Être communiste implique de poursuivre sa formation politique et chaque adhérent doit être formé

Deux possibilités s’offrent :

  • Les études collectives : écoles fédérales, nationales, journées éducatives, cercles d’étude autour d’une œuvre.
  • L’étude individuelle. C’est la voie la plus appropriée pour que chaque membre du Comité Central (et chaque communiste) acquiert toujours mieux la théorie marxiste-léniniste. Cela demande de gros efforts, il n’y a pas de solution miracle, apprendre nécessite du temps, des difficultés. La lecture des classiques (et nous lisons pour analyser et confronter) est exigeante quant à l’assimilation.
    La relecture permet d’ailleurs de vérifier que tout n’avait pas été appréhendé, saisi la première fois et ainsi de suite.

a) Méthodes de lecture

Les marxistes ne séparent pas la connaissance de la pratique.
Mieux même, ils jugent que la pratique est le critère de la connaissance et donc de la vérité. Le terme « praxis » a été inventé par Marx dans ce sens.
L’étude théorique doit toujours avoir pour but : le passage à la pratique sociale, nous n’étudions pas pour devenir des académiciens sclérosés du marxisme en chambre mais pour acquérir l’instruction nécessaire, la méthode dialectique pour pratiquer les luttes de classes.

Ensuite, il faut bannir les préjugés, ce qu’on appelle la méthode aprioriste (voir lexique des 200 Thèses de l’URCF) qui relève du subjectivisme.
Le subjectivisme (reflet de l’idéologie petite bourgeoise) conduit le lecteur à chercher dans une œuvre classique, la confirmation de son propre point de vue (et à ignorer le reste ou à ne pas s’y attarder) pour pouvoir dire "c’est moi qui avait raison !".
Cette méthode de lecture n’est pas scientifique.
Qu’en est-il si les classiques infirment les dires du camarade ? Le subjectiviste laisse tomber la lecture.
Autre méthode erronée, le "talmudisme" c’est considérer l’ouvrage étudié comme un dogme et non comme un "guide pour l’action" (Lénine). Chaque ouvrage a son plan historique, sa cible politique ( à quelles thèses s’opposer ?).
En effet, le marxisme est "l’analyse concrète d’une situation concrète" non la compilation de citations sorties de leur contexte. N’oublions pas que chaque écrit a une visée pratique, commande le passage à l’action éclairée par la théorie. "Le dogmatisme est l’ennemi du marxisme" (Staline).

Pour lire de manière critique (au sens marxiste) non dogmatique,
il faut satisfaire trois exigences :

  • Noter ce que dit vraiment l’auteur
  • Noter les incompréhensions les difficultés de lecture
  • Noter les analogies et les différences matérielles avec la période du livre étudié.

Prenons un exemple, la révolution socialiste se posait de manière passablement différente en 1917 et en 1945, non dans le contenu de classe bien sûr mais dans les formes.
Cela demande de bien lire l’appareil de notes explicatives, la chronologie des événements dans les œuvres complètes.
La lecture des classiques est vivifiante parce qu’elle permet d’acquérir la méthode dialectique d’analyse des phénomènes.

b) Bibliographie

Voici une liste des ouvrages indispensable (non exhaustive) qui va de quelques pages pour certains à des centaines ou milliers de pages pour d’autres .

Marx, Engels

  • « Le manifeste du parti communiste », œuvre très accessible.
  • « Les luttes de classe en France » qui étudie les mécanismes de fonctionnement des formes prises par la dictature du capital en France (le Bonapartisme) et l’étude des luttes de classes.
  • « Anti Dühring » (Engels) qui traite entre autre du rôle de la violence révolutionnaire dans l’histoire.
  • « Travail salarié, prix et profits » petit texte très riche sur les mécanismes de l’exploitation capitaliste.
  • « Le Capital » ouvrage difficile surtout pour les non-prolétaires.
    Démarche dialectique, analyse scientifique des lois et tendances du capitalisme et de la plus-value, définition scientifique du prolétariat, de sa place et de son rôle dans les rapports de production.
    Le secteur Éducation du Parti va faire des propositions pour créer et favoriser les conditions de son étude.
    On peut s’aider et commencer par étudier les chapitres consacrés au capitalisme dans le "Manuel d’économie politique" (Académie des sciences de l’URSS-1954), réédité par les éditions EPO ou trouvable sur le net en version 1955. Attention à la version révisionniste du manuel réécrite après 1956 notamment en 1958.
  • « La critique du programme de gotha » analyse critique des premières déviations opportunistes et réformistes de la social démocratie allemande notamment sur la question de l’État.
  • « L’origine de la famille, de la propriété et de l’État » (Engels), analyse matérialiste de l’apparition de l’État ; on retrouve de larges extraits dans « l’État et la Révolution » de Lénine.

