Hommage à notre camarade Jean Salem

C’est avec peine que nous apprenons le décès du camarade Jean Salem, professeur de philosophie, militant communiste, défenseur infatigable du marxisme-léninisme, de l’internationalisme prolétarien et de l’histoire de l’édification du socialisme en particulier en URSS. Le Parti Communiste Révolutionnaire de France adresse ses sincères condoléances à sa famille, à ses amis.

Né dans une famille de militants du Parti Communiste Algérien, Jean dès son enfance est confronté à la réalité du colonialisme et à la politique de l’impérialisme français : il côtoie chaque jour le racisme et la misère dont sont victimes les masses populaires ; son père, Henri Alleg, est arrêté, torturé et jeté en prison sur ordre du gouvernement français et sa mère, Gilberte Salem, doit faire face pour élever ses deux fils.

Entré à l’université il choisit les études de philosophie, qu’il complètera avec des études en histoire, en sciences politiques, en histoire de l’art, en anglais, en économie, en littérature et civilisation françaises, en anglais et même en médecine. En philosophie il s’intéressera particulièrement, en référence à Karl Marx, à l’étude des philosophes matérialistes de l’Antiquité.

Devenu militant du Parti Communiste, dès 1976 il s’oppose lors de la discussion du XXIIe congrès du PCF, à l’abandon de la dictature du prolétariat et à la dérive anti-soviétique dont il perçoit le caractère liquidateur du parti révolutionnaire de la classe ouvrière. En décembre 1981 il participe à l’élaboration de la première lettre au Comité Central aux côtés de Jeannette THOREZ-VERMEERSCH, BOUVARD Georges, FRYDMAN Marcel, HENTGÈS Pierre, MÉROT Jean, SALEM Jean, TIREUX Paul, TURPIN Louis, ZAFFAGNI Jean, puis aux deux autres lettres qui ont suivi. C’était la première tentative de rassembler les militants du PCF qui entendaient rester révolutionnaires.

En 1985 il publie sous un pseudonyme un pamphlet, Rideau de fer sur le Boul’Mich. Notes sur la représentation des pays dits de l’Est chez l’élite cultivée du peuple le plus spirituel du monde, contre l’antisoviétisme qui fait rage, livre réédité sous son nom par les Editions Delga. Il aidera Jeannette Vermeersch pour la rédaction de son livre de mémoire, La Vie en Rouge, dont il écrira la présentation. Il publie par ailleurs de nombreux articles, participe à de nombreux colloques.

Professeur à la Sorbonne il animera en particulier deux séminaires, l’un sur L’histoire du matérialisme (1998-2008) et l’autre sur Marx au XXIe siècle : l’esprit et la lettre, de 2005 à aujourd’hui. Ce dernier, qui a lieu tous les samedis, rassemble côte à côte des étudiants de Masters et un public d’auditeurs libres composés de militants ouvriers et de gens curieux de ce que représente le marxisme.

Son livre Lénine et la révolution, traduit dans de nombreuses langues, est une bonne introduction à la lecture de Lénine et situe bien la place fondamentale que l’étude de celui-ci occupe pour la récupération du mouvement ouvrier révolutionnaire, et l’élaboration de la stratégie révolutionnaire à venir.

Il s’était engagé, entre autres, pour la solidarité avec le peuple de Corée pour la réunification de sa patrie et avec les démocrates et progressistes victimes de la répression du gouvernement sud-coréen.

Jean n’était pas membre de notre Parti, il était resté membre du PCF sans illusion sur son avenir, mais il était solidaire et fraternel avec tous ceux qui combattaient pour la reconstruction d’un Parti communiste, qu’ils soient restés au PCF ou qu’ils l’aient quitté pour s’organiser. Jusqu’à sa maladie en 2014, chaque fois qu’à l’époque l’URCF le sollicitait pour participer à une initiative, il répondait présent s’il était libre. Il avait accepté d’être président de l’Association des Amis de l’URSS.

Sa disparition est une grande perte pour le marxisme, pour la lutte pour le communisme. Nous sommes certains que ces travaux, en particulier ceux sur le matérialisme et sur le marxisme-léninisme, seront une source d’inspiration pour les générations à venir.

Paris le 14 janvier 2018

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