Contre l’impérialisme français, avec le peuple syrien

Depuis quelques jours, une nouvelle campagne de presse fait rage autour de la guerre en Syrie, campagne d’une intensité semblable à celle qui eut lieu à propos de la libération d’Alep-est.

Cette campagne fait silence sur l’agression turque en liaison étroite avec les autoproclamées forces « démocratiques syriennes » dans la région Nord-Est du pays ; elle fait silence sur les agressions états-uniennes contre les troupes régulières syriennes, sur l’implantation d’une base US et l’établissement d’une zone d’influence en opposition avec les autorités reconnues du pays concerné, les agressions de l’aviation US contre les forces armées d’un pays souverain, et sur les agressions aériennes israéliennes. Elle fait silence sur les informations concordantes révélant que les Etats-Unis "recycleraient" les membres de Daech pour les réutiliser contre le gouvernement syrien.

La campagne se concentre sur la bataille qui a lieu dans la banlieue de Damas, dans la vallée de la Goutha, seul territoire encore contrôlé par les djihadistes d’Al Nostra (Al Qaïda) dans la région !

Il ne s’agit pas de nier le fait que les combats menés dans une zone urbaine ont des conséquences dramatiques sur les populations civiles. Il y a quelques jours, des tirs de roquettes depuis la vallée de la Goutha ont frappé le centre de Damas en visant la population civile, et ont fait de nombreux morts, cela ne donnant lieu qu’à quelques lignes d’information !
Mais ici, nous avons affaire à une véritable campagne de « bourrage de crâne », menée par des agences de communication en liaison avec les commanditaires des réseaux djihadistes et salafistes, en particulier la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, le Qatar et l’Arabie Saoudite.
C’est la répétition des campagnes destinées à justifier les interventions militaires des pays impérialistes, en mobilisant leurs opinions publiques sur de prétendues violations d’un droit humanitaire qui n’existe pas, au nom de prétendus crimes d’un gouvernement contre son peuple : le charnier de Timisoara en Roumanie, l’affaire des couveuses de Koweït-City en 1991, les prétendues épurations ethniques par les Serbes en Yougoslavie, les campagnes contre le gouvernement Gbagbo en Côte d’Ivoire, contre les soi-disant bombardements de la population en Libye à l’époque de Kadhafi, les accusations d’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement syrien en 2013, quand tout indique que ce sont les djihadistes pro-saoudiens qui les utilisaient... On aura noté le caractère unilatéral de ces campagnes. Pas le moindre écho des crimes israéliens contre la population palestinienne par exemple, ou contre la population libanaise. Pas d’écho non plus des crimes américains en Afghanistan et en Irak. « Le droit d’ingérence humanitaire », inventé par Kouchner a ses limites : les intérêts de l’impérialisme comme système, de l’impérialisme français en particulier.

La population de la vallée de la Goutha souffre, c’est vrai, mais de quoi souffre-t-elle ?
D’une guerre impitoyable depuis 2011 visant à renverser militairement le gouvernement syrien en utilisant tous les moyens possibles
 : attentats terroristes, fanatisme religieux, interventions militaires étrangères, mercenariat… ; et ce, quelles que soient les retombées : les attentats de l’année 2013-2014 en France, organisés par ceux qui avaient été encouragés et soutenus par le gouvernement français dans leur lutte contre le gouvernement syrien, par ceux qui étaient entrainés, armés, encadrés idéologiquement par les alliés de Paris, le Qatar et l’Arabie Saoudite, n’ont pas modifié d’un iota la politique française dans la région. Ils ont été utilisés en revanche pour restreindre les libertés démocratiques au nom de la sécurité et pour tenter de diviser les travailleurs et la population laborieuse au nom de la montée d’une radicalisation islamique chez les Français et les immigrés de confession musulmane !
La population de la Goutha souffre du fait qu’elle est prise en otage par les djihadistes d’Al Nostra et des rescapés de Daech, qui l’utilisent comme bouclier contre l’armée gouvernementale : comme à Alep, ils empêchent la population de sortir, ils empêchent ou détournent l’arrivée de nourriture, de médicaments, assassinant ceux qui ne leur obéissent pas.
La population de la vallée de la Goutha souffre, c’est vrai. Elle souffre, comme toute la population syrienne, comme toute la population irakienne, comme toute la population yéménite, comme toute la population palestinienne, des rivalités exacerbées entre les puissances impérialistes pour le contrôle des gisements d’hydrocarbures, pour le contrôle des réseaux de transport (les pipe-lines et gazoducs en particulier).
Elle souffre du capitalisme comme système, qui "porte en lui la guerre comme les nuées portent l’orage", et aussi de la politique d’une bourgeoisie avide de prendre sa place dans la hiérarchie impérialiste.
Pratiquement évincé de Syrie par le renforcement des positions du gouvernement syrien, mais aussi par les autres impérialismes présents (Etats-Unis, Grande Bretagne, Qatar, Arabie Saoudite, Turquie, Russie, Iran et Israël) alliés ou ennemis déclarés, l’impérialisme français, par les voix de Macron et Le Drian, tente de se faire entendre en relayant les « fake-news » concernant la Syrie (qui ne seront donc pas considérées comme telles par les juges si la loi contre la liberté d’information annoncée par le Président de la République est votée !), et en menaçant la République Arabe Syrienne de frappes militaires si la fumeuse « ligne rouge est dépassée » !
On notera que, tout comme pour la loi de programmation militaire à venir, le gouvernement français ne s’inquiète pas le moins du monde pour le déficit budgétaire, les critères de Maestricht et autres « fake-news ». Ce n’est pas comme pour la Santé, l’Éducation, les services publics, les retraites, la Sécurité Sociale !
De la même manière, en restant sur le plan strictement des principes, sans amalgamer des situations foncièrement différentes, il faut constater que le gouvernement Macron a soutenu le gouvernement de Madrid et ses exactions contre la population et le gouvernement élu de Catalogne, au nom du fait que la Constitution – issue du franquisme – serait violée par ses derniers, et que le 22 février, il envoyait la police expulser par la force les occupants du site
de Bure au nom du fait que la « République » ne saurait tolérer des zones de non-droit !
Mais alors, les djihadistes de la vallée de la Goutha représenteraient-ils le fumeux "état de droit" dont on nous rebat les oreilles pour justifier les mauvais coups ? Ou bien face à une opération de groupes armés qui cherchent à renverser un gouvernement légitime, internationalement reconnu (pas par la France, mais c’est secondaire), ce gouvernement, dans une guerre qui lui est imposée, doit-il prendre toutes les mesures pour assurer la sécurité de l’ensemble de la population syrienne, y compris celle de la Goutha prise en otage par les djihadistes ?

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France appelle les travailleurs à s’opposer à toute action guerrière contre la Syrie. C’est au peuple syrien de régler ses affaires sans ingérence étrangère. La politique de l’impérialisme français qu’exprime la politique Macron, dans le prolongement de celle de Sarkozy et de Hollande, n’a rien à voir avec des préoccupations humanitaires. Elle vise à reprendre ses positions au Moyen Orient et particulièrement en Syrie, ancienne colonie française, dont Paris n’a jamais accepté son expulsion, et ce à un moment où la découverte de gisements fabuleux de gaz dans la région intéresse les monopoles français.
La classe ouvrière doit s’opposer à l’ensemble de la politique du capitalisme monopoliste qu’incarne Macron, y compris sa politique étrangère. Il faut que se manifeste la solidarité avec le peuple et la classe ouvrière syrienne.
Notre parti réaffirme sa solidarité avec le Parti Communiste Syrien.

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