Lénine

  • « Que faire » ouvrage qui traite de la lutte contre l’économisme, du rôle du journal dans l’édification du parti, de l’apport de la conscience révolutionnaire dans le mouvement ouvrier.
  • « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme » stade de la concentration des monopoles, de l’apparition du capital financier, démonstration que le stade impérialiste qui succède au capitalisme libéral constitue la source des guerres pour le repartage du monde, des contradictions inter-impérialistes, des conditions objectives pour la révolution. Le stade impérialiste est l’ultime phase historique du capitalisme avant la révolution socialiste. En découle notamment la loi d’inégalité de développement, la théorie du maillon faible et du socialisme dans un seul pays.
  • « Les thèses d’avril » (1917) texte qui souligne la méthode dialectique avec laquelle Lénine forme la tactique et la stratégie des bolcheviks et du prolétariat, lutte dans une période extrêmement mouvante où chaque jour apportait son lot d’événements où le rapport de forces oscillait constamment. Comment fixer dans les changements incessants, la stratégie de révolution prolétarienne ?
  • « L’État et la révolution » analyse de l’apparition et du rôle de l’État dans les divers modes de production. Bris de l’appareil d’État bourgeois et non réforme, la dictature du prolétariat, le centralisme démocratique au niveau de l’État, le bilan de la commune de Paris, l’État prolétarien, le dépérissement de l’État.
  • « La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky » critique des déviations de droite dans le mouvement ouvrier, même camouflé en centrisme avec rhétorique "orthodoxe". Les vues de Kausky préfigurent les positions défendues sur l’eurocommunisme et par le groupe dirigeant du PCF sous G. Marchais. Ce livre est particulièrement indispensable pour contrer les déviations de droite dans le mouvement communiste (PR-C, Pôle RCF, RCC, ANC etc.).
  • « Le gauchisme, maladie infantile du communisme » nous avons réédité cet ouvrage mais ce livre doit être lu et relu. Certes Lénine analyse surtout les déviations de "gauche" : sectarisme, manque de finesse tactique, tendance à la phraséologie, danger inhérent lors de la formation des groupes ou partis communistes. Cela dit, Lénine nous présente une courte histoire du bolchevisme définit ce qu’est la ligne tactique et stratégique du parti marxiste-révolutionnaire.

J. Staline
Lecture indispensable pour se forger une position matérialiste sur l’édification du socialisme, permet de plus une bonne connaissance du léninisme.

  • « Le marxisme et la question nationale et coloniale ». Staline définit les critères scientifiques de la nation, souligne le caractère internationaliste du Parti de la classe ouvrière ; définit ce qu’est le droit à l’autodétermination des nations opprimées, le fédéralisme en URSS, l’importance des révolutions anti-coloniales comme réserves de la révolution prolétarienne mondiale ; la lutte contre les déviations de droite et de gauche dans la question nationale.
  • « Les questions du léninisme » gros volume qui comprend tous les textes de Staline où l’auteur défend, illustre et développe le léninisme.
  • « Précis d’histoire du PC(b)US ». Véritable synthèse du rôle et de l’histoire du parti Bolchevik à toutes les périodes de son histoire ; démonstration pratique des méthodes d’interprétation des phénomènes sociaux appliqués par le Parti Bolchevik. Comprend le chapitre "matérialisme historique et dialectique" qui constitue une excellente introduction à l’étude de ces disciplines. Il existe aussi une version très résumé du précis qui compile toutes les fiches synthétiques de fin de chapitre.
  • « Le marxisme et les questions de linguistique » pour ceux qui s’intéressent aux phénomènes de la langue, au rôle en général de la superstructure, de l’État, de la base économique. Comment le marxisme se développe et combat le dogmatisme.
  • « Les problèmes économiques du socialisme en URSS » dernier ouvrage de Staline (1952) où sont étudiées les lois de fonctionnement du capitalisme impérialiste, l’inévitabilité des guerres tant qu’existera l’impérialisme, les lois économiques du socialisme, la question de la loi de la valeur sous le socialisme, des luttes de classe sous le socialisme, les critères pour assurer la transition au communisme. Ce livre sera mis sous le boisseau dès sa mort, et critique à l’avance les mesures économiques prises par Khrouchtchev et Brejnev.

