Intervention télévisée du Chef de l’État : La Réaction En Macron !

Le 15 octobre 2017 au soir, le Président de la République nous a infligé une soirée télévisée pour justifier sa politique, en multipliant les contre-vérités.

L’opération de communication ne semble pas avoir modifié quoi que ce soit de ce que les travailleurs, les couches populaires pensent du personnage : il est le Président des riches. Nous préférons le caractériser comme le Président de la bourgeoisie monopoliste et de l’oligarchie financière, ce que confirment tant son comportement que ses propos pour justifier la politique réactionnaire qu’il veut mettre en œuvre.

Après les « gens de rien », les « fainéants », « ceux qui foutent le bordel plutôt que de chercher du travail » - pour ne retenir que le pire -, nous avons eu droit au mépris de classe. Il a feint de croire que l’on s’était ému de l’utilisation d’un mot, alors que tout le monde a bien compris que « bordel » signifiait « désordre », ce dont étaient responsables, non le patronat et son gouvernement, mais les travailleurs de GMS qui défendent leur travail !

Il persiste et signe en attribuant la responsabilité du chômage aux chômeurs, qui ne sont pas qualifiés (la faute à qui ?), qui ne veulent pas de la flexibilité, symbole de drames humains. Il annonce donc un plan de 15 milliards d’euros pour la formation, mais ne prévoit pas de créer des emplois. Son plan formation, c’est quoi dans ces conditions ? Un meilleur contrôle social des chômeurs, une manière nouvelle de gérer l’armée de réserve. Contrairement aux sociaux-démocrates, il n’avance pas l’objectif, mensonger, de diminuer le chômage, précisant même que l’on ne devra pas le juger sur ce seul critère. C’est donc admettre par avance que le chômage va augmenter. Car toute sa philosophie de café du commerce, dans la tradition libérale bourgeoise, c’est que pour faire baisser les salaires (le fameux coût du travail) il faut du chômage, et que la baisse du nombre de chômeurs les ferait au contraire monter.

Mensonge encore, quand il prétend que le remplacement de l’ISF par une taxe sur l’immobilier encouragerait le capital à investir dans l’industrie. Tout d’abord parce que l’ISF n’a ralenti aucun investissement. Ensuite parce que les investissements dans l’immobilier sont massifs, car la rentabilité des placements industriels est insuffisante pour la bourgeoisie ; et que M. Macron n’a pas évoqué la fin des niches fiscales dans l’immobilier (lois diverses et variées comme la loi Duflot). Enfin les « imbéciles » que nous sommes, nous les gens de rien, ne comprennent pas le rapport entre le prétendu encouragement aux investissements et la non taxation des yachts, des lingots d’or, des jets privés et autres.

Par contre, ses références aux difficultés sociales auxquelles sont confrontés les milieux populaires, relèvent d’une démarche de dame patronnesse : on oppose les plus pauvres à qui on va faire l’aumône, à l’ensemble des travailleurs et des retraités qui paieront le coût de ladite aumône ! Il en est de même du projet d’indemnisation de certains démissionnaires, qui sera prise en charge par l’assurance chômage, c’est-à-dire par les salariés ! Et c’est dans la même démarche qu’il a le front de qualifier de « jalousie » l’aspiration à la justice sociale !

Porteur de renouveau, M. Macron ? Au contraire, c’est la reprise des vieilles antiennes réactionnaires du christianisme et de la bourgeoisie libérale depuis toujours, sur la lutte des classes qui traduirait la jalousie des pauvres, des exploités assimilés aux « fainéants » qui n’auraient que ce qu’ils méritent, les « premiers de cordée » recevant eux les bienfaits de leur « esprit entreprenant » ! Pour les autres, au mieux, il n’a d’autre proposition que de ressortir les vieilleries de la participation capital-travail. Le Président de la République est en deçà de Rerum Novarum (1891), l’encyclique qui fonde la doctrine prétendue sociale de l’Église !

Aujourd’hui, lui et ses partisans veulent utiliser la légitimité que les dirigeants du PCF, comme certains dirigeants syndicaux ont contribué à lui donner en appelant à voter pour lui contre la candidate du Front national. L’objectif, c’était bel et bien d’établir un consensus autour de son nom pour que la politique des monopoles capitalistes puisse se déployer sans obstacles, en matière économique et sociale comme en politique étrangère (défendre l’Union Européenne).

Le mécontentement est grand, mais l’absence de perspectives politiques claires pèsent. Derrière J-L. Mélenchon se profile la reconstruction de la social-démocratie.

C’est à nous, les travailleurs, de nous rassembler et de mener le combat contre la loi Travail, contre la loi liberticide qui ne vise pas les terroristes, mais se sert d’eux pour s’attaquer aux libertés fondamentales, et qui vient d’être votée sous le nom de Loi pour la sécurité intérieure et contre le terrorisme, contre les projets de contre-réformes en matière de Sécurité sociale, de retraites, contre la loi de finance en discussion qui va se traduire dans les foyers de travailleurs et des couches populaires par plus de précarité et de difficultés.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France appelle les travailleurs à participer activement à la journée du 19 octobre 2017, à l’appel de la CGT et à se réunir dans les entreprises pour définir des plans d’action pour une mobilisation à la hauteur des nécessités. Il faut mettre le gouvernement Macron-Philippe en échec !

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