Non à la grande escroquerie !

Confronté à l’opposition massive à sa politique, dont le mouvement des Gilets Jaunes est la partie visible de l’iceberg, et arc-bouté à la volonté de la mettre en œuvre par tous les moyens, l’exécutif conduit par Macron tente par différents moyens de contourner l’obstacle en manœuvrant, tout en ne parvenant pas à réaliser l’Union Sacrée souhaitée derrière lui.

C’est un signe de la crise politique : d’un côté, le programme social de Macron est l’expression des intérêts de la bourgeoisie monopoliste, et de l’autre, les forces politiques de cette même bourgeoisie s’affrontent sur la manière dont il faut procéder. Cet affrontement ne se traduit pas seulement par l’opposition PR/Wauquiez/LRM, mais aussi par les divisions dans chacun des camps. Or cet affrontement est la résultante de l’opposition de la classe ouvrière et des masses populaires à la sauvage politique de classe, et à la manière dont elle est conduite par Macron, politique dont elles sont les victimes.

Alors que depuis son élection, ignorant délibérément les conditions de celle-ci, Macron avait réussi à imposer son programme de violence sociale et répressive, le mouvement des Gilets Jaunes l’a obligé à reculer : isolé politiquement, comme l’ont montré l’affaire Benalla et les retraits de Hulot et Colomb, confronté, avec toutes les faiblesses que l’on sait, à la résistance de la classe ouvrière dont témoignent les mouvements de grève pour les salaires, contre les fermetures et contre les réformes macroniennes du droit du travail, de la SNCF …, au mécontentement de la jeunesse lycéenne et étudiante, l’exécutif macronien ne pouvait prendre le risque que le nouveau segment des couches populaires entré en lutte fasse sa jonction avec le reste des travailleurs.

C’est sur cette base que le gouvernement a entrepris de manœuvrer :

  • en rejouant l’opération des Présidentielles, en direction du mouvement ouvrier, mais aussi de la petite bourgeoisie, sur le thème du danger de l’extrême-droite, tout en mélangeant les genres : s’opposer à l’augmentation des taxes sur les carburants, c’était s’opposer à l’Union européenne, à l’écologie, aux migrants (ceux à qui le gouvernement a refusé l’accueil ?)
  • en opérant un retrait tactique. D’abord en annulant les taxes, puis en entreprenant une opération d’enfumage sur les questions du pouvoir d’achat, du SMIC, des primes etc.
  • en utilisant la violence policière contre les manifestants, pour empêcher que les manifestations aient lieu, tout en laissant faire les "casseurs", et en orchestrant une indécente campagne de soutien aux forces répressives.

Globalement, le gouvernement a échoué. Il a sous-estimé la colère longtemps refoulée des couches sociales entrées en lutte, et des convergences ont eu lieu entre le mouvement des GJ et le mouvement syndical. Même si sur la question des violences, il a obtenu un consensus scandaleux allant du RN au dirigeants du PCF en passant par le PS et la France Insoumise, en fait ce consensus ne semble pas déboucher sur un ralliement aux dangereuses propositions gouvernementales. Au point que l’exécutif macronien pense parvenir à ses fins par ordonnance.

C’est la raison pour laquelle il tente une nouvelle opération de diversion avec le "Grand Débat", mieux nommé "Grande Escroquerie". Car tant la lettre aux Français, que les prestations télévisées, les opérations présidentielles d’exhibition devant les maires triés sur le volet sont claires : on continue la même politique, et on vous amuse en parlant d’autre chose, tout en introduisant des questions qui doivent apporter de l’eau au moulin de l’exécutif en particulier dans le domaine constitutionnel, des services publics etc.

Ce dont les travailleurs et travailleuses de France ont besoin ce n’est pas de "Grand Débat" pour aider à ce "qu’ils et elles soient mangé(e)s à n’importe quelle sauce" ! Ce dont ils ont besoin, c’est de débattre pour savoir comment mettre en échec la politique de la bourgeoisie, comment organiser les luttes pour augmenter les salaires et les pensions, pour voir satisfaits les besoins sociaux en matière de santé, d’éducation, de transport, de logement et de démocratie. C’est de débattre sur le fait qu’il s’agit de remettre en cause le capitalisme et la domination de la bourgeoisie, avec leurs institutions que sont la Constitution et l’Union Européenne.

Car la deuxième manœuvre du pouvoir, c’est bien, toujours en référence au "populisme", de tenter de rassembler derrière sa liste aux Européennes, au nom d’un prétendu combat contre l’extrême-droite avec lequel il partage la même vision du monde. C’est dans ce cadre qu’il faut interpréter la signature du nouveau Traité franco-allemand, qui relève avant tout d’une opération de communication de la part de deux gouvernements en perte de vitesse, réaffirmant leur volonté que les impérialismes français et allemand continuent de co-diriger l’UE. Car à ceux qui font mine de s’offusquer, ce Traité ne fait que transposer au niveau des deux États ce que l’Union européenne a déjà, et depuis de nombreuses années, mis en place. Pour autant, il ne saurait être question de sous-estimer les éléments qui visent à restreindre les libertés démocratiques et la souveraineté populaire, ou qui appellent à une relance de la course aux armements au travers du resserrement de la coopération militaire dans l’optique de la création d’une armée européenne. Ce Traité, comme les Traités européens et transatlantiques, doit être combattu, car il participe de la politique de repartage du monde et des sphères d’influence, face à la montée des nouveaux impérialismes (Russie et Chine, BRICS) et à l’exacerbation des contradictions avec l’impérialisme des États-Unis. Rappelons que la France dépense 40 milliards d’€ par an pour l’armée et que "s’il n’y a pas de crédits pour la santé, pour les services publics", pour les expéditions militaires, le développement d’armes d’agression (le Rafale IV) se porte bien. Or, comme le dit Macron, si on donne de l’argent à ce secteur, c’est qu’on le retire à d’autres et plus particulièrement, avec la fiscalité de classe que nous subissons, aux masses populaires et à la classe ouvrière.

Il faut dénoncer la "Grande escroquerie" du "débat" macronien. Là où il y a des cahiers de doléance, il faut y inscrire "augmentation des salaires", "défense et extension des services publics", "justice fiscale", " taxation des fortunes – ISF", "pas touche au système de retraite", "pas touche aux allocations chômage", "baisse du budget militaire", "un logement décent pour tous et contrôle des loyers", "Non à la constitution antidémocratique de la Vème République", "Proportionnelle intégrale aux législatives", "droit de révocation des élus par leurs électeurs", "l’Assemblée Nationale au centre des décisions à prendre", "un Président de la République élu par le parlement et qui n’a qu’un rôle représentatif"…

Mais ce qui peut amener de nouveaux reculs du pouvoir, c’est la lutte des travailleurs et des forces populaires qui doivent s’organiser. Le PCRF réaffirme sa solidarité avec les Gilets jaunes et les travailleurs en lutte, et dénonce la violence de la répression policière. Il appelle à la mobilisation de tous contre la politique de la bourgeoisie et du capitalisme. C’est la meilleure manière de se préparer aux combats pour renverser la bourgeoisie et construire le socialisme-communisme.

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