Le Parti Communiste Révolutionnaire de France est né !

Le 23 octobre 2016, au cours d’un congrès extraordinaire de fondation, les communistes regroupés derrière le collectif d’Intervention Communiste, ancien organe de la Coordination Communiste puis de l’URCF, ont créé le Parti Communiste Révolutionnaire de France. Ce Parti élabore sa politique sur la base de la conception matérialiste et dialectique du monde, des enseignements du communisme scientifique et de l’expérience du Mouvement Ouvrier Révolutionnaire International, l’ensemble formant le marxisme-léninisme.

Son objectif est de contribuer sur cette base au rassemblement des communistes de notre pays, aujourd’hui dispersés, en luttant contre les tendances opportunistes qui minent le mouvement révolutionnaire prolétarien. À ceux qui pensent que la création d’un nouveau Parti aggrave les divisions, le Congrès a répondu que, comme Lénine l’a souligné à plusieurs reprises, on ne peut résoudre la question de l’unité des révolutionnaires qu’en commençant par la démarcation préalable des positions en présence, sous peine finalement d’aggraver la désunion. Avec l’échec de l’unification du Parti Révolutionnaire-Communistes, nous venons d’avoir une confirmation pratique de cette position de principe.

Le Congrès a été préparé sur la base de documents proposés par la direction d’Intervention Communiste. De la part des camarades qui ont refusé de voir effacé l’héritage de l’URCF en mai dernier, un accord quasiment unanime s’est exprimé sur leurs contenus, ceux-ci ayant été enrichis par des amendements soumis au Congrès.

Après avoir eu un riche débat sur l’expérience vécue tant dans la préparation de l’unification que pendant la période où nous avons participé au Parti Révolutionnaire-Communistes, le Congrès a considéré que la cause de l’échec résidait dans la domination des courants opportunistes dans le mouvement communiste de France, et plus précisément, dans ce cas, dans une tendance très forte à l’« économisme » qui dépasse d’ailleurs largement le cercle des camarades de COMMUNISTES. L’économisme est un courant qui se développe, dans les périodes de réactions politico-idéologiques, dans des milieux prolétariens qui cèdent au pessimisme social ambiant et à la démoralisation, considérant qu’il n’y a non seulement pas de perspectives révolutionnaires immédiates, mais aussi que le mouvement ouvrier n’est, plus ou moins provisoirement, pas capable de mener d’autres luttes que les luttes pour se défendre des attaques du patronat et pour les revendications immédiates. À l’image du syndicalisme anglais, le trade-unionisme, l’économisme ne voit de perspectives que dans la promotion de ces luttes au plan politique. Il ne comprend pas l’importance que se développe une conscience politique révolutionnaire de masse dans le prolétariat, de la nécessité d’entraîner les masses populaires dans toutes les batailles politiques, y compris au plan international, à partir de leurs revendications et aspirations. C’est ainsi qu’il se refuse à se prononcer clairement pour la rupture avec l’Union Européenne, l’euro et l’OTAN par des luttes de masse démocratiques pour le socialisme-communisme. Car l’enjeu, c’est la compréhension de la nécessité que seule la révolution socialiste-communiste est à même de permettre de les satisfaire pleinement. En France, ce courant a été très puissant après l’écrasement dans le sang, par la démocratie bourgeoise, de la Commune de Paris. Aujourd’hui, il est conforté par la victoire de la contre-révolution en URSS et dans les pays socialistes d’Europe. Mais il a aussi ses racines dans les tendances ouvriéristes et dans la sous-estimation de la théorie pour mener la lutte de classe révolutionnaire, qui devait permettre la victoire de l’eurocommunisme, il y a quarante ans cette année avec le XXIIème Congrès du PCF.

