. Pour en finir avec le capi­ta­lisme, rejoi­gnez le !

PCRF, le 2 décem­bre 2016

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