La RPDC face à 3 impérialismes...

Les nouvelles menaces américaines à l’encontre de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) accentuent le danger de guerre. De par sa position géographique, la Corée populaire se trouve à la croisée des intérêts impérialistes. Trois impérialismes différents entourent le pays. Le plus agressif est l’impérialisme américain, aidé de ses alliées sud-coréen et japonais. De l’autre côté, il y a l’impérialisme chinois et l’impérialisme russe. Chacun de ces trois impérialismes a ses intérêts propres. L’objectif de l’impérialisme américain est de se débarrasser de l’un des deux derniers régimes socialistes, et donc de conquérir la marché nord-coréen pour ouvrir la voie à ses monopoles et à ceux de la Corée du Sud. Mais surtout, cela le rapprocherait encore plus des frontières des impérialismes concurrents que sont la Chine et la Russie. Quant à ces derniers, il ne faut surtout pas penser qu’ils constituent des soutiens à la RPDC. Si la Chine et la Russie condamnent et s’opposent à la politique des États-Unis dans cette région, c’est simplement pour protéger leurs propres intérêts impérialistes. Ce n’est en aucun cas une volonté de protéger le régime nord-coréen.

Lorsque l’Union soviétique existait, elle représentait bien un allié et un soutien indéfectible pour la Corée du Nord. Les relations économiques étaient très développées entre ces deux États socialistes. La rupture de ces relations avec l’éclatement de l’URSS a mené à une situation économique très difficile en Corée populaire, qui s’est retrouvée dépourvue de tout soutien au niveau international. C’était la cause de sa plus grande vulnérabilité face aux États-Unis, intéressés à éradiquer tout régime socialiste dans le monde. Les processus capitalistes en Russie, dans les années 1990, ont mené ce système au stade monopoliste assez vite, et l’arrivée au pouvoir de Poutine s’est traduite par la volonté de rétablir les positions de la Russie au niveau international et donc de faire face aux intérêts impérialistes américains, ainsi que par la nécessité de se trouver des alliés. Face à la menace américaine, sud-coréenne et japonaise, la RPDC a dû renforcer ses relations diplomatiques avec la Russie. Cette dernière condamne les velléités impérialistes américaines, mais ne montre pas du tout son soutien au régime nord-coréen, et condamne même son programme nucléaire. En septembre 2014, le ministre russe des affaires étrangères, Serge Lavrov, a affirmé que les positions de la Russie et de la RPDC sur le programme nucléaire de Pyongyang n’étaient pas convergentes. Deux ans plus tard, Poutine confirmait que la Russie allait continuer à mettre tous les efforts nécessaires afin de contenir le développement du nucléaire nord-coréen. Or, l’arme nucléaire et la militarisation de la Corée du Nord sont ses seuls gages de survie en tant qu’État socialiste.

Ainsi, la retenue de la Russie dans le problème coréen s’explique seulement par ses intérêts impérialistes et sa propre sécurité. Il est évident que la disparition de la Corée du Nord affaiblirait considérablement les positions de la Russie, dont l’économie est de niveau très inférieur à celles de ses deux grands rivaux impérialistes que sont la Chine et les États-Unis. La Russie ne doit pas être vue comme un défenseur des intérêts du peuple coréen, pas plus qu’elle ne doit être vue comme un défenseur du peuple syrien, puisque son soutien répété à Bachar Al Assad ne s’explique que par ses intérêts impérialistes et géopolitiques dans une région riche en matières premières, et où la menace de l’impérialisme américain est aussi très forte. La Russie ne soutient pas la Corée du Nord pour le caractère socialiste de son économie, elle-même n’est plus socialiste depuis 1991 et quasiment aucun acquis social de l’époque soviétique n’a été gardé. Il suffit de voir la période du capitalisme sauvage des années 1990 et le caractère monopoliste de son économie de marché. Le régime de Poutine s’appuie sur la puissance des grandes sociétés pétrolières et du géant gazier Gazprom. Ses sociétés exploitent la population et les ressources naturelles du pays, ce qui les pousse à se projeter hors de leurs frontières nationales afin d’exporter leurs matières premières et d’être le fournisseur privilégié dans ce domaine.

C’est pour ces raisons que la solidarité avec la Corée populaire doit être réaffirmée. Ce petit État, l’un des deux derniers régimes socialistes encore en place, est entouré de trois impérialismes concurrents ne voyant que leurs intérêts économiques. Et l’histoire a montré que les alliances tactiques avec les États impérialistes d’aujourd’hui, n’étaient pas forcément celles de demain.

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