C’est sur la base de cette analyse qu’est né le Parti, sous le patronage du 100ème anniversaire de la Grande Révolution russe d’Octobre 1917, que nous célébrerons l’an prochain. Car celle-ci a fait la démonstration que face à la crise générale du mode de production capitaliste, il n’y a pas d’autre alternative que d’en finir avec la domination de la bourgeoisie par le renversement de son appareil d’État, de sa dictature de classe - quelle qu’en soit la forme -, et par l’émergence, par la voie révolutionnaire, d’un nouvel appareil d’État, exprimant les intérêts de classe du prolétariat (la dictature du prolétariat) et au-delà des couches populaires non exploiteuses alliées à celui-ci. C’est ce nouvel État qui est chargé de la socialisation des moyens de production et d’échange par l’expropriation des capitalistes et par la planification centralisée du développement social. C’est à cette tâche historique qu’a répondu le développement du socialisme en URSS, même si le développement et la domination de l’opportunisme à partir du XXe congrès du PCUS a créé les conditions pour la victoire du révisionnisme contre-révolutionnaire, et le rétablissement du capitalisme.

La discussion a porté sur le rôle du prolétariat et la nécessité pour le PCRF de s’implanter en profondeur dans la classe ouvrière pour que, de Parti « pour » la classe ouvrière, il se transforme en Parti « de » la classe ouvrière. Analysant les luttes contre la loi « Travail » (ou loi El Khomri) et ce qu’elles ont révélé des potentialités de voir renaître un syndicalisme de classe si la classe ouvrière se réapproprie son Parti, le Congrès a procédé à un large échange de vues sur la question de l’immigration et sur la question des femmes, constatant le retard que les communistes ont pris sur cette dernière question en particulier, question cruciale pour l’unité de la classe ouvrière, aujourd’hui plus que jamais.

Pour ce qui est de la question des femmes, les congressistes ont convenu qu’une bataille idéologique intense était nécessaire pour combattre le féminisme bourgeois qui est une arme de division du prolétariat, mais aussi une arme contre les conquêtes démocratiques du passé, par exemple en ce qui concerne la parité aux élections, tout comme elle l’est dans les organisations où, sous prétexte de parité, au lieu d’élargir les directions, on les affaiblit en imposant des cadres (hommes ou femmes) non pas selon leurs capacités mais selon leur « genre ». Pour ce qui est du Parti, un effort particulier de recrutement et de formation politique et théorique a été décidé en direction des femmes prolétaires et des milieux populaires, pour surmonter le retard qui a été pris. À l’occasion du 8 mars 2017, 100ème anniversaire de la Révolution russe de février 1917, il a été décidé de prendre des initiatives pour participer activement à la Journée Internationale des Femmes Travailleuses, pour montrer que la lutte pour l’affirmation des revendications des femmes travailleuses est une lutte inséparable des batailles pour la démocratie et le socialisme, comme en témoigne l’exemple russe.

Le Congrès a adopté les statuts du Parti, dont la caractéristique est le fait qu’ils reposent sur le centralisme démocratique, sur la discipline librement consentie de ses adhérents.

Le Congrès a salué chaleureusement les messages reçus des Partis frères suivants : Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti du travail d’Autriche, Parti du Travail de Corée (RPDC), Parti Communiste des Peuples d’Espagne, Parti Ouvrier de Hongrie, Parti communiste (Italie), Parti Communiste de Grèce, Parti communiste Ouvrier de Russie – PCUS, Parti Communiste (Turquie). C’est avec le même enthousiasme qu’il a réaffirmé sa volonté de reprendre sa place au sein de l’Initiative des Partis Communistes et Ouvriers en vue d’étudier et d’élaborer des propositions concernant l’Europe et de coordonner leurs activités, question qui a été une des causes de la rupture avec les camarades issus de Communistes.

Enfin, le Congrès a applaudi avec enthousiasme l’intervention du porte-parole des jeunes du Parti, présentant avec optimisme et modestie à la fois le travail déjà accompli et les perspectives ouvertes pour la création de la Jeunesse communiste révolutionnaire de France.

Le Congrès a élu le Comité Central du Parti qui a tenu sa première réunion pour élire son Comité exécutif et désigner son Secrétaire Général, le camarade Maurice Cukierman.

Le Congrès a rendu un hommage émouvant au camarade Jean-Luc Sallé sans qui l’étape politique nouvelle à laquelle nous nous attelons n’aurait pas été possible, ainsi qu’aux camarades Jean Sanitas et Pierre Martin qui nous ont quittés cet été.
Le Congrès s’est terminé sous les applaudissements des congressistes, après avoir chanté l’Internationale le poing levé.

Paris, le 24 octobre 2016

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