À noter qu’au XXIe siècle les communistes de l’ex-URSS, ont entrepris de faire éditer non sans mal l’ensemble de l’oeuvre de Staline une vingtaine de volumes où l’on retrouve notamment tous les écrits de Staline, y compris ceux mis au boisseau par le révisionnisme, de nombreuses correspondances avec les partis frères du PCbUS, et des textes qu’ils signaient d’un pseudonyme ou des textes non publiés.

G. Dimitrov

  • « La lutte contre le fascisme » texte qui présente la lutte tactique contre le fascisme et stratégique pour la révolution socialiste dans les conditions de l’offensive fasciste (1935).

Quelques brochures récentes

  • « Les classes sociales », Continuer La CGT, 2003.
  • « Tactique et Stratégie », Jean-Luc Sallé, décembre 2006.
  • « Réflexions sur « la question électorale et les positions des communistes ». Jean-Luc Sallé, avril 2007.
  • « Sur certaines particularités de la lutte contre l’opportunisme en France », Jean-Luc Sallé, 1er mai 2007.
  • « Organisations et luttes ouvrières en France. Comment construire un parti ouvrier, communiste, révolutionnaire ? ». Commission ouvrière et d’entreprises de l’URCF, 2008.
  • « Mai 68 : plus fort affrontement de classe contre les monopoles » (Séminaire international de Bruxelles), Jean-Luc Sallé, mai 2008.
  • « 190ème anniversaire de la naissance de Karl MARX (Conférence Karl MARX à l’institut philosophique de Moscou). MARX et les luttes de classe en France », Jean-Luc Sallé, avril 2008.
  • « La contribution de Staline au développement du Parti Communiste Français, Trois entretiens avec Staline », Jean-Luc Sallé, décembre 2009.
  • « 95éme anniversaire de l’Internationale Communiste. L’apport de l’internationale communiste à la naissance et au développement du Parti Communiste Français », Jean-Luc Sallé, septembre 2014.

Le Parti proposera également une réédition des Thèses de l’URCF.

Nous conseillons d’autres livres ou textes à lire

  • « Un autre regard sous Staline » Ludo Martens, éd. EPO.
  • « Lettres de Staline/Molotov sur la situation dans le PC yougoslave ».
  • « Monopoles,Tous pouvoirs confondus » éd. EPO.
  • « La contre révolution de velours » (1989/91) de Ludo Martens, éd. EPO.
  • « Totskisme ou léninisme », Harpal Brar, éd. EPO.
  • « Le socialisme trahi », Roger Keeran & Thomas Kenny, éd. Delga 2015.
  • Brochure « Les mensonges sur l’histoire soviétique » 2006.

Des livres sur la base d’archives qui supplantent des mensonges contre le communisme :

  • « Le mythe des jumeaux totalitaire », Michaël Parenti, éd. Delga 2015.
  • « Khrouchtchev a menti », Grover Furr, éd. Delga 2014. L’auteur démonte méthodiquement chaque point du rapport Khrouchtchev mais n’aborde pas le fonds politique du Khrouchtévisme.
  • « Massacre de Katyn », Grover Furr, éd. Delga.
  • « Les guerres de Staline », Geoffrey Roberts, éd. Delga 2015 (avec réserves).
  • « Les amalgames de Trotsky », Tome 1, Grover Furr, éd. Delga, 2016.

Le secteur Éducation du Parti propose un programme d’étude individuelle, un programme d’école élémentaire pour les adhérents avec petites brochures, un fond de roulement, une bibliothèque (y compris internet).
Les communistes doivent aussi se confronter aux textes trotskistes et révisionnistes pour comprendre leurs trahisons souvent entre les lignes.
Cela apporte une grande vigilance devant toute dérive opportuniste ou révisionniste. C’est la même chose pour l’étude critique des auteurs bourgeois.
C’est ainsi que se forge de solides conceptions marxistes-léninistes. L’étude non séparée de la pratique militante, sinon on forme des marxistes ossifiés, doit favoriser l’acquisition de la dialectique matérialiste : méthode d’interprétation des phénomènes sociaux économiques, historiques, idéologiques, l’étude des contradictions.
Confrontés aux tâches pratiques, l’utilisation des classiques aide à la prise de décision, à la résolution des tâches, à voir les phénomènes en amont et en aval.
La formation exige un long processus mais la patience est une vertu révolutionnaire, c’est pour cela que Lénine dit qu’il faut 15 ans pour devenir un dirigeant aguerri.